AUBRÉE Caroline [AUBRÉE Marie-Anne, Jeanne, Caroline]

Par Jean-Yves Guengant

Née le 15 pluviôse an II (3 février 1794), mort le 30 mars 1877à Lorient (Morbihan) ; libraire  ; fouriétiste.

Caroline (son prénom usuel) Aubrée est la fille de Jean-Louis Aubrée, maitre de timonerie et de Marie-Anne Lamotte. Elle se maria à Jean-Baptiste Cuzent, sculpteur, le 12 octobre 1812, et tint une librairie à Brest de 1823 à 1845, où elle vendait la presse et les brochures fouriéristes. Elle décéda à Lorient le 30 mars 1877.
Caroline Aubrée était libraire à Brest depuis 1823 ; elle vendait des ouvrages pour la jeunesse, et des manuels scolaires dont certains ont été publiés avec un confrère, M. Freund. Elle publia en 1831, Le Verbe français, considéré sous le rapport de sa conjugaison. Les manuels scolaires sont sa principale activité : son magasin est situé à proximité des pensions scolaires brestoises, puis du collège municipal, dont plusieurs professeurs eurent des sympathies fouriéristes. Son beau-fils, Auguste Levot était lui-même fouriériste. Parallèlement, elle imprimait des estampes, dont certaines sont réalisées par son époux Jean-Baptiste Cuzent, sculpteur de la Marine.
Sa librairie diffusait les brochures et ouvrages fouriéristes. C’est elle qui vendit à Brest le médaillon de Charles Fourier, gravé par Arthur Guillot (Le Nouveau Monde, 11 octobre 1839). Elle fut la première à vendre la brochure d’Édouard de Pompéry, une Exposition de la science sociale, constituée par Charles Fourier, dont la publication est intervenue dans le journal L’Armoricain, du 31 octobre au 10 décembre 1839. La Phalange, dans son numéro du 1er janvier 1840, indiquait la parution de la brochure, « faite à Brest et reproduite dans L’Armoricain, vendue au prix de 50 centimes ». Une seconde édition fut imprimée à Paris en 1841.
Elle participa en juin 1840 à la société « pour la propagation et pour la réalisation de la théorie de Fourier » et cotisa pour la construction d’un phalanstère d’essai. Idée lancée dans le numéro 16 du Nouveau Monde, (11 décembre 1839) par Édouard de Pompéry.
Elle fut correspondante de l’Union harmonienne, puis de La Démocratie pacifique et du « Comptoir central de la Librairie phalanstérienne », recevant les brochures et les journaux du mouvement. On doit cependant noter que la diffusion restait limitée à un cercle exclusivement brestois. Une centaine d’almanachs phalanstériens étaient vendus chaque année sur la ville, une cinquantaine de personnes constituant le mouvement fouriériste brestois. En 1845, la seule vente générée par les ouvrages et brochures dans le département approchait les 1000 francs annuels, plaçant ce dernier en 5e position, (hors Paris), mais le départ de Brest de Caroline Aubrée en 1845 pesa lourd dans la baisse d’activité de la librairie phalanstérienne. Elle accompagna sa fille Caroline, mariée en 1838 à Hyppolite Grisel, professeur de mathématiques, dans la nouvelle affectation de ce dernier à Versailles, puis dans les années 1860 à Nice où il était employé à la Compagnie générale des eaux.
Elle décéda le 30 mars 1877 à Lorient, rue Saint-Pierre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221921, notice AUBRÉE Caroline [AUBRÉE Marie-Anne, Jeanne, Caroline] par Jean-Yves Guengant, version mise en ligne le 9 janvier 2020, dernière modification le 9 janvier 2020.

Par Jean-Yves Guengant

SOURCES  : Dictionnaire des femmes libraires, 2003. — Archives municipales de Brest, Lorient, Nice. — Almanach social [en ligne sur Les premiers socialismes, bibliothèque virtuelle de l’Université de Poitiers]. — Almanach phalanstérien [en ligne sur Les premiers socialismes, bibliothèque virtuelle de l’Université de Poitiers]. — Annuaire de la société d’émulation de Brest et du Finistère, Bibliothèque nationale. — Le Nouveau Monde ; Le Bulletin phalanstérien, 1846-1850, [Les premiers socialismes, bibliothèque virtuelle de l’Université de Poitiers]

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