MOREL Léon, René

Par Annie Pennetier

Né le 24 juin 1896 à Lonvigné-du-Désert (Ille-et-Vilaine), exécuté le 21 juillet 1944 à Arbonne (Seine-et-Marne) ; manouvrier ; résistant FTP.

Fils de Georges Morel et de Amante Lecomte son épouse, il était veuf de Anastasie Favrais, époux de Rose Valentine Delion et père de quatre enfants, deux garçons André et René et deux plus jeunes filles Sylvaine et Francine. Il travaillait comme manouvrier cultivateur, domicilié rue des Oisons à Villebéon, village de Seine-et-Marne limitrophe à l’Yonne (son dossier au SHD indique de juin 1940 au 7 juillet 1944). Il avait effectué son service militaire dans l’infanterie, soldat de 2e classe.
Résistant FTPF, il participa avec son fils André au maquis Paul Bert dans l’Yonne, dirigé par Robert Canaux. Revenu à Villebéon, village à l’Est de Nemours, il participa en tant que chef de groupe à l’organisation du maquis de sa commune, ravitaillement, recrutement et transport d’armes.
Dans le cadre des opérations de répression menées par le Sipo-SD de Melun, les Feldgendarmes et la Milice, le maquis fut démantelé le 7 juillet 1944. Il fut arrêté à Villebéon par des Feldgendarmes et interné à la prison de Fontainebleau (Seine-et-Marne) avec son fils André Morel, Robert Canaux, Marcel Calmel, Raymond Golisset , René Girard, et Gilbert Ingrain.
Ils furent torturés sous la direction de Wilhelm Korf chef adjoint de la SIPO-SD de Melun, le « bourreau de la Seine-et-Marne ».
Avec vingt-et-un autres détenus des geôles allemandes, il fut conduit, le 21 juillet 1944, à la plaine de Chanfroy (commune d’Arbonne-la-Forêt) dans la forêt de Fontainebleau. Ils y furent abattus au pistolet-mitrailleur avec d’autres résistants : 8 du maquis « Bara » de Moisenay (Seine-et-Marne), 7 du maquis de Villebéon et deux autres (du Front national ou des FTPF). Au total 22 résistants furent tués ce jour-là.

Le 17 août 1944, d’autres résistants de mouvements de la résistance non communiste furent abattus au même endroit, toujours sous la direction de Wilhelm Korf, qui fut condamné à la prison à vie en décembre 1953 et gracié en 1963.
Le charnier des victimes des deux tueries fut découvert par des soldats américains le 7 décembre, alors qu’ils cherchaient du sable dans cet ancien terrain d’exercice militaire. Les victimes des deux massacres eurent droit à des obsèques nationales en présence du ministre de la Justice du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), François de Menthon, et du général Pierre Billotte qui représentaient le gouvernement. La cérémonie eut lieu le 14 décembre à Fontainebleau. Les trente-six victimes furent enterrées au cimetière de Fontainebleau.
Sur l’emplacement du charnier de la plaine de Chanfroy, un monument commémore les massacres des 21 juillet et 17 août 1944.
Son nom est également inscrit sur le monument aux morts de Villebéon et sur le monument commémoratif de Fontainebleau.

Léon Morel fut déclaré Mort pour la France le 10 juillet 1945.
Reconnu par décret du 12 février 1948 (JO 24 février 1948) sergent chef FFI Compagnie Paul Bert (services du 1er mai 19444 au 7 juillet 1944), avec prise de rang le 1er juin 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article222643, notice MOREL Léon, René par Annie Pennetier, version mise en ligne le 6 février 2020, dernière modification le 22 mars 2020.

Par Annie Pennetier

SOURCES : SHD Vincennes 16 P 430302.— AVCC Caen 21 P 104506 (nc).

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