DUVOSQUEL Jules, Henri

Par Frédéric Stévenot

Né le 12 février 1896 à Warneton (Belgique, prov. du Hainaut) ; condamné à mort, mort en déportation le 4 janvier 1945 à Butzbach (All.) ; belge ; marié ; tisseur.

D’après un site de généalogie, Jules Duvosquel était le fils d’Henri Joseph Dovosquel et de Marie Philomène Leclaire. Il épousa Marie Adolphine Le Minous (1894-1980) ; le couple eut un fils, Cyrille Jean Duvosquel (1923-2017). Jules Duvosquel était invalide civil 1914-1918.

Une affiche fut apposée en septembre 1940, portant les mots suivants :

« Avis

Jugement

Au nom du peuple allemand

En ce qui concerne l’affaire pénale pour sabotage contre Jules-Henri Duvosquel, de nationalité belge, né le 2 Mai 1896 à Warneton et y habitant, le Tribunal de Guerre de la Feldkommantur 569 réuni le 24 septembre 1940 à Lille, a prononcé le jugement suivant :

L’accusé a été reconnu coupable de sabotage d’aprs le § 1er de l’arrêté de l’Oberfeldkommandantur 670 à Lille, deu 21 juin 1940 et condamné à mort.

Ce jugement a été confirmé par le Commandant Militaire pour la Belgique et le Nord de la France.

Haselmayer ».

Jules Duvosquel fut l’un des premiers condamnés à mort jugé dans le département du Nord. Il ne semble pas avoir été, pour autant, reconnu « mort pour la France », ni homologué pour des services rendus à la Résistance, ni qu’on lui ait attribué la médaille de la Résistance. Son nom ne figure sur aucun monument, français ou belge.

Jules Duvosquel fit partie du convoi (I.2) à destination des prisons de Belgique et d’Allemagne en 1940, qui comprit quarante hommes et douze femmes. Trente-quatre furent libérés ; trois moururent en déportation et un disparut. Jules Duvosquel partit le 16 novembre 1940, et fut dirigé vers la prison d’Aix-la-Chapelle (All.), celle de Rheinbach (rassemblant les condamnés à des peines de travaux forcés) et enfin celle de Siegburg, près de Bonn. Cette dernière fut notamment une prison d’application des peines de Zuchthaus pour les personnes condamnées en France.

Un document du fonds Arolsen (signé par le Bürgermeister de Butzbach, le 5 septembre 1945) permet d’obtenir d’autres renseignements sur Jules Duvosquel. Il était tisseur. Il « habitait » à Butzbach, au 23 Kleebergerstrasse (à une quarantaine de kilomètres au nord de Francfort-sur-le-Main) : il était en réalité interné dans la prison de la ville. Son dernier domicile en Belgique mentionné était (étonnamment) Le Touquet, vue de Messienes (?) : peut-être est-ce là que l’exode mai 1940 le conduisit. Le motif de sa déportation indiqué est un sabotage à proximité [?] de la prison (condamné le 24 septembre 1940 par la Feldkommandantur de Lille). Il arriva en Allemagne en mars 1941, ce qui signifie que Jules Duvosquel a dû être emprisonné en Belgique, ou plus probablement que le bourgmestre ne tint pas compte de ses précédents lieux de détention dans le Reich avant Butzbach. Quoi qu’il en soit, il mourut le 4 janvier 1945, et fut enterré au cimetière de cette commune.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224575, notice DUVOSQUEL Jules, Henri par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 18 décembre 2020, dernière modification le 19 mars 2020.

Par Frédéric Stévenot

SOURCES. Y. Le Maner, L. Thiéry, Fusillés et déportés du Nord-Pas-de-Calais (1940-1945), La Voix du Nord éditions, 2005, p. 13. — Sites Internet : Fonds pour la mémoire de la déportation ; Fonds d’archives Arolsen ; Généalogie de Flandre.

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