ORLIAGUET Léon

Par Dominique Tantin

Né le 13 février 1901 à Saint-Martial-de-Gimel (Corrèze), massacré le 5 avril 1944 à Saint-Priest-de-Gimel (Corrèze) ; cultivateur ; victime civile.

Léon Orliaguet était le fils de Léonard, carrier, alors âgé de 23 ans, et d’Antoinette Pinardel, cultivatrice, âgé de 22 ans. De 1921 à 1923, il effectua son service militaire dans le 6e régiment du Génie. Le 31 mai 1930, à Gimel (Corrèze), il épousa Léontine Touzac. En septembre 1939, il fut mobilisé de nouveau dans le 6e Génie. Fait prisonnier à Saint-Dié (Vosges) le 22 juin 1940, il resta en captivité au Stalag XIII A près de Nuremberg, jusqu’à son rapatriement le 13 août 1943. Le 5 avril 1944, voyant s’approcher un détachement allemand, Léon Orliaguet tenta de s’enfuir. Il fut immédiatement abattu.
Léon Orliaguet fut ainsi victime de la répression menée par la Division Brehmer. La division Brehmer, ou division « B », de l’initiale du patronyme de son chef, le général Walter Brehmer, mena des opérations de ratissage et de répression des maquis et de persécutions des Juifs de nature génocidaire en Dordogne, puis en Corrèze et en Haute-Vienne. Cette division était une unité de marche temporaire constituée pour cette mission. Hétéroclite, elle réunissait pour un effectif total de 8 000 hommes - deux régiments de sécurité dont le 95e basé à Périgueux, deux bataillons motorisés dont le 958e bataillon de DCA, un bataillon d’infanterie de Géorgiens (Ost bataillon 799) en garnison à Périgueux puis à Tulle, deux brigades d’intervention de la Feldgendarmerie de Périgueux et de Bergerac, une unité SS-Sipo-SD commandée par le capitaine SS Kurt Holler détaché du SD de Lyon et chargé de la liaison avec August Meïer, SS-Obersturmbannführer (lieutenant-colonel), Kommandeur de la Sipo-SD de Limoges. Certaines actions furent conduites avec la participation de la Brigade ou Phalange nord-africaine de la Gestapo parisienne placée sous le commandement d’Alexandre Villaplane et intégrée à la Hilfspolizei. Elle disposait de 24 véhicules blindés et d’une douzaine de pièces d’artillerie légère. Elle bénéficiait d’informations collectées par des délateurs, collaborationnistes ou non, et par la Milice (2e service) et l’administration de Vichy.
Léon Orliaguet a son nom inscrit sur le monument aux Morts de sa commune natale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224225, notice ORLIAGUET Léon par Dominique Tantin, version mise en ligne le 12 mars 2020, dernière modification le 6 septembre 2020.

Par Dominique Tantin

SOURCES : Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 408. — Paul Mons, Afin que nul n’oublie, la folie meurtrière de la division Brehmer, mars-avril 1944, Editions Les Monédières, p. 198. — MémorialGenWeb. — État civil et registre matricule militaire en ligne (Tulle, 1921, fiche n° 781), Archives départementales de Corrèze.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément