MARCOU Théophile, Jacques, Hilaire

Né le 19 mars 1813 à Carcassonne (Aude) ; républicain.

Il était le fils de Jean Marcou, ex-curé de Villardebelle, professeur au collège de Carcassonne. Théophile Marcou obtint sa licence en droit à Paris en 1835. Influencé par son aîné, Armand Barbès, il se mêla à ses activités, notamment à la Société des Droits de l’Homme, mais, plus proche de Godefroy Cavaignac, il refusa avec lui de participer aux journées insurrectionnelles d’avril 1834. Puis il s’établit avocat à Carcassonne.
En 1837, il fonda L’Aude, Journal du Progrès, dont il dût, dès juin 1838, arrêter la publication, après avoir subi amendes et procès. Il rédigea cependant une édition de Carcassonne de L’Émancipation, de Toulouse, et, en mars 1845, la Revue de l’Aude, mensuelle pendant plus d’un an, bien que donnant une large place à la condition ouvrière. Organisant des souscriptions pour les chômeurs, Marcou proposait en outre la création d’ateliers municipaux et départementaux. Il attaquait l’Église pour son dogmatisme, son ultramontanisme et son soutien au régime, mais valorisait le message évangélique. Il devint bâtonnier en 1847.

En février 1848, il fut secrétaire de la commission départementale provisoire auprès du commissaire de la République Trinchan et de Sarrans jeune. Organisateur du club républicain, il recruta très vite plus de 2 000 adhérents, avec un bureau comprenant une bonne participation ouvrière. Profitant de la liberté de la presse, il lança Le Républicain de l’Aude, mais son activité le fit écarter de la liste républicaine pour les élections d’avril 1848. Il s’y présenta cependant mais fut largement battu. En septembre 1848, il fonda La Fraternité, qui cessa de paraître le 5 juillet 1850, ne trouvant plus d’imprimeur. Entre temps il échoua aux élections de 1849 et fit cinq mois de prison à la suite d’un duel politique.

Proscrit du 2 décembre, il s’enfuit en Espagne, à Valence puis à Barcelone. Expulsé d’Espagne, il rentra en France au début de 1868 et demeura sous la surveillance de la police.
Le 14 avril 1869 reparut La Fraternité. Marcou demeurait hostile à l’Empire et fut membre du comité antiplébiscitaire de l’Aude. Il fut de ceux qui proclamèrent la République à Carcassonne dans la soirée du 4 septembre 1870. Il exerça les fonctions de maire de 1870 à 1879. Ami de Digeon, il l’avait laissé prendre la tête du mouvement communaliste à Narbonne, ne voulant pas compromettre sa situation à Carcassonne. Il fut ensuite l’émissaire des pouvoirs publics pour inviter Digeon à évacuer l’Hôtel de Ville de Narbonne.

Conseiller général en 1871, il fut élu député en décembre 1873 et sénateur inamovible en janvier 1885.
Il mourut à Paris le 6 juillet 1893.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224611, notice MARCOU Théophile, Jacques, Hilaire, version mise en ligne le 20 mars 2020, dernière modification le 16 avril 2021.

SOURCES : Arch. Dép. Aude, 21 M 51. — Raymond Esparseil, « Marcou, proscrit du 2 décembre » (Mémoires de la Société des Arts et Sciences de Carcassonne, t. 29, 1954, pp. 181-186). — Aristide Douarche, Séance solennelle du Conseil général du 19 août 1896, inauguration du buste de Marcou, Carcassonne, 1896, in-8°, 32 pages (Arch. Dép. Aude, Bibliothèque, Q 244). — Arnaud de Lacour, Au pilori, Marcou communard, Carcassonne, sans date, in-8°, 74 p. (Arch. Dép. Aude, N 1558-102). — La Fraternité, n° 203, an III, 29 mars 1871 (numéro consacré à la Commune à Narbonne et à Toulouse). — Rémy Pech, « Théophile Marcou », Les Audois, Dictionnaire biographique, sous la direction de Rémy Cazals et Daniel Fabre, Carcassonne, 1990.

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