CALVET Paul Urbain

Par Jean-Marie Guillon

Né le 20 novembre 1922 à Rodès (Pyrénées-Orientales), exécuté sommairement le 23 août 1944 à Toulon (Var) ; caporal chef du 1er Bataillon de choc, Armée B.

Le 1er Bataillon de choc était une unité d’élite, composée de volontaires, formée en Algérie en 1943 sous le commandement du chef de bataillon Gambiez et entrainée aux missions spéciales. Cette unité avait participé à la libération de la Corse et de l’île d’Elbe lorsqu’elle fut adjointe à la 3e division d’infanterie algérienne pour participer à la campagne de Provence.
Débarqué le 20 août 1944 dans le golfe de Saint-Tropez (Var), le 1er bataillon de choc, commandé par le capitaine Hériard-Dubreuil, fut aussitôt engagé dans la bataille de Toulon qui venait de commencer. S’infiltrant dans la nuit du 21 au 22 août par les collines du nord de la ville, il arriva au quartier des Routes et parvint le 22 jusqu’aux abords de l’arsenal tandis que le capitaine Lefort installait son PC place du Colonel-Bonnier, communément appelée place d’Espagne (quartier du Pont-du-Las). Les hommes du Choc menaient un combat de guérilla risqué et apportaient un appui précieux aux résistants des Forces françaises de l’Intérieur (FFI) qui avaient commencé le combat en ville.
Certains tendaient à s’aventurer au-delà des consignes reçues. Les sections Fournier et Bonnard se trouvèrent en position très avancée face à la porte Castigneau et furent bloquées dans les maisons se trouvant à l’angle du boulevard Foch et de l’avenue du XVe Corps, à l’entrée du centre-ville. Elles y passèrent la nuit du 22 au 23. Au petit matin du 23, à 5 heures 45, une forte colonne allemande progressait en tirailleur de part et autre du boulevard Foch. Tandis que le section Fournier se refusait de tirer pour ne pas attirer l’attention, la section Bonnard qui se trouvait au n°1 de l’avenue du XVe Corps ouvrit le feu à 6 heures 10 et envoya des grenades. Après s’être repliés, les Allemands contre-attaquèrent à 6 heures 30 en utilisant deux canons de 20 Flak. La section, vite à court de munitions, encerclée, déposa les armes à 6 heures 45.
Ses hommes furent alignés devant deux mitrailleuses et exécutés sommairement, ainsi qu’un civil, Jean Orcier (voir ce nom). Seul l’aspirant Bonnard, grièvement blessé, et l’un de ses chasseurs, lui aussi blessé, réchappèrent à la tuerie qui fit huit morts.
Le caporal-chef Paul Calvet était l’un d’eux.
Il reçut le titre de « Mort pour la France ». Une plaque commémorative rappelant le drame et portant les noms des soldats exécutés fut d’abord apposée au 53, avenue du XVe-Corps, au-dessus de la porte d’entrée de l’immeuble, puis transférée dans l’enceinte du monument aux morts du quartier, boulevard du XVe Corps. D’autres plaques commémoratives rappellent dans Toulon les noms de soldat du Bataillon de choc tombés ailleurs lors de la bataille, celui du capitaine Lefort ou, place la Liberté ou au mont Faron, le rôle joué par cette unité dans la libération de la ville. Une avenue de Toulon, quartier du Pont-du-Las, porte le nom du 1er Bataillon-de-Choc par décision du conseil municipal du 18 décembre 1947.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article223734, notice CALVET Paul Urbain par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 1er mars 2020, dernière modification le 4 avril 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Août 44. Premières victoires en Provence, Toulon, Conseil général et préfecture du Var, juillet 1994, p. 20. ⎯ Paul Gaujac, La bataille et la Libération de Toulon, 18 au 28 août 1944, Paris, Fayard, 1984, p. 223. ⎯ François de Linarès,Par les portes du Nord. La libération de Toulon et Marseille en 1944, Paris, NEL, 2005, p. 229-230. ⎯ site internet Mémoire des hommes SHD Caen AC 21 P 37207.

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