LANDY-POSNER Wanda [née LANDY Wanda, Lucie]

Par Daniel Grason

Née le 26 avril 1895 à Paris (XVIIe arr.), morte le 22 juin 1963 à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines) ; institutrice ; communiste ; dirigeante du Comité mondial des femmes contre le fascisme ; déportée à Ravensbrück (Allemagne).

Fille de Johannès Mauricius Landy, vingt-six ans et de Marie Szmideberg, vingt-cinq ans, sans profession Wanda Lucie Landy naquit au domicile de ses parents 106 rue Lemercier dans le XVIIe arrondissement. Elle épousa Simon Posner, cinquante ans, veuf de Sophie Wortman, administrateur de banque le 21 novembre 1929 en mairie du VIe arrondissement de Paris. Leurs témoins étaient Alexandre Posner, ingénieur et Raymond Landy, secrétaire d’avocat. Simon Posner était le directeur de la Banque commerciale de l’Europe du Nord (BCEN), banque qui assurait les échanges commerciaux avec l’Union soviétique.
Elle adhéra au Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme (CMF) qui avait été fondée en août 1934, elle devint la secrétaire du comité parisien. Sur injonction du Parti communiste elle quitta la Franc Maçonnerie en 1935. Le 8 juillet 1936, elle participait à une réunion en soirée à l’École des Hautes Études Sociales à la Sorbonne aux côtés de Paul Langevin et de Germaine Malterre-Sellier. Le 14 juillet 1937 elle prenait la parole à l’issue de la manifestation de la Bastille à la Nation au nom du comité régional du Rassemblement populaire. Ce fut semble-t-il à la suite de divergences sur les méthodes de travail qu’elle quitta le Comité mondial des femmes en 1937. La même année, elle fit un voyage en Union soviétique. Elle était également adhérente du Comité de défense républicaine.
Le couple Posner sans enfant divorça en 1937, leur mariage avait-il été de complaisance ? Elle quitta le logement du 14 rue du Regard à Paris (VIe arr.), et vécut 17 rue Ernest-Cresson dans le XIVe arrondissement. Institutrice dans l’enseignement publique, elle enseignait à l’école des filles du 20 rue Antoine-Chantin dans le même arrondissement. En 1939, elle était l’une des signataires de l’appel intitulé « Union des intellectuels français pour la justice, la liberté, la paix. »
Après la débâcle de juin 1940, elle entra en contact avec des dirigeants de la Main-d’œuvre immigrée (MOI), et en 1941 avec des dirigeants du Parti communiste clandestin. Toujours en 1941, en liaison avec le groupe clandestin yougoslave et tchèque, elle s’occupa du courrier pour la zone non occupée et de l’hébergement de militants du Secours populaire de France. Elle était malgré son activité considérée par l’organisation communiste comme « suspecte ». Un document qui la concernait saisi chez Pierre Brossard portait la mention « ne pas utiliser… à écarter… »
Une autre courte note manuscrite saisie chez Pierre Brossard il était précisé : « Wanda Landy fut écarté non pas pour désaccord avec Cattanéo mais parce qu’elle n’assurait pas son travail de responsable, et eut des relations suspectes. Elle avait su montrer des qualités pour arriver rapidement en place espérant récolter des renseignements intéressants. À mon avis ne pas utiliser. »
Une autre note manuscrite émanant de « Berthe » apportait un autre éclairage sur le parcours de Wanda Landy Posner. « Elle était venue en 1934 au Comité mondial des femmes par la voie de Gabrielle Duchêne et de la Ligue pacifiste bourgeoise de cette dernière Ligue des femmes pour la Paix et la Liberté.
« En 1935 elle a aidé efficacement à faire démarrer la RP. En contact fréquent avec les Cdes du PC, elle a adhéré au PC malgré G. Duchêne qui pensait que le fait d’appartenir au PC était une gêne pour développer le CMF dans de plus larges couches. »
En février 1937, « Berthe » et Cattanéo furent convoquée à Moscou pour pourvoir à un remplacement à la tête de l’organisation des femmes. « J’ai été appelée à Moscou de même que Cattanéo, il fallait pourvoir à une remplaçante membre du PC pour suppléer pendant le mois d’absence. D’accord avec le secrétariat de notre Parti, c’est Hélène Langevin-Solomon qui a été choisie. W.L [Wanda Landy] a fort mal pris la chose, estimant que cette place revenait à la responsable de la RP [Région parisienne], et elle s’en est plainte à différentes personnes et en particulier à G. Duchêne. À mon retour d’URSS Hélène Langevin a continué son travail au secrétariat national et W.L. n’a pas toujours facilité son travail. »
Le congrès de l’organisation de la Région parisienne se tint en novembre 1937. Lucienne Chaussinand fut proposée au secrétariat par le Parti communiste. Wanda Posner fut absente à la première journée du congrès où elle devait présenter le rapport d’activité, Jean Rougeau apporta le texte qui a été lu par une dirigeante de l’organisation. Elle assista à la seconde journée sans participation officielle. Wanda Posner était-elle suspecte ? Cela en raison des relations d’amitié qu’elle avait avec une responsable du parti Camille Pelletan, Thérèse Casevitz adhérente du Comité mondial des femmes (CMF).
Pendant la guerre, elle participa à la résistance. Des notes la concernant furent saisies par des inspecteurs de la BS1 chez Pierre Brossard, responsable des cadres de l’appareil clandestin. Interpellée par des inspecteurs de la BS1 début mars 1943, elle fut interrogée. Emprisonnée, Wanda Landy Posner était le 15 août 1944 dans le convoi de 543 femmes qui partit de la gare de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis) à destination de Ravensbrück (Allemagne).
Wanda Landy, probablement jugée à une peine de prison, a été incarcérée à la prison militaire de Torgau près de Leipzig. Elle fut ensuite envoyée au camp de Ravensbrück. Matricule 57641 elle survécut aux épreuves et rentra. Wanda Landy Posner a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF).
Elle mourut le 22 juin 1963 à Versailles à l’âge de soixante-huit ans.

UNION DES INTELLECTUELS FRANÇAIS
POUR LA JUSTICE, LA LIBERTÉ ET LA PAIX
Parmi les signataires : Jean Perrin, prix Nobel ; le professeur Paul Langevin, Frédéric Joliot, prix Nobel ; le docteur Henri Wallon, Victor Basch, Irène Joliot-Curie, prix Nobel ; Marc Bloch, Halbwachs, Albert Bayet ; Jacques Soustelle, sous-directeur du Musée de l’Homme ; Julien Benda, Charles Vildrac, Jean Cassou, Jean-Richard Bloch, Aragon, Louis Martin-Chauffier, Tristan Rémy, Claude Aveline, Amédée Dunois, Georges Besson, André Spire, Andrée Viollis, écrivain ; Jean Zyromski, Georges Cogniot, Le Corbusier, André Lurçat, Francis Jourdain, architectes ; Gromaire, Fernand Léger, Jean Lurçat, Marquet, peintres ; Jean Picart le Doux, dessinateur ; Suzanne Lacore, Henri Guernut, Maurice Viollette, anciens ministres ; Émile Khan, agrégé de l’Université, secrétaire général de la Ligue des droits de l’homme ; Gabriel Cudenet, journaliste ; Paul Nizan, écrivain ; René Maublanc ; Lucie Prenant ; Paul Labérenne, Luce Langevin, Pierre Vilar, professeur agrégé de l’Université ; Georges Friedmann, homme de lettres ; Marcel Bloch, Pierre Le Brun, ingénieurs ; Gabrielle Duchêne, présidente de la Ligue française des femmes pour la paix et la liberté ; Wanda Landy, Madeleine Braun.
L’Humanité du 11 janvier 1939, p. 3.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article222186, notice LANDY-POSNER Wanda [née LANDY Wanda, Lucie] par Daniel Grason, version mise en ligne le 28 janvier 2020, dernière modification le 19 novembre 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. GB 39. – Bureau Résistance GR 16 P 336779. – L’Humanité du 8 juillet 1936, p.8, L’Humanité du 15 juillet 1937, p. 7 L’Humanité du 11 janvier 1939, p.3. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil numérisé XVIIe arrondissement V4E 10133 acte n° 1379, acte de mariage n° 998 mairie du VIe arrondissement 6M 269.

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