COISSAC Louis

Par Eric Panthou

Né le 3 septembre 1911 aux Plaines, commune de Soudaine-Lavinadière (Corrèze), mort le 30 janvier 1985 à Magnac-Laval (Haute-Vienne), ouvrier agricole .— membre du Parti communiste (PCF) ; résistant au sein des Francs-Tireurs et Partisans, camp Wodli ; l’un des premiers compagnons de Georges Guingouin.

Avis de recherche après l’évasion de 79 prisonniers le 1er octobre 1943.

Fils de Jean, fermier, et de Jeanne Depuis, Louis Coissac est issu d’une famille communiste où à la veillée, Anna, sa soeur, lisait l’Humanité à toute la famille qui avait comme langue maternelle l’occitan limousin.
Il avait une autre sœur, Elise, qu’on appelait Lisou, et au moins deux autres frères, dont Jean, qui comme lui était membre des Jeunes Communistes -et peut-être du PCF - quand la Seconde guerre mondiale est déclenchée et le Parti dissous.
Louis était alors ouvrier agricole et habitait Eymoutiers (Haute-Vienne).
Alors qu’il est recherché par la police, Georges Guingouin vint en convalescence dans la ferme des Coissac, à la Plaine de Vergnas, à Soudaine-Lavidanière, après qu’il ait été victime d’une intoxication alimentaire. C’est Louis Coissac qui fut à l’initiative de l’arrivée de Guingouin dans la ferme où il se fit passer pour Raoul, un cousin descendu de Paris. La ferme se situait à quelques kilomètres de la Haute-Vienne d’où s’était enfui Guingouin.
La famille aida aussi Guingouin à se procurer encre et papier pour la propagande du Parti.
En mars 1941, Louis Coissac arrosa Nedde (Haute-Vienne) de tracts la veille de la foire.
Le 5 octobre 1941, les deux sœurs Coissac, leur père et sa belle-fille, sont arrêtées par la police et la maison perquisitionnée. Les deux sœurs sont interrogées à Limoges et c’est là qu’Anna apprend que Louis avait été arrêté trois jours plus tôt. Un policier l’autorise à voir son frère qui a été torturé, sérieusement blessé à un genou. Il apprend à sa sœur que le groupe a été dénoncé et qu’il est inutile qu’elles continuent de nier.

Le 13 novembre 1941, la section spéciale de la 12ème Région militaire siégeant à Périgueux. le condamne à 10 ans de prison tandis que ses deux sœurs étaient condamnées à 2 ans de prison. C’est lors de ce procès que Guingouin fut condamné à perpétuité par contumace.

Louis fut hospitalité après le jugement puis fut transféré au camp de Mauzac (Haute-Vienne) avant de rejoindre la prison du Puy-en-Velay. C’est de là qu’il s’évada le 25 avril 1943 avec 25 autres prisonniers politiques, sous la direction des FTP. Le 28 avril, les gendarmes de Langogne l’interpellèrent avec Raymond Duvignac à Chapeauroux (Lozère). De nouveau interné au Puy, il fait partie de l’évasion spectaculaire de 79 prisonniers la nuit du 1er au 2 octobre 1943. A l’issue de cet évasion, les hommes sont séparés en plusieurs groupes. Louis Coissac rejoint le principal groupe qui va intégrer le camp FTP Wodli, installé alors à Raffy (Haute-Loire). Un matin, il est désigné le 5 octobre 1943 de corvée de bois avec Antoine Angeli, alias John, et l’un des 5 militants trotskystes évadés et gardés prisonniers au camp : Albert Demazière. Mais les trois hommes s’égarent. Craignant d’être plus facilement arrêtés en restant ensemble, ils se séparent.
Louis Coissac rejoignit alors le Limousin et les maquis dirigés par Guingouin.

Il fut homologué Forces françaises de l’intérieur (FFI), reçut le titre d’Interné-Résistant (DIR).

On ignore son parcours professionnel et militant après-guerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224078, notice COISSAC Louis par Eric Panthou, version mise en ligne le 9 mars 2020, dernière modification le 22 février 2021.

Par Eric Panthou

Avis de recherche après l’évasion de 79 prisonniers le 1er octobre 1943.

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 136152, Dossier Louis Coissac (nc). — Notice Raymond Duvignac. — http://nocario.com/sitenocario/hommage.php. — “Une femme dans la Résistance [Anna Coissac]”, Les Amis du Musée de la Résistance du département de la Haute-Vienne, n°64, 2003-2004. — Pierre Broué, Raymond Vacheron, Meurtres au maquis , Paris, Grasset, 1997. — Pierre Louty, Au cœur du maquis, éditions La Veytizou, 2009. — Généanet. — Mail de Michèle Guingouin à Eric Panthou, le 8 avril 2020.

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