BIANCHI Louis, Alfred

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 24 juin 1922 à Glannes (Marne), exécuté le 29 août 1944 à Naives-devant-Bar (Naives-Rosières, Meuse) ; chef de chantier ; résistant, FFI.

Louis Bianchi
Louis Bianchi
SOURCE : Souvenir français de Vitry-le-François

Louis Bianchi était le fils de Joseph Bianchi, plâtrier, et de Marie Hélène Mathilde Hauteville, sans profession. Célibataire, il secondait son père dans son entreprise de plâtrerie installée à Vitry-le-François (Marne).

Au début de l’Occupation, il participa à la récupération d’armes abandonnées lors de la campagne de mai-juin 1940 au sein du groupe constitué par Jacques de La Fournière dans le secteur de Châtelraould-Vitry-le-François (Marne).

En septembre 1942, pour échapper au STO, il passa en zone sud et s’engagea dans le 25e Bataillon de chasseurs alpins en garnison à Hyères (Var).
Après l’invasion de la zone sud par la Wehrmacht, il rentra à Vitry-le-François en décembre 1942 et reprit son activité clandestine au sein du groupe de La Fournière devenu le groupe « Yes ». Ce groupe, lié au réseau Jugler, sous-réseau du réseau Buckmaster Physician-Prosper appartenant au Special Operations Executive (SOE) britannique, prospectait des terrains de parachutage, organisait des largages et constituait des dépôts d’armes et de munitions.

Après la chute du réseau Prosper et l’arrestation de Jacques de La Fournière en juillet 1943, il rejoignit le groupe « Bleu et Jonquille » de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne, Marne) qui fournissait des faux papiers aux réfractaires du Service du travail obligatoire (STO) et les prenait en charge, et qui lui établit une fausse carte d’identité au nom de Jean Delhaye, domicilié au Chesne dans les Ardennes.

Le 28 juin 1944, Louis Bianchi perdit ses parents tués au cours du bombardement de Vitry-le-François par l’aviation alliée.

En août 1944, il rejoignit le maquis des Chênes implanté par le lieutenant François de La Hamayde dans le Bois des Laires à Margerie-Hancourt (Marne), où étaient rassemblés des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO), des prisonniers de guerre évadés et des membres d’équipages alliés abattus aux confins de la Marne, de l’Aube et de la Haute-Marne.
Ce maquis dont la devise était « Par force et par arme », était constitué de trois sections FFI (Forces françaises de l’intérieur) qui, à partir de la mi-août 1944, harcelèrent les troupes allemandes battant en retraite et participèrent aux combats de la Libération dans la Marne, puis dans la Haute-Marne jusqu’à Chaumont.
Le 29 août 1944, la section commandée par le lieutenant Claude Lamort de Gail à laquelle appartenait Louis Bianchi attaqua une unité allemande d’automitrailleuses stationnée à Matignicourt (Matignicourt-Goncourt, Marne) près de Vitry-le-François.

Au cours de l’attaque, deux FFI furent tués, Raoul Demacon et Louis Nascimbeni.
Six autres FFI ont été faits prisonniers et emmenés à Naives-devant-Bar dans la Meuse où ils ont été exécutés sommairement : Louis Bianchi, Henri Baudemont, Vitalis Gotautas, Pierre Klein, Pierre Rameau et Zigmantas Gudelis.
Fait prisonnier lui aussi, le lieutenant Claude Lamort de Gail a été emmené vers une destination inconnue. Son corps n’a jamais été retrouvé et il a été porté disparu.

On a longtemps cru que ces exécutions avaient été perpétrées par des SS. L’historien Jean-Pierre Harbulot a établi qu’il s’agissait de soldats appartenant à la 3e Division de Panzergrenadier, et plus précisément au 29e Régiment de Panzergrenadier, une « unité conventionnelle de l’armée régulière », constituée de « soldats ordinaires » de la Wehrmacht. La 3e Division de Panzergrenadier, après avoir combattu sur le front de l’Est en Russie, puis en Italie dans la région de Florence, a été ramenée en Allemagne, rééquipée et renforcée, puis envoyée en France pour protéger la retraite de la Wehrmacht et ralentir l’avancée de la IIIe Armée américaine du général Patton.
Du 29 au 31 août 1944, des unités appartenant à ce régiment se sont livrées à des exactions à Sermaize-les-Bains dans la Marne et dans les villages meusiens de la vallée de la Saulx : exécutions sommaires, massacres de civils, maisons incendiées.

L’acte de décès de Louis Bianchi, dressé le 1er octobre 1944 sur déclaration de Louis Charles Pelletier, instituteur à Naives-devant-Bar, précise qu’il a été « fusillé par les troupes allemandes stationnées dans la commune » et que son corps repose dans le « cercueil n° 4 ».
Louis Bianchi est inhumé dans le cimetière du Midi à Vitry-le-François.

Il a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFI.

Dans la Marne, le nom de Louis Bianchi est inscrit sur la stèle du maquis des Chênes élevée à Margerie-Hancourt. Il figure sur la plaque « FFI » du monument aux morts de Vitry-le-François.
Dans la Meuse, son nom est gravé sur le monument des fusillés de Naives-Rosières.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article223744, notice BIANCHI Louis, Alfred par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 4 mars 2020, dernière modification le 6 mai 2020.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Louis Bianchi
Louis Bianchi
SOURCE : Souvenir français de Vitry-le-François
Dans le cimetière du Midi à Vitry-le-François
Dans le cimetière du Midi à Vitry-le-François
Sur le monument du maquis des Chênes</br> à Margerie-Hancourt
Sur le monument du maquis des Chênes
à Margerie-Hancourt
Sur le monument de Naives-Rosières
Sur le monument de Naives-Rosières
Sur le monument aux morts de Vitry-le-François
Sur le monument aux morts de Vitry-le-François
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : SHD, Vincennes, GR 16 P 58103. – Arch. Dép. Marne, M 4774, personnes domiciliées dans la Marne, fusillées ou décédées en détention hors du département, liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – L’Union, 26 décembre 1945 (photo). – Bulletin de la Résistance, Vitry-le-François, n° 7, 15 avril 1946, avec photo ; n° 14-15, mars-mai 1947. – Jean-Pierre Harbulot, " Les massacres du 29 août 1944 dans la vallée de la Saulx et leurs suites judiciaires " , Meuse en guerres, Bar-le-Duc, Société des lettres, sciences et arts, 2010. – Témoignage de Georges Humbert, président de l’Amicale du maquis des Chênes recueilli par Jocelyne et Jean-Pierre Husson en 2005. – Gérald Gaillet, Hommage aux résistants de la 2e guerre mondiale dans l’arrondissement de Vitry-le-François, exposition du Souvenir français, Vitry-le-François, 2009. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dvd-rom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – Mémorial GenWeb. – État civil, Glannes (acte de naissance) ; Naives-Rosières (acte de décès).

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