DENIAUD Bernard

Par François Prigent

Né le 16 juillet 1943 à Montbert (Loire-Atlantique) ; agriculteur ; militant de la JAC ; syndicaliste paysan, responsable du CDJA (1968-1972) et de la FDSEA (1972-1974) ; élu à la Chambre d’agriculture (1981) ; responsable FCPE dans les années 1970 ; militant du PS ; conseiller municipal de Montbert (1983-1989 et depuis 2001) ; conseiller général d’Aigrefeuille-sur-Maine (depuis 1998).

Né dans une famille de paysans ancrée à droite (vote CNIP), Bernard Deniaud possédait un capital politique du fait des engagements de son grand-père, conseiller municipal, très actif localement dans la mise en place des mutuelles agricoles et des réseaux du crédit. Propriétaires ruraux, ses parents l’envoyèrent dans des écoles privées, trajectoire classique dans cette zone blanche, frontalière de la Vendée. Passé à l’école d’agriculture diocésaine à Ancenis qui formait les élites agricoles (cadres techniques, voire responsables politiques de la communauté rurale) à l’instar d’Henri Breillet (conseiller général d’Ancenis, ancré à droite), il s’installa à dix-sept ans sur l’exploitation familiale en compagnie de ses cinq frères. Initié aux affaires collectives par la JAC, expérience militante marquante, il bénéficia dans cette structure d’une ascension sociale et d’une formation intellectuelle entre 1960 et 1965. Il se détacha progressivement de la pratique religieuse.
Bouleversé par son service militaire effectué à la fin de la guerre d’Algérie, il intégra les réseaux dirigeants du CDJA dès 1966. Trésorier en 1967, secrétaire général en 1968 puis président en 1970, il fréquenta les équipes syndicales de Bernard Thareau* et Bernard Lambert*, responsables nationaux de la génération antérieure, formée elle aussi à la JAC. Son militantisme se renforça lors des luttes ouvrières nantaises (liaison originale paysans-ouvriers dans le département). Très proche du PSU qui pratiquait facilement le système de « l’adhésion ouverte » auprès des syndicalistes paysans, il fréquenta Serge Mallet*, implanté à Rezé. Investi dans la FRSEAO (Fédération régionale des syndicats exploitants agricoles de l’Ouest) aux côtés de Joseph Guénanten*, Jean Le Floch*, Georges Garreau, Georges Dauphin ou Médart Lebot, il impulsa à son niveau la structuration régionale des syndicats agricoles de l’Ouest. Secrétaire général de la FDSEA 44 en 1972, il ne suivit pas tout de suite ses collègues Bernard Thareau* ou Henri Baron* (président de la Chambre d’agriculture 44 entre 1976 et 1992, maire de Fercé entre 1983 et 1995 et Conseiller Régional PS en 1998).
Il démissionna de ses responsabilités en 1974 lors de la scission des Paysans-Travailleurs menée par Bernard Lambert*, n’approuvant pas non plus cette ligne syndicale. Élu à la chambre d’agriculture en 1981 sur des positions plus à gauche que celles portées par le duo Thareau-Nallet, il adhéra finalement au PS en 1988, dans lequel militait son entourage direct. Déjà candidat divers gauche aux municipales de 1977, il fut élu en 1983 avant d’être battu de 12 voix en 1989, sanction de sa politisation récente. Après avoir échoué en 1995, il retrouva son poste de conseiller municipal en 2001. Responsable local de la FCPE (président local entre 1978 et 1984), il obtint 35 % des voix aux cantonales en 1992, symbole de l’audience personnelle de cet ancien syndicaliste paysan. Élu conseiller général en 1998, il fut symboliquement choisi à l’unanimité en 2004 par ses collègues comme président du groupe socialiste, à la suite de Patrick Mareschal (adjoint d’Alain Chenard* en 1977, conseiller général de Nantes depuis 1985), premier président de gauche de l’assemblée départementale, venu lui du radicalisme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22252, notice DENIAUD Bernard par François Prigent, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 7 juin 2016.

Par François Prigent

SOURCES : Articles de Ouest-France sur la vie socialiste locale (1967-2004), CHT de Nantes (fonds Maresca et fonds FDSEA). — Anne Tristan et Médart Lebot, Au-delà des haies, Descartes and cie, 1995. — Henri Baron, Un paysan citoyen, Siloë, 2006. — Entretien avec Bernard Deniaud.

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