SEIGNERON Paul, Gérard, Émile

Par Dominique Tantin

Né le 8 octobre 1923 à Lachapelle (Tarn-et-Garonne), exécuté sommairement le 6 avril 1944 à Ussel (Corrèze) ; étudiant ; résistant des FTPF.

Paul Seigneron, un étudiant venu semble-t-il de Dordogne, avait rejoint les FTP de Corrèze. Il fut l’une des nombreuses victimes de la division Brehmer.
La division Brehmer, ou division « B », de l’initiale du patronyme de son chef, le général Walter Brehmer, 325e division de sécurité de la Wehrmacht, mena des opérations de ratissage et de répression des maquis et de persécutions des Juifs de nature génocidaire en Dordogne, puis en Corrèze et en Haute-Vienne. Cette division était une unité de marche temporaire constituée pour cette mission. Hétéroclite, elle réunissait pour un effectif total de 8 000 hommes - deux régiments de sécurité dont le 95e basé à Périgueux, deux bataillons motorisés dont le 958e bataillon de DCA, un bataillon d’infanterie de Géorgiens (Ost bataillon 799) en garnison à Périgueux puis à Tulle, deux brigades d’intervention de la Feldgendarmerie de Périgueux et de Bergerac, une unité SS-Sipo-SD commandée par le capitaine SS Kurt Holler détaché du SD de Lyon et chargé de la liaison avec August Meïer, SS-Obersturmbannführer (lieutenant-colonel), Kommandeur de la Sipo-SD de Limoges. Certaines actions furent conduites avec la participation de la Brigade ou Phalange nord-africaine de la Gestapo parisienne placée sous le commandement d’Alexandre Villaplane et intégrée à la Hilfspolizei. Elle disposait de 24 véhicules blindés et d’une douzaine de pièces d’artillerie légère.
Le groupe auquel appartenait Paul Seigneron, issu du camp « Faïta » (du nom de Vincent Faïta, FTP condamné et guillotiné par le régime de Vichy à Nîmes le 22 avril 1943) de la forêt de Mirambel, s’installa à Saint-Bonnet-près-Bort, puis aux environs d’Ussel. Le 6 avril, parti en opération, le groupe eut un accrochage à Bédabourg, sur la commune d’Ussel, avec un détachement motorisé de la division Brehmer. Deux soldats d’origine géorgienne, dont un blessé, désertèrent au cours du combat, et rejoignirent les maquisards. Paul Seigneuron fut également blessé.
Les résistants se replièrent à la ferme de Pont Tabourg entre les communes d’Ussel et Mestes, accueillis par les cultivateurs, la famille Ralite. Mais ils furent très vite menacés d’encerclement. Tandis que la majorité des maquisards parvint à s’échapper, Paul Seigneron et les deux Géorgiens furent capturés.
Lorsque les maquisards revinrent sur les lieux, ils découvrirent la ferme incendiée et les trois corps calcinés. Les deux Géorgiens ne purent être identifiés. Le fermier, Antoine Antonin Ralite, déporté, périt à Buchenwald le 6 juin 1944.
Paul Seigneron, Mort pour la France, fut homologué FFI et interné résistant. La médaille de la Résistance lui fut attribuée par décret en date du 18 mars 1970. Il repose dans la nécropole de Chasseneuil-sur-Bonnieure, Section 1, carré C, rang 17, tombe 414. Son nom est inscrit sur le monument aux Morts de sa commune natale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224370, notice SEIGNERON Paul, Gérard, Émile par Dominique Tantin, version mise en ligne le 16 mars 2020, dernière modification le 17 mars 2020.

Par Dominique Tantin

SOURCES : Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 352-353, 408. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — Service historique de la Défense, Caen, AC 21 P 152171 et Vincennes GR 16 P 543663 (nc).

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