DERRY Lucien

Par Michaël Attali, Jacques Girault, Guy Putfin

Né le 13 août 1916 à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis), mort le 8 octobre 2007 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) ; maître d’éducation physique ; secrétaire général du syndicat des maîtres d’éducation physique de la FEN (1958-1972), puis secrétaire général de l’Union sportive de la FEN ; militant socialiste.

Fils d’un mécanicien-électricien et d’une journalière, Lucien Derry, maître d’éducation physique, participa à la fondation du syndicat des maîtres d’éducation physique et sportive en 1945 et en devint le secrétaire général adjoint à partir de l’année suivante. Le syndicat adhéra à la Fédération générale de l’enseignement, puis à la FEN. Il fut chargé de la trésorerie en 1949, puis des questions corporatives à partir de 1954. Il devint le secrétaire général du SNMEPS en mars 1958, qui devint Syndicat national de l’enseignement de l’éducation physique et sportive en octobre 1961. Il conserva cette responsabilité jusqu’en mars 1972, où il fut remplacé par Jean Bachelier*. Il fut membre suppléant de la commission administrative nationale de la FEN à partir de novembre 1950, puis titulaire de 1960 à 1973.
Derry, marié en février 1940 à Ermont (Val-d’Oise), père de deux enfants, divorça et se remaria en juillet 1960 à Épinay (Seine-Saint-Denis) avec une enseignante.
Alors que le statut des maîtres fut très fragile dès sa création en 1941 et normalement exclusivement affecté au secteur extrascolaire, Derry défendit l’utilité de leur existence notamment en raison de leur proximité avec les élèves des catégories populaires. Il obtint le reclassement des maîtres dans les corps de professeurs adjoints et de chargés d’enseignement en 1951. Le SNMEPS puis le SNEEPS regroupaient la quasi-totalité de ce corps à la fin des années 1950. Systématiquement mis en cause par les responsables du syndicat des professeurs, il conditionna la fusion à un reclassement général des maîtres dans le statut de professeurs adjoints qui intervint en 1975 après son départ. Il participa aux discussions concernant la création d’un seul syndicat regroupant les deux corps d’enseignants d’éducation physique (les professeurs et les maîtres) au milieu des années 1960. Il défendit avec force la nécessité de maintenir un corps des maîtres et le congrès commun aux deux syndicats en 1967 marqua la fin du projet d’unification des corps, alors que les directions des deux syndicats se réclamaient toutes deux de la tendance « autonome » au sein de la FEN. Ces discussions prirent fin après la victoire des membres de la liste « Unité et Action » du SNEP, en 1969, qu’il combattit pour des raisons de tendances. Il refusa systématiquement la création de tendances au sein du SNEEPS bien que son appartenance à la FEN lui en donnât la possibilité. Par la suite, il fut un de ceux qui poussèrent vers la nécessité d’acquérir une formation universitaire pour tous les enseignants d’éducation physique et sportive, revendication qui expliqua les nombreux contacts avec le Syndicat des professeurs.
Membre du conseil supérieur de l’Éducation nationale pendant dix ans, membre du Haut comité jeunesse et sports pendant douze ans, vice-président à partir de 1964 de la Société d’informations et d’études pédagogiques en éducation physique et sportive, Derry participa aux réflexions lors de la rédaction des instructions officielles de 1967. Dès la fin des années 1940, ardent défenseur de la cause sportive en EPS, il avait pris une part active à la « sportivisation » de la discipline et participé à la reconnaissance des compétences des maîtres d’EPS, notamment durant le ministère Herzog. Lors des changements de politique en matière d’EPS à partir de 1970, il fut, à l’inverse des responsables du SNEP, favorable à la création des centres d’animation sportive permettant une ouverture de l’EPS sur son environnement social.
En sa qualité de secrétaire général du SNEEPS, Derry, très attaché à la majorité fédérale, devint secrétaire général de l’Union sportive de la FEN, en 1972, et, à ce titre, participait quand il le souhaitait au secrétariat national de la FEN. Il consacra son énergie à conforter et élargir l’image de l’USFEN, notamment en diversifiant ses activités : sports collectifs, activités d’été, activités d’hiver, stages « mixtes » associant activité physique, culturelle et intellectuelle.
Derry, membre du Parti socialiste, signa le Manifeste "École et socialisme" le 23 février 1973, et devint le président du mouvement "Ecole et socialisme" en 1974 dont l’objectif était l’élaboration d’un programme du PS pour l’Education nationale.
Derry fut, lors de sa réorganisation en 1974, membre du premier conseil d’administration des « Arts et la Vie » au titre de la FEN, association culturelle fondée en 1955, comprenant notamment le Groupement central des fonctionnaires et coopérative de l’Éducation nationale, la Mutuelle générale de l’éducation nationale, la FEN, la Jeunesse au Plein Air, la Fédération des conseils de parents d’élèves dans le cadre du CCOMCEN.
Retraité, Derry habitait à Sainte-Marguerite-du-Pornichet (Loire-Atlantique).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22385, notice DERRY Lucien par Michaël Attali, Jacques Girault, Guy Putfin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 2 mai 2022.

Par Michaël Attali, Jacques Girault, Guy Putfin

SOURCES : Arch. PPo, B13, 43458 (dossier Bonissel). — Presse syndicale. — Michaël Attali, Le syndicalisme des enseignants d’éducation physique 1945-1981, L’Harmattan, 2004. — Notes de Jean Battut et de Michel Roy.

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