BOISSON Georges, Léon, Bernard

Par Jean Belin

Né le 7 mai 1928 à Dijon (Côte-d’Or), mort le 3 avril 1987 à Chenôve (Côte-d’Or) ; employé de bureau ; syndicaliste CGT et militant communiste ; secrétaire de la fédération UJRF de Côte-d’Or ; dirigeant de l’Union des vaillants et vaillantes devenue les Pionniers de Côte-d’Or ; résistant au sein des FUJP et des FTP.

Fils d’Emile Boisson, monteur en chauffage, et de Marie Anne Hirch, après l’obtention de son CEP, Georges Boisson entra à l’école pratique d’Hippolyte Fontaine de Dijon pour un apprentissage de chimiste. Il s’engagea dès l’âge de 16 ans en 1944, dans la Résistance. Il fut chef d’un groupe de seize hommes des Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP). En juin 1944, il fut affecté au groupe sédentaire des Francs-tireurs et partisans (FTP) de la Cie Pierre Semard. Le 10 juillet, il fut mêlé à un enlèvement d’essence du ravitaillement général au profit des FFI. Après la Libération il milita à l’Union de la jeunesse républicaine de France (U.J.R.F.), association prolongeant les FUJP créée en 1945 et à l’Union des vaillants et vaillantes (UVV) de Côte-d’Or dès son lancement en 1946.
Il fut embauché comme aide chimiste dans un établissement dijonnais jusqu’à son incorporation d’avril 1948 à avril 1949 où il termina avec le grade de maréchal des logis. Il revint ensuite chez ses parents à Dijon où il travailla comme employé de bureau chez Merle à Dijon. Il s’engagea à la CGT, puis au PCF et fut membre du comité fédéral lors de la 7e Conférence fédérale en 1952, au bureau fédéral l’année suivante, puis au comité fédéral de la 9e Conférence en avril 1954 à la 12e Conférence en juin 1959.
Avec Jacqueline Hils, Michel Dumont, Albert Cahuet* et d’autres militants de l’UJRF, G. Boisson fut à l’origine en 1946 de la création du premier camp de vacances de l’Union des vaillants et vaillantes qui accueilla des enfants de 10 à 14 ans des milieux populaires dans le village de Chaux (Côte-d’Or). Le maire de la commune, Paul Boulay*, mit à leur disposition l’ancienne mairie et l’école pour la première année. Les années suivantes, le camp, qui prit le titre officiel de colonie, s’implanta sur un terrain en limite du village. Elle fonctionna à ses débuts avec une équipe de jeunes bénévoles issus de l’Union de la jeunesse républicaine de France et fut ouverte jusqu’en 1975, les pouvoirs publics décidèrent sa fermeture pour non-conformité. Georges Boisson fut moniteur et directeur de la colonie pendant plusieurs années.
Après plus de vingt années de mobilisation et de démarches en direction des institutions publiques, demandes de subventions, d’appel à la solidarité financière et aux dons, afin de financer les travaux nécessaires à la construction de locaux aux normes imposées par la législation en vigueur, la colonie des « Pimprenelles » put enfin accueillir à nouveau des séjours d’enfants en juillet et août 1995. Depuis, la colonie des Vaillants et Vaillantes devenue « les Pionniers de France » en 1970, fonctionne chaque année grâce au concours de bénévoles et de moniteurs diplômés.
Georges Boisson fut membre du Conseil national et du bureau national lors de la 5e Conférence nationale de l’Union des Vaillants et Vaillantes en novembre 1955 et secrétaire fédéral de Côte-d’Or de l’U.V.V. Le siège de la Fédération des Vaillants fut domicilié au 7 rue Lagny à Dijon en 1946. En avril 1971, le siége des Pionniers qui changea plusieurs fois d’adresse, fut installé au 5, puis au 12 Bd. Bazin à Chenôve, qui est le domicile de Georges et Liliane Boisson et encore de nos jours le siège des Pionniers de Chenôve.
Travaillant comme comptable pendant une vingtaine d’années chez Gibourg à St-Nicolas-les-Citeaux (Côte-d’Or), il fut licencié de cet établissement en 1980. Il envoya plus de 300 lettres pour solliciter du travail, mais en vain, le chômage se répercuta sur sa santé. Gardant l’espoir de guérir, Georges Boisson s’attaqua dans les dernières années de sa vie à la réalisation d’une maquette de la gare SNCF de Dijon et qu’elle était avant sa destruction par les allemands en septembre 1944 et d’un réseau de 200 mètres de rails, de tunnels, de viaducs, de locomotives, de wagons de toutes sortes... Cette maquette ferroviaire fut présentée aux publics dès 1977 lors d’exposition pendant plusieurs années. Les recettes des expositions servirent à l’entretien des locaux de la colonie. Ce fut sa dernière œuvre non achevée avant qu’il ne décéda en 1987.
Il ne connut pas la réouverture de la colonie qui fut l’aboutissement d’un engagement de plus de 40 années pour offrir des vacances et des loisirs aux enfants défavorisés pendant et hors des vacances scolaires. Son épouse, Liliane, reprit le flambeau et poursuit cette aventure encore de nos jours.
Il se maria le 8 janvier 1955 à Dijon avec Liliane Ianelli, militante communiste avec laquelle il eut trois enfants, Frédéric, Jean Claude et Jean-Louis, tous trois engagés dans le mouvement des Pionniers.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article222396, notice BOISSON Georges, Léon, Bernard par Jean Belin, version mise en ligne le 2 février 2020, dernière modification le 2 février 2020.

Par Jean Belin

SOURCES : Une semaine en Côte-d’Or, publication du PCF 21 insérée dans l’Humanité Dimanche, 20 novembre 1955, 22 avril et 5 août 1956. — Des camps Vaillants… à la colonie des Pimprenelles, Album de 1945 à l’aube de l’an 2000, novembre 2000, éditeur l’Avenir de la Côte-d’Or. — Les Dépêches, édition du 9 octobre 1972. — Comité fédéraux du PCF 21. — Arch. Départementales de Côte-d’Or, état civil. — Fonds d’archives des Pionniers de Côte-d’Or. — Témoignage de Liliane Boisson, janvier 2020.

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