DENEUX Marcel, Émilien. Pseudonyme dans la Résistance : Raymond

Par Jean-Pierre Besse

Né le 23 juin 1907 à Breuil-le-Vert (Oise), mort le 10 mai 1945 à Neuengamme (Allemagne) ; chef de bureau à la SNCF ; militant communiste de l’Oise et résistant, commissaire national adjoint aux opérations des FTPF.

Fils d’un manouvrier, Marcel Deneux fut ouvrier dans l’industrie de treize à dix-huit ans. Il devint ensuite chef de bureau à la SNCF à Paris et était domicilié à Nogent-sur-Oise (Oise), cité cheminote du bassin creillois.

Il adhéra au Parti communiste fin 1935 et fut, dès le début de l’année 1936, secrétaire d’une cellule à Nogent-sur-Oise. Secrétaire de la section de Creil (Oise) en 1937-1939 et membre du comité régional du PCF en 1938-1939, il était également délégué du personnel de la SNCF en 1938. Il s’affirma à la veille de la Seconde Guerre mondiale comme l’un des militants les plus actifs des organisations ouvrières dans la région de Creil (Oise).

Mobilisé en septembre 1939, revenu à la vie civile en juillet 1940, il reprit son militantisme communiste et fut très actif comme en témoigne sa fiche biographique établie par la commission des cadres et saisie lors de l’arrestation en mai 1940 de Jean Catelas.

Convoqué par la police le 2 décembre 1940, Marcel Deneux avait déjà pris des contacts pour reconstituer le Parti communiste clandestin. Il mit sur pied, d’abord localement puis au niveau régional, les premiers groupes armés de jeunes qui allaient devenir les « Bataillons de la jeunesse » et, en liaison avec deux militants de la Somme, Armand Duvivier et Jean Petit*, organisa les premiers groupes de l’Organisation spéciale (OS). Les trois hommes mirent aussi au point, fin 1941, une technique imparable de déraillement, celle du déboulonnage.

Recherché par les autorités d’occupation et la police française, Marcel Deneux entra dans la clandestinité le 15 décembre 1941. Il fit l’objet d’un mandat d’arrêt délivré en janvier 1942 par le juge d’instruction de Senlis (Oise) et fut envoyé le 27 février 1942 devant la section spéciale de la Cour d’appel d’Amiens (Somme) qui le condamna à mort par contumace, le 21 mai 1942, pour propagande communiste.

Selon divers témoignages, Marcel Deneux avait reçu des responsabilités militaires sur plusieurs départements au sein des FTPF. Interrégional dans la région 27 (Normandie-Picardie), il dirigea un moment la subdivision militaire de Normandie avant de devenir commissaire national adjoint aux opérations où il remplaça Jean Petit dans le deuxième trimestre 1943. Pendant l’hiver 1943-1944, Marcel Deneux dirigea l’école des cadres des FTPF dans une petite ferme au milieu des bois du département de l’Oise avec le concours du colonel Fabien.

Arrêté à Vierzon (Cher) le 26 mai 1944 puis déporté, Marcel Deneux mourut à Neuengamme le 10 mai 1945. Les électrices et électeurs de Nogent-sur-Oise, qui ignoraient son sort, l’élurent conseiller municipal en avril 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22245, notice DENEUX Marcel, Émilien. Pseudonyme dans la Résistance : Raymond par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : Arch. Dép. Oise, série M, 33 W 8 250. — Arch. de Paris, 1466 W 1. — Le travailleur Somme-Oise, 1935-1939. — Le travailleur de l’Oise, 1944-1948. — Albert Ouzoulias, Les bataillons de la jeunesse, Éd. sociales, 1967. — Cécile Ouzoulias, J’étais agent de liaison, Messidor, 1988. — Jean-Pierre Besse, L’Oise, septembre 1940-septembre 1944, Creil, 1994.

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