SAUER Rémy dit Marty

Par Pierre Bonnaud

Né le 7 octobre 1922 à Haraucourt (Ardennes) ; militant communiste et résistant : commande la 7104e compagnie FTPF à Annonay (Ardèche) en juin 1944 ; membre de l’Etat-major FTP du Gard en août 1944, participe à la Libération de Nîmes ; Poursuit une carrière d’officier-mécanicien dans l’Armée de l’Air après la fin de la guerre : campagne d’Indochine puis affectation au Congo Brazaville ; prend sa retraite de l’armée en 1966 (Commandant dans les cadres de réserves).

Rémy Sauer est à droite, sans cravate. Défilé de la Libération à Nîmes.
Fonds Vielzeuf, collection Francis Chirat.

Rémy Sauer est né dans une famille de militants communistes. Son père, Raoul Sauer, agent des Douanes, futur conseiller de la République puis député communiste, avait épousé en 1920 Rose Magot. Le couple eut deux fils, Rémy et Albert.

Rémy Sauer, alors qu’il était à peine âgé de 17 ans, s’engagea volontairement dans l’armée en 1939. Admis à l’école des mécaniciens de l’Armée de l’Air à Rochefort-sur- Mer, il reçut une solide formation militaire et obtint le brevet supérieur de mécanicien d’aviation.

Démobilisé après l’armistice pétainiste le 10 août 1940, il rejoignit sa famille dont il partagea les vicissitudes liées à la répression anticommuniste. Raoul Sauer, qui venait d’être révoqué par Vichy, trouva une embauche pour lui et ses deux fils dans l’acierie des Ancizes ( Puy-de -Dôme ) où la famille s’installa.

L’usine des Ancizes produisait des aciers spéciaux désormais destinés à l’armée allemande. Cette entreprise fut le premier terrain de résistance pour les Sauer. Raoul Sauer créa en mars 1942 un groupe FTP dans lequel ses deux fils furent impliqués. Ils procèdèrent à des sabotages sur les installations techniques de l’usine.

L’instauration du STO entraina l’entrée en clandestinité et la séparation des deux frères Sauer. Fin 1943, Albert devint l’un des responsables FTP du département de l’Allier. Rémy de son côté fut affecté aux FTP de la région Gard-Lozère.

Le 4 février 1944, Rémy Sauer fut la cheville ouvrière d’une audacieuse opération de libération des prisonniers de la centrale de Nîmes. À la mi-mars, l’état-major inter-régional FTP le mit “ au vert” au maquis des Bouzèdes en Lozère en lui confiant le commandement d’ un groupe, puis à la fin avril le muta en Ardèche auprès de la nouvelle équipe qui venait de se constituer autour d’Augustin Ollier dit Ravel. Rémy Sauer devint l’un des hommes de confiance du COR de l’Ardèche. Fort de sa formation militaire, il impulsa de nombreuses actions dans la région de Tournon-Annonay, dans le Nord du département.

Au moment de l’épisode de la République insurrectionnelle d’Annonay, (du 6 au 19 juin1944) Ravel le détacha pour qu’il prenne le commandement de la 7104e Compagnie qui venait de se former. Rémy Sauer avait alors le grade de lieutenant FTPF avec le pseudonyme de Marty. Avec des groupes organisés en “corps francs”, il entreprit des coups de main et participa à la défense de la ville. ( Le 19 juin, un détachement de la 7104e força au repli une colonne de GMR à Peaugres).
Au début d’août 1944, Rémy Sauer fut promu chef d’un bataillon FTP avec le grade de capitaine. Le 12 août, présent à Privas lors de la Libération de la préfecture aux côtés d’ Étienne Néron (commandant Maxime, responsable des effectifs FTP en Ardèche), il suppléa Augustin Ollier appelé auprès de l’état-major de l’interrégion.

Après le 15 août, Rémy Sauer reprit le chemin du Gard et intégra l’Etat-major FTP de ce département. Il participa à la Libération de Nîmes ( 25 août 1944) et au défilé des maquisards victorieux dans les rues de la ville. Avec le grade de commandant FFI, il fut nommé chef du 3e Bureau de la subdivision militaire du Gard.

En mai 1945, Rémy Sauer demeura dans le métier des armes. Il réintégra l’Armée de l’Air, participa à la guerre d’Indochine puis fut affecté au Congo-Brazaville. Sa carrière d’officier fut contrariée par ses engagements communistes. Le 1er octobre 1966, il put bénéficier d’une loi dite de “dégagement des cadres” et quitta l’armée. Il fut affecté dans les cadres de réserves avec le grade de commandant et se retira dans le Var où il réside depuis avec sa famille.
Marié, il était père d’un fils. Le 11 février 1971, Rémy Sauer fut promu Chevalier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article223564, notice SAUER Rémy dit Marty par Pierre Bonnaud, version mise en ligne le 26 février 2020, dernière modification le 26 février 2020.

Par Pierre Bonnaud

Rémy Sauer est à droite, sans cravate. Défilé de la Libération à Nîmes.
Fonds Vielzeuf, collection Francis Chirat.

SOURCES : DBMOMS, notice biographique Sauer Raoul N°172978 (F. Stevenot). — CD-rom , La Résistance en Ardèche , AERI, 2007, notice Rémy Sauer (auteur : Raoul Galataud). — Le même texte est repris dans le CD-rom La Résistance dans le Gard, AERI, 2009, sous la signature de Claude Emerique. Il comporte une erreur portant sur le décès de Rémy Sauer confondu avec celui de son père. — Aimé Duranton alias Dudu, FTP 7104 et 7113 cies, commando 13 de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère, Militantisme, tapuscrit s.d, 66p. — P. Bonnaud, L’Ardèche dans la Guerre, 1939-1945, De Borée, 2017 (p. 286). — F. Sugier et M. Vézilier, Le Gard dans la Guerre, De Borée, 2017 (p. 378).

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