BOUCHER Louis, René [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 31 août 1875 à Paris (XXe arr.) ; mort le 13 août 1923 à Paris (XVIIIème arr.) sculpteur, ornemaniste ; anarchiste parisien.

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Le 20 septembre 1893, des anarchistes se rendaient au 30 rue d’Aboukir, dans un café où se tenait une réunion de quartier, pour les fêtes Franco-russes. Georges Renard y tenait un discours internationaliste qui ne fut pas apprécié du public. Les anarchistes, dont Boucher, Large, Mocquet, Godard, les sœurs Adnet Jeanne et Clotilde, Georges Renard, quittèrent la salle avant la fin de la réunion.
Le 3 octobre 1893, quelques anarchistes dont Boucher, Large, Godard, Deforge, Mocquet, Bichon, Georges Renard, étaient réunis 31 rue des Abbesses, salle Warin où Renard se livra au magnétisme.
Le 10 octobre 1893, un indicateur signalait qu’une quinzaine d’anarchistes parmi lesquels Large, les frères Mocquet, Georges Renard, Godard, Boucher, Mayence, Deforge, Bichon, s’étaient rendus salle Warin, 31 rue des Abesses mais la patronne leur ayant refusé la place, ils étaient allé en face, au n°28. Ils décidèrent d’organiser un grand meeting qui aurait lieu dans une salle de la rue des Entrepreneurs. Godard et Boucher devaient fournir l’argent pour financer les frais.
Le 22 novembre 1893, selon le rapport d’un indicateur, Large, Mocquet, Georges Renard, Boucher, Godard, Deforge, Henry et quelques autres faisaient bonne chair chez Philippeau, 38 rue des Abbesses à Montmartre. « Ils avaient dévalisé les boutiques de marchands de volailles du côté du parc Monceau et s’étaient fait préparer un repas copieux. »
Peu après l’attentat de Vaillant, Louis Boucher était arrêté le 6 janvier 1894, en vertu de la nouvelle loi sur les associations de malfaiteurs. Inculpé dans le cadre de l’affaire de la rue des Abesses (voir Marcel Hervy), il voulut faire croire au juge d’instruction Meyer qu’il était membre d’une société secrète, ayant une caisse pour permettre l’achat de dynamite. M. Meyer ne fut pas dupe de ce mensonge de gavroche volant jouer un bon tour à la justice et rendit une ordonnance de non lieu sur l’association de malfaiteurs. Mais l’instruction fit découvrir plusieurs vols. Bouchez et Godard se revendiquèrent anarchistes devant le juge.
Le 12 janvier 1894, un rapport de la Sûreté indiquait que Louis Boucher habitait chez ses parents, 40 avenue de Saint Ouen. Son père expliqua qu’il tenait parfois des propos anarchistes mais qu’il n’y avait pas tenu d’importance, en raison de son caractère paisible. Il ajouta que depuis 3 ou 4 mois, son fils sortait le soir et ne rentrait qu’assez tard. Il ignorait toutefois ses agissements et ses fréquentations mais le croyait incapable d’une « mauvaise action. »
Boucher fut incarcéré dans l’attente de son procès.
Le 20 mars 1894, Boucher, Godard, Maince et Hervy, comparaissaient devant la neuvième Chambre Au cours de l’instruction, l’un d’eux, avait avoué, avoir volé, avec la complicité de ses camarades, trois souliers de bébé et un poulet.
A l’audience, le substitut de service, revint dans son réquisitoire sur l’inculpation primitivement dirigée contre les prévenus et demanda, malgré l’ordonnance de non-lieu qui avait clos l’instruction relative au délit d’association de malfaiteurs, de tenir compte de leur « état d’âme » d’anarchistes. Le tribunal, adoptant avec docilité cette manière de voir, punissait de peines lourdes, les vols de peu d’importance reprochés aux prévenus.
Pour avoir été soupçonnés d’anarchie, ils ont condamnés Boucher à six mois et cinq ans d’interdiction de séjour. (voir Marcel Hervy).
Les 10, 12 et 13 juillet 1897, la cour d’assises de Versailles jugeait neuf inculpés dont Louis Boucher et son frère Léon-Alphonse. Louis fut acquitté et son frère condamné à 5 ans de réclusion ( sur cette afaire voir Georges Mocquet)
Le dossier de Louis Boucher à la Préfecture de police portait le n°85.355.
Le 28 septembre 1901, il se mariait à la mairie du XVIIIe arrondissement avec Marie, Camille, Julie Costes.
A la fin de sa vie, il demeurait 22 rue du Poteau.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article223355, notice BOUCHER Louis, René [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 22 février 2020, dernière modification le 17 octobre 2020.

Par Dominique Petit

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York
Fiche photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

SOURCES :
Le Petit parisien 21 mars 1894 — La Presse 21 mars 1894 — Le Journal 21 mars 1894 — Le Gaulois 21 mars 1894 — Le XIXe 22 mars 1894 — Archives de la Préfecture de police Ba 1500 — Archives Nationales F7/12508 — Note Rolf Dupuy — Archives de Paris. Etat civil.

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