PAQUIS André

Par François Ferrette

Né le 6 avril 1929 à Nevers (Nièvre), mort le 6 février 2020 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; secrétaire d’administration universitaire puis secrétaire général de l’académie de Clermont-Ferrand (1979-1992) ; militant syndicaliste du SNPAA puis du SNAU (1957-1971).

André Paquis
André Paquis

Fils de Gabriel et de Fernande, née Brée, André Paquis naquit et grandit à Nevers où son père était secrétaire de mairie et son grand-père ébéniste.

Il entra en 1949 à l’Éducation nationale en tant qu’instituteur-remplaçant dans la Nièvre, et adhéra au SNI (Syndicat national des instituteurs). Il travailla ensuite à l’inspection académique de Nevers puis devint en 1953 rédacteur à l’inspection académique du Puy-de-Dôme. Il assurait en outre des cours d’alphabétisation bénévolement avec son ami René Estorges. Très tôt engagé dans le militantisme syndical, il fut secrétaire régional du SNPAA (Syndicat national des personnels de l’administration académique) à Clermont-Ferrand de 1957 jusqu’en mars 1971, membre du bureau national à partir de 1957 puis du secrétariat national en 1961. Il devint secrétaire général-adjoint auprès de Jean Gouellain.

André Paquis participa avec d’autres militants de la catégorie B à la bataille interne contre la direction nationale du SNPAA au début des années 1960. Ils critiquaient le fait que leurs supérieurs hiérarchiques étaient aussi leurs dirigeants syndicaux, préoccupés essentiellement par leur propre carrière, se désintéressant des catégories B, C et D. Selon eux, le syndicat ressemblait plus à une amicale qu’à un véritable syndicat. La section régionale de Clermont dirigée par André Paquis, Pierre Morelière (secrétaire régional adjoint) et René Estorges (trésorier) se distingua par sa participation au courant minoritaire du SNPAA dès la fin des années 1950. La crise latente éclata au début des années 1960. En 1962, la section régionale de Clermont fut chargée de proposer de nouveaux statuts au syndicat. Sa critique était sévère : « Le syndicat se meurt », « le SNPAA n’est plus qu’une carcasse vide ». Le projet fondé sur un appel à la démocratie interne et à la formation fut rédigé par Pierre Morelière. En 1964, le SNPAA se transforma ainsi en SNAU (Syndicat national de l’administration universitaire) et élargit son champ de syndicalisation. André Paquis incita Jean Gouellain, opposant de longue date à la direction sortante, à devenir secrétaire général, et lui-même prit en charge les affaires corporatives dans la direction nationale jusqu’en décembre 1968.

Sous son impulsion et celle de sa petite équipe, sans décharge syndicale, la section régionale de Clermont doubla ses effectifs, passant de 262 adhérents en 1963-1964 à 506 en 1970-1971, en obtenant tous les sièges des personnels dans les CAPA.

Après Mai 68, les luttes intestines s’exacerbèrent dans la FEN et se répandirent dans le SNAU où la structuration en tendances nationales fédérales n’existait pas jusqu’alors. La tendance majoritaire UID (Unité, Indépendance et Démocratie) de la FEN décida d’opposer un candidat à Jean Gouellain au poste de secrétariat général du SNAU lorsque celui-ci refusa de la soutenir au congrès fédéral de décembre 1971. Le 19 janvier 1972, Jean-Louis Bianchi, proche d’UID, remplaça donc Jean Gouellain.

La section régionale ne prit pas part aux joutes nationales et ses dirigeants n’affichèrent pas exactement les mêmes positions. Pierre Morelière, devenu secrétaire académique jusqu’en 1987, signa la motion d’une nouvelle tendance, « Education et Autogestion », tandis que René Estorges et André Paquis ne signèrent aucune motion. Mais la tendance majoritaire UID avait quelque difficulté à disposer de relais dans la section clermontoise.

Le début des années 1970 constitua un tournant dans la carrière professionnelle d’André Paquis. Après avoir obtenu le statut d’attaché d’administration en 1964, il fut reçu au concours de conseiller d’administration scolaire et universitaire en 1971 et devint chef de division la même année au rectorat de Clermont-Ferrand. Ses qualités professionnelles, sa grande capacité de travail furent repérées par le recteur Jean-Claude Dischamps qui l’appela en 1979 au poste de secrétaire général de l’académie, qu’il conserva jusqu’à sa retraite en 1992.

Avec sa carrure de rugbyman et son allure quelque peu sévère, il disposait d’une autorité assurée mais bienveillante. Il était apprécié par ses nombreux interlocuteurs, notamment les responsables des organisations syndicales auxquelles il était attentif, et qui le respectaient. Edmond Pastre, inspecteur d’académie du Puy de Dôme, estimait que « grâce à lui, l’administration devenue pléthorique avec la massification de l’enseignement, put garder un visage humain ».

Malgré ses responsabilités, il maintint son adhésion au SNAU, qu’il quitta lors du passage du syndicat à Administration et Intendance UNSA, en 1994, fusion du SNAU et du SNIEN (Syndicat national de l’intendance de l’éducation nationale, affilié à la FEN).

André Paquis accorda une interview en janvier 2018 à un représentant syndical du SNASUB-FSU, dans laquelle il relatait son engagement professionnel et syndical des années 1950. Il rappela que l’un des dossiers les plus marquants qu’il eut à traiter durant sa carrière, fut le transfert à la rentrée 1969, de l’ensemble des écoles Michelin vers l’État, un chantier qui fut assuré avec une grande stabilité.

Il s’était marié en août 1953 avec Monique Françot avec laquelle il eut deux fils, François, devenu inspecteur général de l’administration de l’Éducation nationale et de la recherche, et Jean, psychiatre ; sa femme décéda en octobre 2018.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224256, notice PAQUIS André par François Ferrette, version mise en ligne le 13 mars 2020, dernière modification le 13 mars 2020.

Par François Ferrette

André Paquis
André Paquis

SOURCES : Arch. Dép. Paris, D43J 35 (Bulletin du SNPAA L’administration académique).— BNF, 8-JO-13419 (Bulletin du SNAU, l’Administration académique et universitaire). — Entretien d’André Paquis avec Éric Panthou, le 2 janvier 2018. — Souvenirs personnels de Jean Gouellain.— Texte prononcé aux obsèques d’André Paquis par Alain Roume, ancien secrétaire général de l’académie de Clermont-Ferrand. — Notes d’Éric Panthou.

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