CÉZÉRA Léonie, Thérèse, épouse BIAMOURET

Par André Balent

Née 18 février 1872 à Beaufort (Haute-Garonne), morte le 12 juin 1944 à Saint-Lys (Haute-Garonne) ; cultivatrice à Saint-Lys ; victime civile du 3e bataillon du régiment de grenadiers Deutschland de la division SS Das Reich

Léonie Cézéra naquit dans un petit village situé à une dizaine de kilomètres de Saint-Lys. Son père, Bertrand Cézéra, âgé de vingt-six ans en 1872 était un cultivateur propriétaire de cette commune. Sa mère, Marie Barbaria, était âgée de vingt-six ans à la même date. Elle se maria le 10 février 1899 à Saint-Lys avec Jean-Marie Biamouret né à Saint-Lys le 19 novembre 1871. Son mari était le fils de Jean Biamouret cultivateur à Saint-Lys et de Marie Bonnemaison âgés respectivement de soixante et soixante-trois ans en 1899. Au préalable un contrat de mariage avait été signé devant notaire. Le couple s’installa à la ferme du mari à Saint-Lys.

Après avoir fait sauter, le 12 juin 1944, le château de Gagen (commune de Bonrepos-sur-Aussonnelle, Haute-Garonne), premier cantonnement des hommes du maquis (Armée secrète) de Saint-Lys et incendié ses dépendances, hangars et pigeonnier, les SS de la division Das Reich — en opérations depuis le 10 juin contre les maquis du Comminges (Haute-Garonne), du Couserans (Ariège) et de la Bigorre (Hautes-Pyrénées) — se regroupèrent et pénétrèrent dans le village de Saint-Lys, effectuèrent des perquisitions et commirent des déprédations. Après 20 heures, ils se répandirent ensuite dans les fermes de la périphérie du bourg, sur les territoires de la commune limitrophe de Bonrepos-sur-Aussonnelle où ils tuèrent un civil de passage, Gino Zanghieri et de celle de Saint-Lys même où ils massacrèrent six civils. Ils tiraient dans tous les sens afin d’impressionner des populations civiles soupçonnées de complicités avec les maquis. Ils massacrèrent des civils, un peu au hasard. Ce fut le cas , entre autres de Léonie Cézéra. Le 12 juin 1944, en début de soirée, elle se trouvait, d’après Pierre Raymond (op. cit.), à proximité de la ferme Rouzès, quartier « Sébastopol », à proximité de la maison de retraite actuelle Maréchal-Leclerc. Elle était allée chercher du pain et revenait chez elle. Elle fut mortellement blessée dans un champ par les soldats du 3e bataillon du régiment Deutschland. Son corps fut retrouvé le lendemain. Elle fut, le 12 juin 1944, dans les trois communes voisines de Saint-Lys, Bonrepos-sur-Aussonnelle et Saiguède, la plus âgée des victimes des SS de la division Das Reich tuées au combat pour les résistants du maquis de Saint-Lys de l’Armée secrète (Voir : Chaubet Jean) ou massacrées en ce qui concerne les victimes civiles.
Le nom de Léonie Cézéra fut inscrit sur le monument commémoratif érigé à la sortie du village de Bonrepos-sur-Aussonnelle, vers Saint-Lys. Sur cette plaque est gravée, avec les noms, l’inscription suivante : « Le maquis de Saint-Lys à ses camarades des Corps francs de Libération morts au combat du 12 juin 1944 ». Une plaque y a été apposée à sa base avec leurs noms et l’inscription suivante : « Aux victimes civiles de la barbarie nazie du 12 juin 1944 ». Il est également gravé sur le monument aux morts de Saint-Lys appartenant à toutes les catégories de victimes de la Seconde guerre mondiale, parmi lesquelles celles du maquis de Saint-Lys (on y a rajouté ultérieurement les morts de la guerre d’Algérie). Par délibération du 16 mai 1994, le conseil municipal de Saint-Lys attribua au chemin de Bordenave le nom de chemin Léonie-Biamouret.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article223986, notice CÉZÉRA Léonie, Thérèse, épouse BIAMOURET par André Balent, version mise en ligne le 7 mars 2020, dernière modification le 11 mars 2020.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Haute-Garonne, 2 E IM 3052, arch. com. de Beaufort, 1 E 9, état civil 1863-1872, acte de naissance de Léonie Cézéra et mention marginale ; 2 E IM 2230, arch. com. Saint-Lys, état civil 1893-1899, acte de mariage entre Jean-Marie Biamouret et Léonie Cézéra. — Michel Goubet, « Le maquis et le combat de Saint-Lys 12 juin 1944 » in La résistance en Haute-Garonne, CDROM, Paris, AERI (Association pour des études sur la résistance intérieure), 2009. — Guy Penaud, La « Das Reich » 2e SS Panzer Division, préface d’Yves Guéna, introduction de Roger Ranoux, Périgueux, La Lauze, 2e édition, 2005, 558 p. [p. 398, p. 542]. — Pierre Raymond, « Le Maquis de Saint-Lys pendant la Seconde Guerre mondiale », in Saint-Lys, une bastide entre Gascogne et Languedoc, Ville de Saint-Lys, Éditions Maury, 2003, 245 p. [pp. 185-190]. — Philippe Viguier, Le maquis de Saint-Lys 1944, sl., sd [1985], 22 p. — « Le massacre du 12 juin 1944 à Saint-Lys, Bonrepos-sur-Aussonnelle et Saiguède », site : Mairie de Saint-Lys, Service « Pôle culturel », mis en ligne le 6 février 2019, PDF, 2 p., consulté le 26 février 2020. — Site MemorialGenWeb consulté le 7 mars 2020.

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