DÉMAREZ André, Jacques

Par Christian Lescureux

Né le 1er juillet 1934 à Lens (Pas-de-Calais), peintre décorateur, puis journaliste à Liberté et à l’Humanité ; membre du secrétariat de la fédération communiste du Pas-de-Calais (1971-1977).

Son père, Marius Démarez, né à Mazingarbe (Pas-de-Calais) en 1905, était ouvrier électricien qualifié, dans une Centrale électrique dépendante de la mine. Sa mère, Suzanne Sallope, née en 1908 à Penin (Pas-de-Calais) était sans profession.
Le couple, marié en 1928 eut deux garçons nés en 1932, 1934 et une fille née en 1939. Le père était, dès le Front Populaire, militant dans le syndicat CGT des mineurs, et délégué élu à la Centrale électrique de Vendin-le-Vieil. Il quitta la CGT à la signature du Pacte germano-soviétique de 1939, se refusant à avoir à prendre position. Le père était un libre-penseur, fortement anticlérical qui diffusait la revue La Calotte.
André Démarez fréquenta l’école publique en quartier ouvrier à Lens, où il fut bon élève, surtout en français. Il obtient son certificat d’études en 1948. Doué pour le dessin, il entra en 1949 en apprentissage à Lens dans une entreprise de décoration et restauration.
Depuis 1948 la famille habitait à Avion où le père avait été muté. Dans cette municipalité communiste, André Démarez entra en relation avec les « Amis de la Nature » et de là adhéra à l’UJRF en 1950, plus, au départ, dit-il « par relation que par conviction ».
En 1950, il adhéra à la CGT. En 1952 on lui proposa d’entrer au siège de la CCPM (Coopérative centrale du pays minier, dont les principaux dirigeants sont au Parti communiste) comme « lettreur », pour les services publicitaires et de propagande.
Cette même année 1952, il adhéra au Parti communiste. Au congrès départemental de l’UJRF en 1953 à Avion, la direction fut entièrement renouvelée et André Démarez accéda au secrétariat La même année il participa à Seclin (Nord) à une école interfédérale du PCF puis à l’école centrale d’un mois de Viroflay.
Au retour, il milita au syndicat CGT de la CCPM et y prit des responsabilités.
En juillet 1955 il partit pour vingt-cinq mois au service militaire, qu’il accomplit durant sept mois en Algérie, sans jamais être envoyé en opération.
En août 1956 il épousa Josiane Legrand (dont le père, Joseph Legrand, avait été premier secrétaire de la fédération communiste du Pas-de-Calais de 1949 à 1954, et qui fut plus tard député-maire de Carvin) employée à la CCPM et militante à l’UJFF et au PCF. Ils eurent deux enfants nés en 1956 et 1965. Josiane Démarez fit toute sa carrière comme employée de bureau. Elle milita à la section communiste de Lens jusqu’en 1993. Durant la guerre d’Algérie, le PCF et l’UJRF confièrent à Josiane Démarez la responsabilité des jeunes soldats qui refusaient de porter les armes.
En 1957, André Démarez fut élu au bureau de la section communiste d’Avion.
En 1959, il partit habiter définitivement à Eleu-dit-Lauwette, dans la banlieue de Lens, après un court passage à Loos-en-Gohelle et à Lens.
En 1960 il fut secrétaire de la section communiste d’Eleu puis secrétaire de la cellule locale quand celle-ci fut rattachée, en 1969, à la section de Lens.
En septembre 1960, sur décision de la fédération communiste du Pas-de-Calais, André Démarez fut embauché au quotidien communiste Liberté à Lille pour en devenir assez vite rédacteur et responsable des éditions du Pas-de-Calais.
En mars 1961, une grève du personnel contre la direction de la CCPM ayant éclaté, la direction fédérale demanda à André Démarez de reprendre ses activités salariées à la CCPM et d’y retrouver des responsabilités au sein de la CGT. Il fut l’un des principaux initiateurs et rédacteurs de la convention collective qui mit fin au conflit.
En septembre 1962 il reprit ses activités au journal Liberté, après un stage de 4 mois à l’école centrale à Choisy-le-Roi ; Le 13 janvier 1963, André Démarez fut élu au comité fédéral du Pas-de-Calais, auquel il participait de fait depuis qu’il était en fonction à Liberté.
En mai 1964 il accéda au bureau fédéral En mai 1968 il entra au secrétariat fédéral, chargé de la propagande. Il quitta alors son poste à Liberté mais resta au secrétariat jusqu’à son départ en Pologne en 1977.
À la direction fédérale il prit durant de longues années une part prépondérante à la campagne contre la liquidation du bassin minier. Il privilégia les contacts extérieurs et la communication et refusa d’importantes fonctions électives que voulait lui confier le parti.
La direction nationale le chargea de certaines missions relatives à la solidarité et au soutien aux partis communistes clandestins de la péninsule ibérique. On lui confia l’organisation dans le Pas-de-Calais (logistique et intendance) du congrès national du PC Espagnol qui ne pouvait se tenir en Espagne. Il accueillit notamment Dolorès Ibarruri et Santiago Carillo. La même mission lui fut confiée pour l’accueil du bureau politique du PC Portugais conduit par Alvaro Cunial, à la veille de la « Révolution des œillets ».
André Démarez participa ensuite à la direction de plusieurs écoles centrales d’un mois avant de rejoindre en octobre 1976 la section de politique extérieure du journal l’Humanité.
En janvier 1977, André Démarez fut envoyé comme correspondant à Varsovie. Selon son témoignage, ce choix répondait au souhait exprimé par les autorités polonaises (E. Gierek notamment) d’avoir un correspondant originaire du Pas-de-Calais, compte tenu des relations étroites qu’entretenait avec la Pologne ce département d’accueil d’une importante immigration polonaise.
Il occupa ce poste, qui impliquait surtout des tâches de représentation de la direction du PCF en Pologne, jusqu’en novembre 1979.
À la demande de Gustave Ansart*, membre du BP et de Jacques Estager*, directeur du journal André Démarez reprit son poste à Liberté, où il termina sa carrière en 1989.
De 1979 à 1993 il était membre du bureau de section de la section communiste de Lens. Il participa à la présidence de l’Association départementale de France-URSS. En 1983 il fut élu à la tête de la liste communiste au conseil municipal d’Éleu. Il y siégea jusqu’en 1995.
Élu en 1996 au bureau de la Fédération régionale CGT des mineurs retraités et veuves, André Démarez collabore depuis 1992 à la rédaction de l’hebdomadaire syndical La Tribune des mineurs devenue, depuis la fermeture des puits, Tribune du pays minier.
Fondateur, en décembre 1994, de l’Association « Mémoires et cultures de la Région minière », il en est le vice-président.
Suite à une vive opposition à son égard de la direction fédérale du PCF du Pas-de-Calais (dont il désapprouve les orientations et les désaccords avec la direction nationale), André Démarez (ainsi que son épouse) est tenu à l’écart de la section de Lens du PCF qui ne lui remet plus sa carte du parti depuis 1993.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22190, notice DÉMAREZ André, Jacques par Christian Lescureux, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 2 mai 2022.

Par Christian Lescureux

SOURCES : Arch. fédération communiste du Pas-de-Calais. — Liberté. — Entretien avec l’intéressé en août 2003.

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