LAMORT DE GAIL Claude, Eugène, Jacques

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 17 décembre 1906 à Lisle-en-Rigault (Meuse), fait prisonnier le 29 août 1944 à Matignicourt (Matignicourt-Goncourt, Marne), emmené vers une destination inconnue et porté disparu ; industriel ; résistant ; FFI.

Claude Lamort de Gail
Claude Lamort de Gail
SOURCE : 
Souvenir français de Vitry-le-François

Claude Lamort de Gail était le fils d’Ernest Paul Marie Lamort, ingénieur civil, et de Claire Caroline de Gail, sans profession. Il avait épousé Christiane Odette Alix Anny Le Pelley Dumanoir le 7 janvier 1935 à Paris (XVIe arr.). Ernest Lamort, issu d’une vieille famille de papetiers et d’imprimeurs, était administrateur de la papeterie de Jean d’Heurs à Lisle-en-Rigault (Meuse) et dirigeait avec son fils Claude les Établissements Lamort, une entreprise de papeterie et cartonnage implantée à Vitry-le-François (Marne).

Officier de réserve de l’Armée de l’Air, Claude Lamort de Gail participa aux combats de mai-juin 1940. Père de trois jeunes enfants, il a perdu son épouse décédée le 19 mai 1943.

Au cours de l’été 1943, il rejoignit le maquis des Chênes implanté par le lieutenant François de La Hamayde dans le Bois des Laires à Margerie-Hancourt (Marne), où étaient rassemblés des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO), des prisonniers de guerre évadés et des membres d’équipages alliés abattus aux confins de la Marne, de l’Aube et de la Haute-Marne. Ce maquis dont la devise était « Par force et par arme », était constitué de trois sections FFI (Forces françaises de l’intérieur) qui, à partir de la mi-août 1944, harcelèrent les troupes allemandes battant en retraite et participèrent aux combats de la Libération dans la Marne, puis dans la Haute-Marne jusqu’à Chaumont. Le lieutenant Claude Lamort de Gail commandait l’une de ces sections.
Le 29 août 1944, la section du lieutenant Claude Lamort de Gail attaqua une unité allemande d’automitrailleuses stationnée à Matignicourt (Matignicourt-Goncourt, Marne) près de Vitry-le-François.
Au cours de cette attaque, deux FFI furent tués, Raoul Demacon, Louis Nascimbeni.
Six autres FFI ont été faits prisonniers et emmenés à Naives-devant-Bar (Naives-Rosières, Meuse), où ils ont été exécutés sommairement : Henri Baudemont, Louis Bianchi, Vitalis Gotautas, Pierre Klein, Pierre Rameau et Gudelis Zigmantas.
Fait prisonnier lui aussi, le lieutenant Claude Lamort de Gail a été emmené vers une destination inconnue. Son corps n’a jamais été retrouvé et il a été porté disparu.

On a longtemps cru que ces exécutions avaient été perpétrées par des SS. L’historien Jean-Pierre Harbulot a établi qu’il s’agissait de soldats appartenant à la 3e Division de Panzergrenadier, et plus précisément au 29e Régiment de Panzergrenadier, une « unité conventionnelle de l’armée régulière », constituée de « soldats ordinaires » de la Wehrmacht. La 3e Division de Panzergrenadier, après avoir combattu sur le front de l’Est en Russie, puis en Italie dans la région de Florence, a été ramenée en Allemagne, rééquipée et renforcée, puis envoyée en France pour protéger la retraite de la Wehrmacht et ralentir l’avancée de la IIIe Armée américaine du général Patton.
Du 29 au 31 août 1944, des unités appartenant à ce régiment se sont livrées à des exactions à Sermaize-les-Bains dans la Marne et dans les villages meusiens de la vallée de la Saulx : exécutions sommaires, massacres de civils, maisons incendiées.
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Claude Lamort de Gail a été reconnu « Mort pour la France » et a été homologué FFI.

Son frère, Marc Charles Marie Lamort de Gail (1908-2009), qui avait rejoint avec lui le maquis des Chênes, a été homologué FFI et FFC au titre du réseau Jean Millet Buckmaster.

Dans la Marne, le nom de Claude Lamort de Gail est inscrit sur la stèle du maquis des Chênes à Margerie-Hancourt. Il figure sur la plaque « FFI » du monument aux morts de Vitry-le-François où sa mémoire est rappelée sur la sépulture familiale dans le cimetière du Midi, et où un stade ainsi qu’une rue portent son nom.
Dans la Meuse, son nom est gravé sur le monument des fusillés de Naives-Rosières.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article223751, notice LAMORT DE GAIL Claude, Eugène, Jacques par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 4 mars 2020, dernière modification le 6 mai 2020.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Claude Lamort de Gail
Claude Lamort de Gail
SOURCE : 
Souvenir français de Vitry-le-François
Dans le cimetière du Midi à Vitry-le-François
Dans le cimetière du Midi à Vitry-le-François
Sur le monument du maquis des Chênes</br> à Margerie-Hancourt
Sur le monument du maquis des Chênes
à Margerie-Hancourt
Sur le monument de Naives-Rosières
Sur le monument de Naives-Rosières
Sur le monument aux morts de Vitry-le-François
Sur le monument aux morts de Vitry-le-François
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 68 235. – SHD, Vincennes, GR 16 P 334384. – Le maquis de Blacy raconté par des maquisards, Union républicaine de la Marne, 1946. – Bulletin de la Résistance, Vitry-le-François, n° 4, 1er janvier 1946 ; n° 14-15, mars-mai 1947 (photo). – Jean-Pierre Harbulot, " Les massacres du 29 août 1944 dans la vallée de la Saulx et leurs suites judiciaires " , Meuse en guerres, Bar-le-Duc, Société des lettres, sciences et arts, 2010. – Témoignage de Georges Humbert, président de l’Amicale du maquis des Chênes recueilli par Jocelyne et Jean-Pierre Husson en 2005. – Gérald Gaillet, Hommage aux résistants de la 2e guerre mondiale dans l’arrondissement de Vitry-le-François, exposition du Souvenir français, Vitry-le-François, 2009. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dvd-rom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – État-civil, Lisle-en-Rigault (acte de naissance en attente) ; Paris (acte de mariage).

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