BAUDEMONT Henri

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 20 février 1913 à Hautmont (Nord), exécuté sommairement le 29 août 1944 à Naives-devant-Bar (Naives-Rosières, Meuse) ; militaire de carrière ; résistant, groupe « Yes », FFI.

Henri Baudemont
Henri Baudemont
SOURCE : Photo communiquée
par Monique Gironde

Henri Baudemont était le fils d’Henri Camille Baudemont, journalier, et de Jeanne Coulon, couturière. Le 29 mars 1937, il avait épousé Lucienne Marguerite Marchal, institutrice publique, à Saint-Quentin-les-Marais (Marne) où le couple était domicilié.

Militaire de carrière, Henri Baudemont participa à la campagne de mai-juin 1940. Les 12 et 13 juin 1940, il défendit les ponts sur la Marne à Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne, Marne). Fait prisonnier le 15 juin, il s’évada en juillet 1940 et rejoignit le groupe « Yes », un groupe de résistants constitué par Jacques de La Fournière dans le secteur de Châtelraould-Vitry-le-François (Marne).
Ce groupe, lié au réseau Jugler, sous-réseau du réseau Buckmaster Physician-Prosper appartenant au Special Operations Executive (SOE) britannique, prospectait des terrains de parachutage, organisait des largages et constituait des dépôts d’armes et de munitions.
Après la chute du réseau Prosper et l’arrestation de Jacques de La Fournière en juillet 1943, Henri Baudemont s’engagea dans un maquis de Savoie, puis revint dans la Marne en décembre 1943 pour des raisons de santé.

En août 1944, Henri Baudemont rejoignit le maquis des Chênes implanté par le lieutenant François de La Hamayde dans le Bois des Laires à Margerie-Hancourt (Marne), où étaient rassemblés des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO), des prisonniers de guerre évadés et des membres d’équipages alliés abattus aux confins de la Marne, de l’Aube et de la Haute-Marne.
Ce maquis dont la devise était « Par force et par arme », était constitué de trois sections FFI (Forces françaises de l’intérieur) qui, à partir de la mi-août 1944, harcelèrent les troupes allemandes battant en retraite et participèrent aux combats de la Libération dans la Marne, puis dans la Haute-Marne jusqu’à Chaumont.

Le 29 août 1944, la section commandée par le lieutenant Claude Lamort de Gail à laquelle appartenait Henri Baudemont attaqua une unité allemande d’automitrailleuses stationnée à Matignicourt (Matignicourt-Goncourt, Marne) près de Vitry-le-François.
Au cours de l’attaque, deux FFI furent tués, Raoul Demacon et Louis Nascimbeni.
Six autres FFI ont été faits prisonniers et emmenés à Naives-devant-Bar (Naives-Rosières, Meuse), où ils ont été exécutés sommairement : Henri Baudemont, Louis Bianchi, Vitalis Gotautas, Pierre Klein, Pierre Rameau et Zigmantas Gudelis.
Fait prisonnier lui aussi, le lieutenant Claude Lamort de Gail a été emmené vers une destination inconnue. Son corps n’a jamais été retrouvé et il a été porté disparu.

On a longtemps cru que ces exécutions avaient été perpétrées par des SS. L’historien Jean-Pierre Harbulot a établi qu’il s’agissait de soldats appartenant à la 3e Division de Panzergrenadier, et plus précisément au 29e Régiment de Panzergrenadier, une « unité conventionnelle de l’armée régulière », constituée de « soldats ordinaires » de la Wehrmacht. La 3e Division de Panzergrenadier, après avoir combattu sur le front de l’Est en Russie, puis en Italie dans la région de Florence, a été ramenée en Allemagne, rééquipée et renforcée, puis envoyée en France pour protéger la retraite de la Wehrmacht et ralentir l’avancée de la IIIe Armée américaine du général Patton.
Du 29 au 31 août 1944, des unités appartenant à ce régiment se sont livrées à des exactions à Sermaize-les-Bains dans la Marne et dans les villages meusiens de la vallée de la Saulx : exécutions sommaires, massacres de civils, maisons incendiées.
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L’acte de décès d’Henri Baudemont, dressé le 1er octobre 1944 sur la déclaration de Louis Charles Pelletier, instituteur à Naives-devant-Bar, précise qu’il a été « fusillé par les troupes allemandes stationnées dans la commune » et que son corps reposait dans le « cercueil n° 2 ». Une mention marginale le dit « Maréchal des Logis des Forces françaises de l’Intérieur ».
Il est inhumé dans le cimetière de Marson (Marne).

Henri Baudemont a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFI. Le titre d’Interné-résistant lui a été attribué ainsi que la Médaille de la Résistance par décret du 6 juin 1955 publié au JO du 6 juillet 1955.

Dans la Marne le nom d’Henri Baudemont est inscrit sur la stèle du maquis des Chênes élevée à Margerie-Hancourt, sur une plaque commémorative apposée à l’entrée de l’église de Saint-Quentin-les-Marais et sur le monument aux morts de Marson.
Dans la Meuse, son nom est gravé sur le monument des fusillés de Naives-Rosières.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article223743, notice BAUDEMONT Henri par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 4 mars 2020, dernière modification le 6 mai 2020.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Henri Baudemont
Henri Baudemont
SOURCE : Photo communiquée
par Monique Gironde
À l'entrée de l'église</br>de Saint-Quentin-les-Marais
À l’entrée de l’église
de Saint-Quentin-les-Marais
Sur le monument du maquis des Chênes</br> à Margerie-Hancourt
Sur le monument du maquis des Chênes
à Margerie-Hancourt
Sur le monument de Naives-Rosières
Sur le monument de Naives-Rosières
Sur le monument aux morts de Marson
Sur le monument aux morts de Marson
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : SHD, Vincennes, GR 16 P 38515. – Arch. Dép. Marne, M 4774, personnes domiciliées dans la Marne, fusillées ou décédées en détention hors du département, liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – L’Union, 24-25 décembre 1945 (photo). – Bulletin de la Résistance, Vitry-le-François, n° 7, 15 avril 1946 (photo) ; n° 12, décembre 1946 ; n° 14-15, mars-mai 1947. – Jean-Pierre Harbulot, " Les massacres du 29 août 1944 dans la vallée de la Saulx et leurs suites judiciaires " , Meuse en guerres, Bar-le-Duc, Société des lettres, sciences et arts, 2010. – Documents communiqués à Jocelyne et Jean-Pierre Husson par Monique Gironde, fille d’Henri Baudemont en 2010 (photo). — Témoignage de Georges Humbert, président de l’Amicale du maquis des Chênes recueilli par Jocelyne et Jean-Pierre Husson en 2005. – Gérald Gaillet, Hommage aux résistants de la 2e guerre mondiale dans l’arrondissement de Vitry-le-François, exposition du Souvenir français, Vitry-le-François, 2009 (photo). – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dvd-rom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – Mémorial GenWeb. – État civil, Hautmont (acte de naissance) ; Naives-Rosières (acte de décès).

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