FRONTERO Henri, Jean

Par Serge Tilly

Né le 3 octobre 1918 à Marseille (Bouches-du-Rhône), exécuté sommairement le 8 août 1944 par des militaires de l’armée allemande à Bourg-Blanc (Finistère) ; victime civile.

Henri Frontero était le fils de Jacques et de Marguerite Félicité Duros. Il était marié et père de deux enfants et domicilié avec sa famille 12 rampe Gambetta, à Brest. Il exerçait le métier d’ajusteur et entra à la SNCF comme aide ouvrier au dépôt de la traction SNCF, à Brest (Finistère).
Dans les jours qui précédèrent la Libération, les troupes allemandes cherchèrent à se mettre en sécurité dans leurs grandes bases navales qu’elles occupaient à Brest (Finistère) et à Lorient (Morbihan).
Dans leurs déplacements, elles subirent le harcèlement de la Résistance, se livrant à des crimes commis sans objectif militaire, tuant de paisibles gens rencontrés dont le seul tort fut d’être au mauvais endroit au mauvais moment.
Ce fut durant cette période qu’il y eut le plus de victimes recensées : tuées aux combats, abattues, massacrées...
Le 7 août 1944, Henri Frontero partit avec sa femme et ses enfants au nord de Brest, pour se réfugier dans sa belle-famille, à Plouvien.
Lundi 7 août 1944, les troupes de l’armée américaine arrivèrent aux abords de Brest, elles passèrent dans Plouvien - distant de 20 km - à la grande joie de la population qui fêta la Libération, joie de courte durée.
Le 8 août dans la matinée, avec ses deux frères Henri se mit à la disposition des Américains à Bourg-Blanc. Ils désarmèrent deux Allemands qu’ils remirent aux soldats alliés qu’ils aidèrent ensuite à creuser des tranchées. Son corps fut retrouvé le lendemain dans la soirée avec ceux de quatre autres civils au lieu-dit "Ty Poa", à Bourg-Blanc.
Il obtint la mention « Mort pour la France » apposée sur l’acte de décès en 1946 et le titre de "Déporté et interné résistant" en 1954.
Mardi 8 août 1944, les troupes de l’armée allemande cherchant à rejoindre Brest venant de divers lieux dont certains des Côtes-du-Nord passèrent dans le bourg de Plouvien, harcelées par la Résistance, en représailles elles semèrent la mort en exécutant sommairement 24 personnes sur leur passage de 12h30 à 16h30.
Mardi 8 août 1944.
12h30, à Kroas-Hent an Narret sur la route de Guesnou :
- Henri Frontero, 26 ans,
- Jean Goarant, 25 ans,
- Pierre Le Bozec, 31 ans,
- Adolphe Loaec, 25 ans,
- François Penhoat, 24 ans,
13h30, au centre du bourg de Plouvien :
- François Kerbrat, 49 ans,
- son fils Jean Kerbrat, 24 ans,
13h30, au centre du bourg de Plouvien :
- Joseph Lucas, 29 ans,
- Joseph Romeur, 34 ans.
13h30, au centre du bourg de Plouvien :
- François Léon, 42 ans,
- François Ménec, 18 ans,
- sa soeur Janine Ménec, 4 ans,
- Jean Parcheminou, 16 ans,
13h30, au centre du bourg de Plouvien :
- François Bihan, 45 ans,
- François Guiavarc’h, 20 ans,
- Jean Le Her, 31 ans,
- Louis Perros, 59 ans.
- son fils Eugène Perros, 19 ans,
14h, au centre du bourg de Plouvien :
- Pierre Roussel, 42 ans,
14h, au centre du bourg de Plouvien :
- Marcel Masson, 16 ans,
14h30, au centre du bourg de Plouvien :
- Baptiste Espinasse, 52 ans.
14h45, au centre du bourg de Plouvien, près de l’église :
- Emile Salaun, 62 ans,
16h30, à Kroas-Beleg an Dare sur la route de Guesnou :
- Jean-Marie Le Gall, 43 ans,
- son fils Claude Le Gall, 13 ans,
Mercredi 9 août 1944, 3 autres personnes exécutées sommairement.
l’après-midi, rue Languiden en Plouvien :
- Jeanne Arzur, elle avait 74 ans.
l’après-midi, à Kereozen en Plabennec sur la route de Loc-Brévalaire :
- Jean Marie Guillermou, 63 ans,
- Yves Le Roux, 66 ans.
Les noms des 27 victimes figurent sur le monument du bourg de Plouvien, parmi celles-ci : 3 pères de famille et leurs fils, 1 frère et sa sœur, 5 enfants ou adolescents, 4 personnes âgées dont une femme et un prêtre.
Ce même jour, les troupes de l’armée américaine engagèrent à Plouvien un combat avec pilonnage de l’aviation alliée qui aboutit à l’anéantissement d’une grande partie des troupes allemandes.
Après avoir subi de nombreuses attaques de l’aviation alliée, une colonne de militaires allemands rescapée des combats se replia sur la route de Loc-Brévalaire en Plouvien. Vers 15 h, un groupe de ces militaires fit irruption dans la ferme de Kereozen en Plabennec, voulant venger la mort d’un des leurs, trouvé sans vie dans un champ près de la ferme. Après avoir fait sortir les femmes et les enfants, ils exécutèrent sommairement les 7 hommes présents puis mirent le feu aux bâtiments.
Dans ces engagements les Américains eurent 75 tués, leurs noms figurent sur le Mémorial de L’Ormeau en Plabennec. Les Allemands eurent 200 à 300 tués et plusieurs centaines d’entre eux furent faits prisonniers.


Un Frontero H., aide ouvrier, figure en gare de Brest, sur la plaque des cheminots morts pendant la Seconde Guerre mondiale, avec la mention "Fusillés ou morts en déportation". S’agit-il du même ? Oui c’est la même personne (note de Jean-Louis Ponnavoy).



Plouvien (Finistère) : 8 et 9 août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224545, notice FRONTERO Henri, Jean par Serge Tilly, version mise en ligne le 19 mars 2020, dernière modification le 14 février 2021.

Par Serge Tilly

Plaque en gare de Brest.

SOURCES : Bulletin municipal, Échos de Plouvien, n° 11, janvier 1994.— dossier SHD Vincennes GR 16 P 236304 sans homologation (nc).— Hervé Barthélemy et Clément Gosselin dans le Mémorial des Cheminots victimes de la répression 1940-1945, Perrin/SNCF, Paris 2017.— Mémorial Genweb.

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