ALDOU Célestin, Fernand, Maurice

Par Daniel Grason

Né le 3 novembre 1908 à Lunel (Hérault), mort le 23 juillet 1944 à Sachsenhausen (Allemagne) ; commissaire de police, représentant de commerce ; Franc-Maçon de Patriam Recuperare ; résistant.

Fils de Pierre Émile, représentant de commerce, trente-sept ans et de Rose Marguerite Marie née Maupin, sans profession, vingt-deux ans. Célestin Aldou de la classe 1928 du recrutement d’Amiens, effectua son service militaire.
Il entra dans la police, rejoignit la franc-maçonnerie en 1937, compagnon, il fut membre de la Loge « Le Phare de la Liberté » à Dieppe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), et membre du réseau « Le Cercle » qui deviendra Patriam Recuperare fondé par Albert Kirchmeyer. Maurice Aldou se garda de déclarer son appartenance à la franc-maçonnerie. Les francs-maçons étaient réprimés par le régime de Vichy.
Inspecteur, il a été affecté à la gare de Lyon fit connaissance de Pateau également inspecteur. Les deux hommes devinrent commissaires. Maurice Aldou fut affecté en Seine-Maritime.
En infraction pour non déclaration d’appartenance à une société secrète, il fut déclaré « démissionnaire d’office », et condamné en janvier 1942 à 300 francs d’amende pour infraction à la loi sur les Sociétés secrètes. Il fit appel de cette décision, sans succès. Il devint représentant de commerce. Il vint chercher du travail à Paris, rencontra le commissaire Gaston Pateau à titre amical.
Il fut appréhendé le 4 mars 1943 par deux inspecteurs de la BS1 et interrogé. Il reconnaissait d’emblée « que depuis le début des hostilités, entièrement absorbé par les nécessité de mon service, je ne m’étais plus occupé de ce qui avait trait à cette association, à tel point que j’ai véritablement négligé de faire la déclaration qui était demandée par la loi ; pour dire vrai, je n’attachais aucune importance à cette question. »
Les deux inspecteurs qui interrogeaient Maurice Aldou avaient en leur possession un écrit qui attestait qu’il était « animé des meilleurs sentiments et que dès maintenant il va se mettre au travail et tiendra notre ami Pateau au courant ou moi-même. »
Incarcéré, Maurice Aldou était le 20 septembre 1943 dans un wagon aux fenêtres grillagées où étaient vingt-et-un hommes à destination de Sachsenhausen (Allemagne). Tous étaient étiquetés « NN » Nacht und Nebel (Nuit et brouillard), ce qui signifiait condamnés à disparaître sans laisser de traces. Cette expression avait été empruntée par Hitler au livret de l’Or du Rhin de Richard Wagner.
Matricule 69776 Célestin Aldou mourut le 23 juillet 1944. Marié, il était père de deux enfants âgés de quatorze et douze ans.
Célestin Aldou a été homologué combattant des Forces françaises combattantes (FFC) d’obédience gaulliste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article223205, notice ALDOU Célestin, Fernand, Maurice par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 février 2020, dernière modification le 21 mars 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 3101-219674, GB 55 – Bureau Résistance GR 16 P 6792. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Dictionnaire historique de la Résistance, Sous la direction de François Marcot, avec la collaboration de Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Éd. Robert Laffont, 2006, pp. 888-889 « Francs-maçons », Olivier Dard. – Site internet GenWeb. – AD de l’Hérault 3 E 149/38 acte n° 123.

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