ROUILLON Émile

Par Claude Pennetier

Né vers 1842 ; militant blanquiste de Paris ; mort en 1890 des suites d’une bagarre entre groupes blanquistes ; cordonnier.

Cordonnier, Émile Rouillon était en 1867 et 1868 un animateur des premiers groupes de combat blanquistes. Il semble qu’il soit resté durablement un organisateur du service d’ordre du courant blanquiste.

Actif pendant la Commune de Paris, Alexandre Girault le rencontra, le 27 mai 1871, faisant le coup de feu rue de Bellevue (XIXe arr.). Il habitait 21, rue Richard-Lenoir (XIe arr.). Arrêté, incarcéré le 25 juin à l’île d’Aix (n° 420), il fut libéré le 8 janvier 1872 sur non-lieu du 28 décembre 1871, et se retira à son domicile.

Dans les années 1880, Émile Rouillon était un militant blanquiste connu, membre du Comité révolutionnaire central (CRC). En 1888, dans le conflit qui divisa le CRC entre les antiboulangistes (autour d’Édouard Vaillant) et proboulangistes (autour d’Ernest Granger), Émile Rouillon prit parti pour ce dernier. Il quitta le CRC et participa à la constitution du Comité central socialiste révolutionnaire (CCSR), proboulangiste, qui fut un court moment influent à Paris.

Le 27 mai 1888, au cimetière du Père-Lachaise, lors de la montée au Mur des fédérés, alors que l’animosité était à son comble entre proboulangistes et antiboulangistes, Rouillon fut visé par l’anarchiste Auguste Lucas, qui tira plusieurs balles dans sa direction mais le manqua, blessant d’autres personnes.

Aux élections municipales des 27 avril et 4 mai 1890 le CCSR le présenta à Charonne où il avait ses chances. Il fut battu par le radical socialiste Alexandre Patenne.

Trois semaines plus tard, le 24 mai 1890, au Père-Lachaise, lors d’une nouvelle « montée au Mur », une bagarre féroce opposa les militants du CRC à ceux du CCSR. Émile Rouillon, frappé à la tête d’un coup de canne plombé, mourut des suites de cette attaque.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article222474, notice ROUILLON Émile par Claude Pennetier, version mise en ligne le 2 février 2020, dernière modification le 20 octobre 2022.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Gilles Candar, Édouard Vaillant. L’invention de la gauche, Armand Colin, 2018. — Maurice Dommanget, Blanqui et l’opposition révolutionnaire, op. cit. — Notes de Patrick Delhomme (janvier 2020, voir la biographie d’Émile Delhomme). — Notes de Louis Bretonnière, Guillaume Davranche et Roger Pérennès.

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