LEPILLEUR Méric, Adolphe, Henry

Né le 18 mars 1822 à Saint-Laurent-en-Caux (Seine-Inférieure) ; officier de santé ; vice président de l’Union républicaine de Boulogne ; il essaya, en 1871, de fédérer Boulogne et Paris.

Il était marié, sans enfant. Il commença en 1842, à Rouen, des études de médecine et fit fonction d’externe à l’hospice général de la ville, mais en fut renvoyé l’année suivante parce qu’il avait refusé de changer de service. Il gagna alors Paris et, en 1856, fut condamné pour avoir fait office de médecin accoucheur en utilisant des instruments de chirurgie.
En 1852, il avait été condamné à un mois de prison et 150 f d’amende pour offenses au chef de l’État, à Yvetot. En 1854, il vint habiter Boulogne-sur-Seine. Il était franc-maçon, membre de la loge Bienfaisance et Progrès — voir Thirifocq Eugène. En 1869, il soutint la candidature de Jules Simon au Corps législatif et adhéra à l’Union républicaine fondée pour ces élections.
Seul médecin demeuré à Boulogne pendant le Siège de 1870, il jouissait d’une certaine notoriété parmi le peuple d’ouvriers, de blanchisseurs, de petits commerçants. Le programme de l’Union républicaine de Boulogne, publié le 23 décembre 1870, était prudemment réformateur : « Amélioration progressive et pacifique du sort du travailleur par un sérieux examen des questions sociales, ayant pour but de lui assurer progressivement le produit intégral de son travail. » Vice-président de l’association, Lepilleur proposa de fédérer Boulogne et Paris. Boulogne était isolé entre Saint-Cloud, aux mains des forces de Versailles, et la capitale. Neuf bataillons de la Garde nationale sur onze y optèrent prudemment, le 1er avril 1871, pour une neutralité non armée, et le conseil municipal se montra aussi réservé. Lepilleur quitta alors Boulogne et vint se fixer à Passy, rue du Ranelagh. Il y exerça sa profession et offrit ses services à la mairie du XVIe. En mai, il se cacha et ne regagna Boulogne qu’en décembre 1871 ; il correspondit avec des exilés de Suisse et de Belgique.
Arrêté, déféré au 3e conseil de guerre, il fut l’objet d’innombrables témoignages, souvent neutres, parfois proches des ragots. Il refusa de signer ses interrogatoires : « C’est à vous de prouver », dit-il. Sa condamnation fut relativement modérée : deux ans de prison.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221911, notice LEPILLEUR Méric, Adolphe, Henry, version mise en ligne le 9 janvier 2020, dernière modification le 9 janvier 2020.

SOURCE : Arch. Min. Guerre, 3e conseil, dossier 1071.

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