PAPIR Elja ou Ela ou Elam, alias DOCHEN

Par Jean-Luc Marquer

Né le 15 novembre 1906 à Ostrov-Siedleski ou Ostrow Lubelski (Pologne), sommairement exécuté le 21 août 1944 à Domène (Isère) ; coupeur-maroquinier ; résistant homologué Forces françaises de l’Intérieur

Issu d’une famille juive, Elja Papir était le fils de Paltyn Lejba et de Chana ou Khana Kireszemberg.
Marié à Pesa Nisenman, et père de deux enfants, il exerçait la profession de coupeur-maroquinier.
Après avoir vécu à Paris, la famille habitait rue des Jardins à Domène (Isère).
Elja Papir y était connu sous le nom de Dochen.
Il s’engagea dans la Résistance et rejoignit les combattants du Secteur 6 de l’Isère dans la compagnie du Capitaine Dax, participant à des coups de main contre les unités allemandes et contribuant au renseignement.
Le matin du 21 août 1944, vers 6 heures, deux soldats allemands se présentèrent rue des Jardins en demandant des tenues civiles. Ils expliquèrent qu’ils étaient Polonais et qu’ils voulaient déserter.
Un habitant de la rue, Marcel Merit, demanda à Elja Papir de les interroger, ce qu’il fit volontiers.
Après l’interrogatoire, il expliqua que c’était le moment de faire une tournée dans les troupes d’occupation qui se trouvaient à Domène car il s’y trouvait beaucoup de Polonais qui voulaient déserter.
Avec l’autorisation du chef de secteur de l’Armée Secrète qui lui recommanda d’être très prudent, Elja Papir se rendit au bourg de Domène pour accomplir la mission qu’il avait choisie.
Il revint vers 9 h30, en disant qu’il avait pu convaincre une vingtaine de soldats puis il retourna à sa mission.
Ses allées et venues furent remarquées par un sous-officier qui en parla à un officier.
Celui-ci fit arrêter Elja Papir sur le champ.
Battu et sommé par les soldats allemands de les conduire sur son lieu de travail et à son domicile, il préféra les "promener" dans tout le village plutôt que de les conduire à sa famille et à ceux qui la protégeaient.
Il fut ensuite emmené au poste de commandement allemand qui se trouvait chez le Docteur Bouchet dont la maison , le château Dodo, disposait d’un vaste parc.
Là, vers 12h30, selon le Docteur Bouchet qui assista à la scène, il fut sommairement exécuté de trois balles dans la tête sur un ordre de l’officier supérieur qui commandait la troupe.
Vers 18 heures, un officier allemand se présenta à la mairie de Domène et indiqua qu’Elja Papir avait été arrêté pour avoir aidé deux soldats à déserter qu’il avait tenté de s’échapper et avait été tué par la sentinelle qui le gardait.
Accompagné du garde-champêtre, le maire se rendit sur les lieux et trouva le corps dissimulé sous des branchages.
Après avoir demandé au Docteur Bouchet de l’examiner, le maire le fit enlever et transporter au domicile de la famille, rue des Jardins.
Des voisins, dont Marcel Merit participèrent à la toilette mortuaire.
Elja Papir fut enterré au cimetière de Domène.
Il obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué résistant, membre des forces françaises de l’Intérieur.
Son nom figure sur une plaque apposée sur la façade du château Dodo, sur le monument aux morts de Domène et sur une plaque commémorative dans le carré militaire du cimetière de la commune.
Le Mémorial de Yad Vashem le recense parmi les victimes de la Shoah.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article222029, notice PAPIR Elja ou Ela ou Elam, alias DOCHEN par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 14 janvier 2020, dernière modification le 1er février 2021.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 468 — SHD Vincennes, GR 16 P 456987 (à consulter) — Mémorial GenWeb — Mémoire des hommes — Mémorial de Yad Vashem — Geneanet

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