DENIAUD Louis, Jean, Marie, Joseph

Par Bernard Geay

Né le 23 avril 1930 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), mort le 17 août 2018 à Nantes ; ouvrier menuisier ; militant CTFC puis CFDT, délégué du personnel et élu au Comité d’hygiène et de sécurité.

Le père de Louis Deniaud, également prénommé Louis (1897 – 1972), travaillait comme employé aux grands magasins Decré à Nantes. Sa mère, Madeleine Poinsard (1908 – 1999), était couturière. Louis était l’ainé de ses deux sœurs, Madeleine et Marie-France. La famille était catholique pratiquante. Il fréquenta l’école primaire catholique Saint-Pierre, rue du Refuge à Nantes. De son enfance, Louis Deniaud avait gardé un vif souvenir des grèves de 1936, car, accompagnant son père, il avait assisté à des affrontements devant un magasin nantais resté ouvert. Après les bombardements de septembre 1943, la famille dut quitter son appartement de la place du Pilori pour se réfugier au Pallet, à trente kilomètres au sud de Nantes.
Après l’école primaire et l’école professionnelle, Louis Deniaud, entra en 1944 comme apprenti menuisier à l’entreprise Cornet à Nantes. Il y obtint son CAP en 1947 et devint jeune ouvrier dans la même entreprise. Il s’y syndiqua à la CFTC. Il effectua son service militaire en 1950-1951 à la base aérienne de Salon de Provence. À son retour, il reprit son travail chez Cornet mais, en 1960, il en fut licencié à la suite d’une baisse d’activité de l’entreprise.
Peu après, il fut embauché comme menuisier chez Brissonneau et Lotz, usine fabriquant des équipements navals, alors située dans le quartier de Doulon à Nantes. En fait, il n’y exerça pas la menuiserie mais travailla dans différents postes puis à l’atelier d’électricité où il s’adapta assez facilement. Il devint assez vite militant CFTC et fut élu délégué du personnel puis membre du Comité d’hygiène et sécurité. En 1964, les activités de l’usine furent transférées dans la zone industrielle de Carquefou, commune limitrophe de Nantes, sous l’appellation Brissonneau et Lotz Marine (BLM).
Les sections CFDT des entreprises situées sur la zone industrielle de Carquefou se rencontraient tous les mois et agissaient de concert. Elles obtinrent ainsi la desserte par les bus de la zone industrielle aux heures d’embauche et de débauche.
En 1968, l’usine participa à la grève qui dura près de quatre semaines. Louis Deniaud fut mobilisé au piquet de grève. La place située devant l’usine était un point de rassemblement des grévistes pour tout le secteur. À l’issue du conflit, en plus des augmentations de salaires, l’extension du treizième mois à tout le personnel de BLM fut obtenue alors que jusque-là, seuls les « mensuels » en bénéficiaient.
Dans l’exercice de son mandat de représentant du personnel, Louis Deniaud se spécialisa sur les questions d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail. Très tôt, il fut sensibilisé aux risques liés aux matériaux contenant de l’amiante. Il siégea au Comité technique régional (CTR) de la métallurgie, avec Jo Gabory des Chantiers de Saint-Nazaire et Serge Thibault des Ateliers et chantiers de Bretagne à Nantes.
En 1977, l’usine BLM connut une première vague de licenciements économiques. D’autres furent annoncés en novembre 1978. Une grève de plus de quatre semaines s’en suivit début 1979, sans réussir à faire échec aux pertes d’emplois. Les difficultés s’accentuèrent dans les années 80. En 1985, le site fut éclaté en six unités juridiques distinctes et de nouvelles suppressions d’emplois furent annoncées. Louis Deniaud âgé de 55 ans décida de partir en pré-retraite dans le cadre du dispositif FNE (Fonds national pour l’emploi).
Louis Deniaud milita ensuite activement à la section des retraités CFDT Métaux ainsi qu’à l’Union locale interprofessionnelle des retraités. À ce titre, il siégea au conseil de l’Union locale CFDT de Nantes, où il eut longtemps une activité de documentaliste bénévole. À partir du début des années 70, il réalisa une fresque chronologique des conflits sociaux qui fut exposée dans les locaux de la CFDT nantaise. Il milita à l’Association populaire des familles (APF) dans le quartier de Doulon où sa famille habitait.
Il avait épousé, le 2 octobre 1953, Emilie Durand, née le 17 juillet 1927 à Issé (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) qui décéda le 15 novembre 2018. Employée de maison, elle fut une militante active du syndicat CFTC puis CFDT qui était animé par Geneviève Beaumal. À ce titre, elle participa à la négociation de la convention collective nationale des employées de maison. Le couple eut trois garçons nés en 1954, 1956 et 1960 (Jean-Pierre, Christophe, Patrick).
En 2010, Louis Deniaud et son épouse décidèrent d’entrer à l’EHPAD (Etablissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes) Anne de Bretagne à Nantes, où ils s’éteignirent en 2018, à quelques mois d’écart. Louis Deniaud mourut le 17 août 2018, à l’âge de 88 ans. Après une célébration religieuse le 21 août 2018 en l’église de Saint-Similien de Nantes, une cérémonie civile eut lieu ensuite au crématorium du Sud Loire à Château-Thébaud.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224246, notice DENIAUD Louis, Jean, Marie, Joseph par Bernard Geay, version mise en ligne le 17 mars 2020, dernière modification le 17 mars 2020.

Par Bernard Geay

SOURCES : Arch. CFTC-CFDT, Centre d’histoire du travail de Nantes. — Notes de Louis Deniaud, 2017. — Entretien avec Christophe Deniaud, fils de Louis Deniaud, 2 juillet 2019.

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