BONNEFOY Henri

Par Eric Panthou

Né 11 novembre 1923 à Firminy (Loire), mort vers le 12 décembre 2011 au Chambon-Feugerolles (Loire) ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP), membre du camp Wodli.

Henri Bonnefoy rejoignit les FTP à une date qu’on ignore. Il fit partie d’un groupe installé dans le secteur de Saint-Félicien en Ardèche à l’été 1943. Ces hommes figurent parmi ceux qui après avoir dû fuir Saint-Félicien ont fondé ce qui allait devenir le maquis Wodli, en Haute-Loire, implanté au départ sur la commune de Queyrières.

Henri Bonnefoy, dans une correspondance avec Raymond Vacheron, considéra comme faux le témoignage de Marius Biosca qui se présentait dans un ouvrage qu’il signa en 1947 comme le commandant Robert, fondateur du camp Wodli.
Bonnefoy, 49 ans après les faits, ne reconnut pas dans le portrait de Biosca celui qui avait été leur chef depuis Saint-Félicien et qui effectivement avaut pour nom de guerre Robert.
Dans le souvenir de Bonnefoy, Robert était cheminot (comme Biosca), Alsacien, et plus âgé que Biosca. Il pourrait s’agir de Marcel Imms, qui selon Raymond Vacheron et Pierre Broué avait pour pseudo Robert -ce qui n’est pas vérifié-, fut l’un des membres du triangle de direction à l’origine du camp Wodli, et était cheminot. Mais Imms n’était pas Alsacien (son nom ayant une consonance qui peut apparaître comme alsacienne) et n’était pas plus âgé que Biosca puisque né en 1923 contre 1897 pour ce dernier.
Par ailleurs, Bonnefoy réfute l’idée que leur chef Robert ait participé à des coups de main et il affirme qu’il est resté au camp au moins jusqu’au 6 octobre 1943 alors que Biosca écrit avoir été appelé le 9 septembre à Lyon pour rejoindre la Corrèze.
Bonnefoy réfute aussi l’affirmation de Biosca selon laquelle le maquis faisait "la guerre contre l’envahisseur par tous les moyens". Il rappelle que comme armes, son groupe n’avait que deux Sten, deux revolvers à barillets et que s’ils avaient dû vider leurs chargeurs, ils ne leur restait plus rien. Il n’était pas question pour eux de faire "la guerre contre l’envahisseur par tous les moyens". Bonnefoy qualifia Biosca d’”imposteur”.

Il déclare que c’est une douzaine de résistants, dont il faisait partie, qui ont quitté Saint-Félicien (Ardèche), le 12 juillet 1943, sous les ordres de leur chef, Robert. Le groupe dormait la nuit du lendemain près de Saint-Bonnet-le-Froid. Les hommes marchaient la nuit et dormaient le jour, en se cachant. Il estime que le périple mit 8 jours, passant notamment à Montfaucon, Yssingeaux, pour arriver à Raffy, commune de Queyrières, où fut formé le futur camp Wodli.
Bonnefoy déclare que ce sont Jojo, le Mataf et Riri, respectivement Henri Julien, Marcel Imms et Alain Joubert, qui sont venus chercher le groupe d’une dizaine d’hommes au pont l’Enceinte, avant Yssingeaux, et ont emmené les hommes au Suc-d’Achon.

Henri Bonnefoy a été homologué Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Il habita le Chambon-Feugerolles après-guerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224253, notice BONNEFOY Henri par Eric Panthou, version mise en ligne le 13 mars 2020, dernière modification le 20 novembre 2020.

Par Eric Panthou

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 71394. Dossier Henri Bonnefoy (nc) .— Lettre d’Henri Bonnefoy à Raymond Vacheron, le 28 novembre 1992 (archives Raymond Vacheron) .— Avis de décès paru dans Le Progrès le 13/12/2011.

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