DEPIETRI César

Par Aurélie Rey, Pierre Schill

Né le 2 mars 1921 à Moyeuvre-Grande (Moselle) ; ouvrier métallurgiste ; militant et élu communiste ; maire de Moyeuvre-Grande (1959-1983) ; conseiller général de Moselle (1964-1982) ; député de Moselle (1967-1968 et 1973-1981).

César Depietri
César Depietri
Élus communistes de Moselle et Meurthe-et-Moselle avec le cosmonaute soviétique Léonov (années 1970) : assis à gauche René de Matteis, au centre avec des lunettes Arthur Buchmann ; debout inconnu, Henri Malberg, Roland Favaro et Cesar Depietri
Collection Pierre Schill

Fils de Louis Depietri et de Marie née Fagioli, tous deux ouvriers agricoles nés dans la province de Crémone (Italie) en 1876 et 1881, César Depietri était le dixième de onze enfants. Ses parents, catholiques non pratiquants, arrivèrent à Moyeuvre en 1905, alors que la Moselle était allemande, le père trouvant un emploi de manœuvre à l’usine de Wendel.

Après son certificat d’étude et un an de cours complémentaire, César Depietri devint élève au centre d’apprentissage de Wendel à Rosselange (Moselle), où il apprit le métier d’ajusteur. Il fut embauché en 1935 à l’usine où travaillait son père et participa aux grèves du Front Populaire. Il entra au PCF pendant la Seconde Guerre mondiale, en février 1942, et fit partie du groupe « Mario », animé par l’instituteur messin Jean Burger*, pour lequel il distribua des tracts antinazis à l’usine de Wendel de Moyeuvre-Grande où il était alors tourneur sur métaux. En septembre 1944, après la libération de Moyeuvre, il fut nommé secrétaire de la section communiste de la ville. Licencié des Établissements de Wendel pour fait de grève en 1948, il devint permanent du PCF et le resta jusqu’en 1959. Au cours de ces « grèves rouges » il avait animé de nombreuses actions dans le département, notamment auprès des mineurs du bassin houiller.

Le 11 octobre 1947, il fut élu conseiller municipal de la ville de Moyeuvre-Grande sur la liste menée par Anna Schell née Entzmann*, et réélu en 1953. En 1959, il fut encore réélu conseiller municipal avec 2 271 voix sur 5 483 inscrits, 4 482 votants et 4 341 exprimés et élu maire le 20 mars 1959.

Le 22 juillet 1963, il fut élu secrétaire général de l’association des élus municipaux et cantonaux de la Moselle. Le 8 mars 1964, il fut élu au premier tour de scrutin conseiller général du canton de Moyeuvre-Grande par 4 820 voix sur 11 589 inscrits, 8 008 votants et 7 783 exprimés. Réélu conseiller municipal de Moyeuvre-Grande en 1965, avec 3 687 voix sur 5 988 inscrits, 5 293 votants et 5 187 exprimés, il fut réélu maire.

Candidat communiste aux élections législatives des 18 et 25 novembre 1962 dans la circonscription de Thionville-Ouest (Moselle), il obtint 9 584 voix sur 42 194 suffrages exprimés pour 43 621 votants sur 63 054 électeurs inscrits. Au second tour, le candidat communiste, seul représentant de la gauche, obtint 14 378 voix sur 41 438 suffrages exprimés et fut battu par le candidat de l’UNR Jean-Louis Gasparini qui totalisa 27 060 suffrages.

Aux élections législatives de mars 1967, il fut élu député de la 3e circonscription de la Moselle (cantons de Hayange, Fontoy, Moyeuvre-Grande et Florange). Au premier tour, il obtint 19 539 voix sur 65 875 inscrits, 55 611 votants et 54 084 exprimés contre 18 008 au député sortant Gasparini (UD Ve République) et 10 734 voix à Victor Madelaine* (PSU) et 4 055 voix à Fizaine (CD). Au 2e tour, il bénéficia du désistement de Madelaine et recueillit 29 416 voix contre 22 887 voix à Gasparini. Il perdit son siège de député aux élections législatives des 23 et 30 juin 1968. Au premier tour, il rassembla 14 728 voix sur 68 244 inscrits, 51 236 votants et 50 223 exprimés contre 21 933 à Arnould (Républicain Indépendant), 10 247 à Madelaine (PSU), 2 431 à Brier (CIR) et 884 à Fargeot. Au 2e tour, il recueillit 21 390 voix sur 66 231 inscrits, 51 119 votants et 49 506 exprimés, contre 28 116 voix à Arnould (REI) qui fut élu.
Le 20 novembre 1968, César Depietri constitua un comité de défense des intérêts économiques et sociaux de la Vallée de l’Orne, ayant pour but de s’opposer aux fermetures d’usines sidérurgiques et aux suppressions d’emploi. En juin 1969, il présida le comité de soutien à Jacques Duclos*, candidat de l’Union des Forces ouvrières et démocratiques à la présidence de la République.
Le 25 février 1970, il provoqua une réunion extraordinaire de son conseil municipal pour protester contre la fermeture des usines Wendel Sidelor à Moyeuvre-Grande. Sur son initiative, la sirène de la ville fut actionnée de 17 h à 17 h 02, et les cloches des paroisses sonnèrent de 17 h 02 à 17 h 05. Les commerçants de la ville, dans la proportion de 80 %, baissèrent le rideau de leur magasin de 17 h à 17 h 30. Il fit apposer à l’entrée de la ville, un panneau portant l’inscription suivante : « Moyeuvre-Grande, ville condamnée par les monopoles ».

César Depietri fut réélu conseiller général du canton de Moyeuvre-Grande, lors du renouvellement des 8 et 15 mars 1970. Au premier tour, il rassembla 3 380 voix sur 11 998 inscrits, 7 114 votants et 6 800 exprimés contre 2 120 au Dr Guérin-Pétrement (UD Ve), 1 119 à Antoine Seemann* (PSU) et 189 à Carcano. Au 2e tour, il bénéficia du désistement de Seemann (PSU) et recueillit 4 685 voix contre 2 999 à Guérin-Pétrement et 168 à Carcano.
Réélu, au premier tour, conseiller municipal de Moyeuvre-Grande le 14 mars 1971, par 2 697 voix sur 5 673 inscrits et 4 261 exprimés, sur une liste d’« Union pour une gestion sociale, moderne et démocratique » (PCF), il fut réélu maire.

Aux élections législatives des 4 et 11 mars 1973, il fut de nouveau candidat dans la 3e circonscription de la Moselle. À cette consultation, il obtint, au premier tour 17 839 voix sur 70 382 inscrits, 58 281 votants et 56 995 exprimés contre 1 933 voix à Arnould, député sortant REI, 736 à Durn (LC), 3 851 (Rad-soc-Réformateur) et 15 257 à Madelaine (PS). Au scrutin de ballottage, il fut élu par 29 111 voix (52 %) sur 56 118 suffrages exprimés contre 27 007 à Arnould. À l’Assemblée nationale, il siégea à la commission de la Production et des Échanges.

En juillet 1973, il fut désigné comme représentant suppléant à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à Strasbourg. Aux élections des 7 et 14 mars 1976, il sollicita le renouvellement de son mandat de conseiller général du canton de Moyeuvre-Grande. Il obtint 45,43 % des suffrages exprimés au 1er tour et fut réélu au scrutin de ballottage, avec 63,67 % des voix. Aux élections municipales de mars 1977, la liste presque entièrement communiste qu’il conduisait à Moyeuvre-Grande fut élue, dans sa totalité, dès le 1er tour de scrutin. Il fut réélu maire, le 18 mars, à l’unanimité.

Lors des élections législatives des 12 et 19 mars 1978, il se représenta dans la circonscription de Hayange. Il obtint, au 1er tour de scrutin, 23 944 voix, soit 35,7 % des 66 958 suffrages exprimés, contre 2 135 (3,1 %) à l’ensemble des trois candidats d’extrême-gauche, 17 615 (26,3 %) à Drouin (PS), et 15 249 (22,7 %) à Arnould (PR), et 7 995 (11,9 %) à Gauthier (RPR). Il fut réélu au scrutin de ballottage par 39 233 voix (59,4 %) contre 26 717 (40,5 %) à Gauthier.

Aux élections municipales de mars 1983, la liste communiste menée par César Depietri fut battue par la liste socialiste menée par René Drouin, élu député en mai 1981, qui l’emporta d’une centaine de voix sur les 4553 suffrages exprimés.

César Depietri se présenta à nouveau aux élections municipales de mars 1989 à la tête d’une liste divers gauche, dissidente de la liste communiste officielle. La liste menée par le maire socialiste sortant l’emporta en rassemblant 1944 voix sur 4169 suffrages exprimés et la liste Depietri arriva en troisième position en obtenant 550 voix et en devançant la liste PCF créditée de 431 suffrages.

Tout au long de ses années d’engagements au PCF, il siégea au sein des instances fédérales et participa à tous les congrès nationaux du PCF jusqu’en 1976. César Depietri était aussi membre du Conseil de l’Europe et de l’Union de l’Europe Occidentale.

Le 30 septembre 1967, il avait reçu à Moyeuvre-Grande le cosmonaute soviétique Gagarine, accompagné de Pavlov, premier secrétaire du Komsomol des Jeunesses Communistes soviétiques.

Aux élections municipales de mars 1983, la liste communiste menée par César Depietri fut battue par la liste socialiste menée par René Drouin, élu député en mai 1981, qui l’emporta d’une centaine de voix sur les 4553 suffrages exprimés.

César Depietri se présenta à nouveau aux élections municipales de mars 1989 à la tête d’une liste divers gauche, dissidente la liste communiste officielle. La liste menée par le maire socialiste sortant l’emporta en rassemblant 1944 voix sur 4169 suffrages exprimés et la liste Depietri arriva en troisième position en obtenant 550 voix et en devançant la liste PC créditée de 431 suffrages.

César Depietri quitta la Moselle en 1992 pour passer sa retraite dans les Alpes-Maritimes.

César Depietri s’était marié en 1960 avec Magnette Danièle, née le 21 octobre 1939 à Moyeuvre-Grande, et avait divorcé en 1962. Remarié en 1968 à Wilm Sonia, née le 29 août 1945 à Moyeuvre-Grande, il avait divorcé le 20 mars 1972. Père de deux enfants, il avait obtenu la nationalité française par naturalisation en 1935.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22321, notice DEPIETRI César par Aurélie Rey, Pierre Schill, version mise en ligne le 5 janvier 2013, dernière modification le 24 mars 2014.

Par Aurélie Rey, Pierre Schill

César Depietri
César Depietri
Élus communistes de Moselle et Meurthe-et-Moselle avec le cosmonaute soviétique Léonov (années 1970) : assis à gauche René de Matteis, au centre avec des lunettes Arthur Buchmann ; debout inconnu, Henri Malberg, Roland Favaro et Cesar Depietri
Collection Pierre Schill

SOURCES : Arch. Dép. Moselle, 151 W 823 et 824 ; 458 W 155 ; 1330 W 265 et 266. — Le Républicain Lorrain, 14 mars 1983 et 13 et 20 mars 1989. — Sandrine Bize, Référendum du 28 octobre et élections législatives des 18 et 25 novembre 1962 en Moselle, mémoire de maîtrise d’histoire sous la direction de Jean-Claude Delbreil, Université de Metz, 1985. — François Roth, La vie politique en Lorraine au XXe siècle, Nancy-Metz, Presses universitaires de Nancy/Éd. Serpenoise, 1985. — Entretiens avec l’intéressé (été 2005). — Le Républicain Lorrain, 14 mars 1983 et 13 et 20 mars 1989.

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