DENIS Georges, Edmond

Par Didier Bigorgne

Né le 9 octobre 1894 à Magnac-Laval (Haute-Vienne), mort le 15 août 1972 à Vouziers (Ardennes) ; médecin généraliste ; radical-socialiste, puis militant du PCF et du Mouvement de la paix ; résistant FFI et membre du Comité départemental de Libération des Ardennes ; maire adjoint de Vouziers (1945-1947) ; conseiller général des Ardennes (1955-1972).

Georges Denis était le fils d’Eugène, Clément Denis, pharmacien à Évian, et d’Hortense, Charlotte, Esther Redard, sans profession. Après avoir effectué ses études secondaires à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), il monta à Paris pour accomplir ses études de médecine et de pharmacie qui furent interrompues par la guerre. Engagé volontaire en 1914 dans le 1er régiment d’infanterie de montagne, il fut grièvement blessé à La Ferté-Milon, d’une balle à l’épaule et d’un éclat d’obus à la tête, ce qui lui valut d’être décoré de la Croix de guerre 1914-1918. Bien que trépané, il eut le courage de reprendre ses études universitaires après la guerre. Reçu docteur en médecine et en pharmacie, il s’installa, en qualité de médecin, à Vouziers en 1924. La même année, il épousa Fernande Olga Bacquias, sans profession, qui lui donna deux garçons.

Membre du Parti radical-socialiste, Georges Denis fut élu conseiller municipal de Vouziers en mai 1929, réélu en mai 1935. Divorcé depuis le 29 juillet 1936, il épousa en secondes noces, le 29 avril 1937, Colette Renée, Camille Mallarmé, sans profession et mère d’une petite fille. Le nouveau couple eut une fille qui naquit le 17 février 1939.

Mobilisé en septembre 1939, Georges Denis rejoignit, avec le grade de lieutenant, le 391e régiment d’artillerie de Vannes. Commandant de batterie, il combattit les Allemands jusqu’à l’épuisement de toutes ses munitions et se joignit à l’infanterie pour continuer à se battre avec ses hommes. Prisonnier de guerre, il fut libéré en août 1941 au titre d’ancien combattant de la Première Guerre mondiale. Il rentra à Vouziers et s’engagea dans la Résistance. Chef des FFI de la région, il fut arrêté par la Gestapo en 1944 à Sedan. Délivré par l’avance alliée, il participa à la libération de Vouziers. Il était alors membre du Comité départemental de Libération des Ardennes en qualité de représentant du Parti radical-socialiste. Georges Denis reçut la Croix de guerre 1939-1945 et celle du combattant volontaire de la Résistance et fut élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur, à titre militaire, pour sa conduite courageuse pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après la Libération, Georges Denis, qui avait été nommé conseiller municipal de Vouziers, adhéra d’abord au Parti communiste. Le 12 novembre 1944, il devint président de l’importante section du Front national de Vouziers et des environs ; il entra au comité directeur départemental le 25 janvier 1945. Réélu conseiller municipal de Vouziers le 29 avril 1945, il devint premier adjoint au maire radical-socialiste Samuel Scheuer. Enfin, le 16 décembre suivant, il contribua à la création du Mouvement unifié de la Renaissance dans les Ardennes avant d’être désigné membre du comité directeur. À partir de mai 1950, il s’engagea dans le Mouvement de la paix dont il anima le comité local de Vouziers pendant de nombreuses années.

Avant de devenir l’âme du Parti communiste dans une région où il était faiblement implanté, Georges Denis vécut des moments difficiles. Tout d’abord, il ne retrouva pas son siège de conseiller municipal de Vouziers aux élections des 19 et 26 octobre 1947. Il échoua ensuite aux élections des 20 et 29 mars 1949 pour le conseil général dans le canton de Vouziers. Avec 882 voix sur 4 187 inscrits et 3 193 votants, il arriva en tête de tous les candidats au premier tour. Il recueillit 992 suffrages sur 3 311 votants, malgré le maintien du conseiller général socialiste René Thiry au scrutin de ballottage ; mais il fut devancé par le candidat RPF.

Dans les années qui suivirent, la personnalité de Georges Denis fit la différence. Il redevint conseiller municipal de Vouziers le 26 avril 1953 ; réélu à chaque scrutin local (en 1959, 1965, et 1971), il exerça son mandat jusqu’à sa mort. Il fut également élu conseiller général dans le canton de Vouziers le 24 avril 1955 : placé en première position avec 899 voix sur 4 156 inscrits et 2 805 votants au premier tour, il l’emporta au scrutin de ballottage en rassemblant 1 189 suffrages sur 3 174 votants. Il fut ensuite réélu au premier tour à chaque élection cantonale. Le 4 juin 1961, il obtint 1 477 voix sur 4 357 inscrits et 2 784 votants ; le 24 septembre 1967, il réunit 1 831 suffrages sur 4 312 inscrits et 2 900 votants. À l’assemblée départementale, Georges Denis présida pendant de longues années la commission de l’Aide sociale et de l’Hygiène publique ; il s’attacha surtout aux problèmes touchant la santé publique.

Pendant son mandat de conseiller général, Georges Denis fut à deux reprises le candidat du Parti communiste aux élections sénatoriales. Le 26 juin 1955, il obtint 102 voix sur 952 inscrits et 950 votants ; le 26 septembre 1971, il recueillit 80 suffrages sur 970 inscrits et 969 votants. Entre-temps, il était devenu vice-président de la section des Ardennes de l’ARAC lors du 2e congrès départemental qui s’était tenu en 1964.

Sur le plan professionnel, Georges Denis se mit au service des humbles avec une grande générosité au point d’être surnommé « le médecin des pauvres ». Dans la campagne vouzinoise, à l’hôpital de la ville ou au dispensaire dont il était responsable, il lutta sans relâche contre la tuberculose et l’alcoolisme. Deux distinctions, la médaille de la Fondation pour l’étude des moyens de préservation de l’Enfance et la médaille du Comité national de défense contre la tuberculose, témoignaient de sa haute valeur de médecin et de ses qualités humaines auprès de ses malades. Depuis 1975, l’ancien dispensaire de Vouziers, rebaptisé « Centre de médecine préventive », porte le nom de Georges Denis.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22269, notice DENIS Georges, Edmond par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 13 janvier 2021.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Arch. Dép. des Ardennes 3 M 4, 7, 8 et 9. — L’Ardenne Nouvelle, 27 janvier 1945. — Liberté, 26 mars et 2 avril 1949. — L’Ardennais, 16 et 25 avril 1955. — L’Union, 17 et 18 août 1972. — Renseignements et documents communiqués par le docteur Berq de Vouziers et par le docteur René Marquet, gendre de l’intéressé. — État civil de Vouziers. — Sources familiales.

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