RAMOS Emmanuel Pseudonyme dans la Résistance Favre

Par Jean-Noël Dutheil

Né le 23 mars 1919 à Salamanque (Espagne), mort le 28 décembre 2009 à Yzeure (Allier) ; employé agricole puis employé des PTT ; XIe Brigade Internationale, résistant FTPF dans l’Allier.

A dix-sept ans et demi, Emmanuel Ramos s’engagea dans la XIe Brigade Internationale composée de deux bataillons d’antifascistes allemands (Thälmann, Edgar André) et d’un bataillon de Français ou d’Espagnols de France (Commune de Paris). Il participa à la guerre d’Espagne jusqu’à la dissolution de la Brigade fin 1938. Il rentra à Paris pour retrouver sa famille et fut reçu par la police qui vérifia s’il n’était pas déserteur de l’armée française. La commune de Drancy l’accueillit avec dix de ses camarades, ils mangeaient dans un restaurent appartenant à la commune qui de plus mit une maison à leur disposition puis vint le temps des transferts : Arras, Perpignan, au camp d’Argelès-sur-Mer (mars 1939), camp de Gurs (Pyrénées-Atlantiques). Le 5 décembre 1939, il fut incorporé à la 150e compagnie des travailleurs volontaires Espagnols, il travailla au dépôt de munitions de Mont-de-Marsan où régnait une véritable discipline militaire.
De 1941 à 1942, pour éviter d’être reconduit en Espagne, il fut contraint de s’engager comme employé agricole. Il partit dans l’Allier, à Bransat et travailla, au lieu-dit Salus, chez Monsieur Thévenin puis chez Monsieur Vivrer jusqu’en 1943. Il devint réfractaire au STO, alors qu’il travaillait chez Monsieur Buvat à Treban, il rentra alors dans la clandestinité et intégra le maquis le 1er septembre 1943. Il avait le grade de lieutenant commandant du groupe n°1 de sédentaires FTPF de Meillard-Treban. Il participa aux sabotages de lignes électriques à Monétay-sur-Allier, La-Ferté-Hauterives (21 et 30 janvier 1944), aux pylônes à haute-tension, à la ligne téléphonique souterraine sur la RN 7 (16 février 1944). De mars à avril, il transporta des armes et explosifs en vue de la formation du maquis Danielle Casanova (1216ème compagnie du 206e bataillon de FTPF), distribua des tracts contre l’occupant (Bresnay, Treban, Meillard, Laféline, Saint-Pourçain-sur-Sioule). Seul à avoir une expérience militaire, commandant en second, il attaqua avec son groupe un convoi allemand qui fit plusieurs victimes sur la route de Châtillon. Il participa au déraillement d’un train dans le tunnel de Noyant, à une attaque de patrouilles qui fit huit morts allemands (au Theil). Emmanuel Ramos participa aux combats du 16 juillet contre les allemands à Meillard, 18 juillet, contre les GMR et les miliciens, à Besson, lors de la libération de Moulins (attaque du pont avec 8 prisonniers) du 28 août au 6 septembre, puis de la zone sud du département de la Nièvre (Dornes, Chantenay, Saint-Pierre-le-Moûtier).
La guerre finie, il s’installa à Moulins comme maraîcher, se maria et eut trois enfants. Il habita rue Rosa Bonheur à Yzeure et exerça la profession d’employé des PTT.
Il obtint la naturalisation française.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article222552, notice RAMOS Emmanuel Pseudonyme dans la Résistance Favre par Jean-Noël Dutheil, version mise en ligne le 4 février 2020, dernière modification le 4 février 2020.

Par Jean-Noël Dutheil

SOURCES : Arch. Dép. Allier 2200W86. — Témoignage enregistré par Joëlle et Jean-Noël Dutheil, juin 1994.

Iconographie : photothèque IHS CGT du 03.

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