MASSARD Nicolas

Né le 28 janvier 1821 à Verdun (Meuse), mort à Paris le 11 avril 1890 ; marchand de fer à Verdun, il vendait aussi du charbon de bois et fabriqua également des clous durant une certaine période ; militant de 1848 et de 1871.

Le 19 mai 1841, Massard avait été condamné à 20 F d’amende pour délit de chasse.
En février-mars 1848, il fit un voyage à Paris, au nom des patriotes lorrains, pour « prendre part au mouvement ». Il revint et s’intéressa au journal démocratique de Verdun, édité par l’imprimerie Lippmann antérieurement à 1848 : Le Franc-Parleur de la Meuse. Il en fut le secrétaire de rédaction, puis le gérant. Pratiquement, il le dirigea durant plusieurs mois. — voir Buvignier E. et Lippmann.
Massard fut poursuivi devant les assises de la Meuse pour avoir, dans le numéro du 13 juin 1849 du Franc-Parleur, commis les trois délits suivants : 1° provoqué à l’insurrection et à la guerre civile, sans que cette provocation ait été suivie d’effet ; 2° offensé l’Assemblée nationale ; 3° excité à la haine et au mépris du gouvernement de la République. Il s’agissait d’une opération contre toute la Montagne, dans la Meuse et en France, qui dépassait la personne de Massard. Il fut acquitté, le 6 août 1849, après plaidoirie de Madier de Montjeau aîné.
Massard ne fut pas toujours aussi heureux devant les tribunaux de la Seconde République. Il fut condamné par les assises de la Meuse à quinze jours de prison et 200 F d’amende pour diffamation envers un brigadier de gendarmerie ; le 8 août 1850, par le tribunal de Saint-Mihiel, à 200 F d’amende pour un article paru dans Le Franc-Parleur du 21 juin 1850 ; et antérieurement, le 8 juin, par les assises de la Meuse, à six mois de prison et 2 000 F d’amende.
Le Franc-Parleur mourut avec le coup d’État du 2 décembre 1851. Massard aurait dû être expulsé de France. Ceci correspond à une première version. Seconde version : il fut transporté en Algérie, s’évada, vécut en Amérique, en Belgique, en Italie, en Égypte et rentra en France après l’amnistie de 1859. Laquelle est la plus probable ? La seconde certainement, si l’on ne retrouvait un Massard, sans prénom, que le tribunal de Montmédy frappa, le 27 décembre 1853, d’un an de prison et de 100 F d’amende pour introduction en France d’un journal politique étranger non autorisé. Qui oserait affirmer qu’il ne s’agisse pas d’un avatar du Nicolas Massard de la Seconde République ? De toute façon, son petit-fils assure qu’il travailla en Italie et en Égypte — date non précisée — où il exécuta des travaux d’installation de voies ferrées.
Quoi qu’il en soit, le vrai Nicolas Massard était sûrement fixé à Paris dans la décennie 1860. Il était « employé à la Compagnie des Asphaltes, se disant ingénieur civil » (selon son petit-fils, il était alors ingénieur des travaux publics).

Pendant le Siège, septembre 1870-février 1871, il fut capitaine de la 6e batterie de la légion d’artillerie, formée des artilleurs des IXe et XVIIIe arr. Il conserva son commandement après le 18 mars. Il combattit en dernier lieu à la barricade de la place Blanche, IXe arr. Lorsqu’elle fut tournée, il rentra chez lui, 10 bis, rue Affre, XVIIIe arr., au coin du square Saint-Bernard. Il avait « le sabre au côté », et son fils Émile, qui avait combattu avec lui, portait « le mousqueton en bandoulière ». Le lendemain, 25 mai, Nicolas Massard fut arrêté et conduit rue des Rosiers. Il échappa aux fusillades sommaires, assez miraculeusement, sans doute en raison de la présence de son fils qui l’avait suivi. Émile Massard — voir ce nom — a conté la scène dans un article « Devant le peloton » que publia Le Cri du Peuple le 26 mai 1884. Conduit à Satory, Nicolas Massard bénéficia d’un non-lieu le 9 août 1871.

Son petit-fils, Armand Massard (1er décembre 1884-9 avril 1971), journaliste et homme politique, fut plusieurs fois champion olympique d’escrime en 1920 et 1928.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224638, notice MASSARD Nicolas, version mise en ligne le 20 mars 2020, dernière modification le 20 mars 2020.

SOURCES : Arch. Mun. Verdun, I carton 43. — Arch. PPo., Ba/1175. — Renseignements fournis par son petit-fils Armand, Émile, Nicolas, février 1968.

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