HINDERSCHEID Joséphine [née RAIMBAULT]

Par Michel Thébault

Née le 3 octobre 1898 à Crouy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne), massacrée le 25 août 1944 à Maillé (Indre-et-Loire) ; sténodactylographe à Alfortville (Seine, aujourd’hui Val-de-Marne) ; victime civile.

Joséphine Raimbault était la fille de Jean Baptiste Raimbault âgé de 28 ans à sa naissance, charretier et de Joséphine, Cécile Fleuriet âgée de 25 ans, ménagère. Elle épousa François, Joseph Hinderscheid. Deux enfants naquirent à Saint-Maurice (Seine, aujourd’hui Val-de-Marne), une commune située entre le bois de Vincennes et la Marne : Alphonse, Pierre, Jules le 16 octobre 1931 et Gisèle, Françoise le 16 septembre 1933.

En 1944, la famille était domiciliée dans la commune limitrophe d’Alfortville, où Joséphine Hinterscheid exerçait la profession de sténodactylographe. Elle était domiciliée 28, rue du Pont d’Ivry au nord de la commune près de la confluence de la Seine et de la Marne. Cette zone comprenant de nombreux sites industriels et des ponts stratégiques fut la cible en 1943 - 1944 de plusieurs bombardements de l’aviation alliée. Le 31 décembre 1943, des avions américains, voulant détruire l’usine de roulement à billes SKF à Ivry, larguèrent plusieurs bombes sur le nord d’Alfortville faisant 55 morts et 68 blessés. Un nouveau bombardement sur ce secteur eut lieu dans la nuit du 26 avril au 27 avril 1944. Enfin Le 4 juin 1944, les quais de Seine furent à nouveau visés par les Alliés, Le pont suspendu sur la Seine étant en particulier la cible de l’US Air Force. A Alfortville, plus de trente bombes furent lâchées entre le quai Jean-Baptiste-Clément et la place Carnot, faisant 34 morts, 60 blessés, et quelque 1 200 sinistrés. On peut émettre l’hypothèse que la famille Hinderscheid chercha à fuir ces bombardements et vint se réfugier en province, s’installant temporairement à Maillé. François Hinderschied y fut requis comme garde-voies (obligation établie par le gouvernement de Vichy et à laquelle pouvaient être soumis tous les hommes valides ; les gardes-voies étaient munis d’un sifflet et d’une arme et devaient effectuer des rondes de surveillance le long de quelques kilomètres de rail, en l’occurrence à Maillé la grande voie stratégique Paris -Bordeaux).

Joséphine Hinderscheid fut victime avec sa fille Gisèle du massacre de Maillé. Le 25 août dès neuf heures du matin le village fut cerné par les troupes allemandes. Le massacre commença dans les champs, les jardins, les maisons et jusque dans les caves. Sur les 500 habitants que comptait Maillé, il y eut 124 victimes. C’est son mari, survivant du massacre, qui vint le lendemain déclarer le décès.

Elle obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur le monument commémoratif dressé dans le cimetière de Maillé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224495, notice HINDERSCHEID Joséphine [née RAIMBAULT] par Michel Thébault, version mise en ligne le 18 mars 2020, dernière modification le 27 avril 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Marne, Val-de-Marne et Indre-et-Loire (état civil, recensements) — Mémorial Genweb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément