COURIAU Louis, Auguste

Par Marie-Cécile Bouju, Julien Chuzeville

Né le 10 octobre 1878 à Meloisey (Côte-d’Or), mort le 30 décembre 1925 à Nyons (Drôme) ; compositeur typographe, imprimeur ; syndicaliste CGT.

Fils de vignerons, Louis Couriau était typographe et avait fait toute sa carrière dans l’Est de la France. Il était membre de la FFTL (Fédération française des travailleurs du Livre) depuis 1894, et avait eu plusieurs responsabilités syndicales : trésorier du syndicat du livre de Nancy, secrétaire du syndicat à Vesoul, président de celui de la Chaux-de-Fonds, syndic à Chalon-sur-Saône, ainsi qu’à Genève. Pierre Monatte écrivit dans La Vie ouvrière en juillet 1913 : « Je l’ai rencontré et connu en Suisse en 1908, alors qu’il était président de la section typographique de Genève ».

En 1910, Louis Couriau et sa famille déménagèrent à Lyon. Couriau faisait partie de la minorité syndicaliste révolutionnaire au sein de la Fédération du Livre de la CGT. Son épouse Emma Couriau, typote jusqu’à son mariage, décida de reprendre son métier, et demanda en 1912 son adhésion au syndicat des ouvriers du livre de Lyon. Elle se heurta à un refus, doublé d’une exclusion de son mari le 30 avril 1913. Par la suite, Louis Couriau fut cependant réintégré comme membre de la FFTL. Il écrivit dans La Bataille syndicaliste du 14 septembre 1913 : « Je suis persuadé que lorsque nous aurons les femmes avec nous, nous obtiendrons des résultats positifs ». Le 1er mars 1914, il assista avec son épouse à une réunion de la Fédération féministe du Sud-Est. Dans l’hebdomadaire de la CGT La Voix du Peuple, du 5 avril 1914, il rendit hommage à l’action de « la Fédération féministe du Sud-Est » et de « toutes les organisations féministes ».

Mobilisé à partir d’août 1914 au 59e régiment d’infanterie, puis au 52e, il fut intoxiqué par des gaz asphyxiants le 21 septembre 1918 à Fismes (Marne). Sa fiche matricule indique : « Évacué gazé le 22 septembre 1918 ». Après sa démobilisation, il s’installa en 1919 à Nyons (Drôme) avec sa famille.

Au début des années 1920, Louis Couriau était imprimeur à Nyons, avenue Laurens : il était propriétaire avec son épouse Emma de l’Imprimerie Dauphinoise. En 1921, il était gérant de La Solidarité nyonsaise, bulletin trimestriel de la Société coopérative d’alimentation. Il était également directeur et imprimeur-gérant de l’hebdomadaire Le Pontias, publié à Nyons, journal local de gauche. Dans le numéro du 2 novembre 1924, il écrivait : « Les journaux, les livres et l’imprimerie en général sont à présent nécessaires à la vie du genre humain ».
Il était membre de la Ligue des droits de l’Homme. En 1924, il fit campagne en faveur du Cartel des gauches.

L. Couriau mourut des suites de ses blessures de la guerre. Ses obsèques civiles se déroulèrent le 1er janvier 1926 à Nyons. Le Pontias lui consacra toute la première page de son numéro du 3 janvier 1926, retraçant sa vie sans mentionner une seule fois « l’affaire Couriau ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article224825, notice COURIAU Louis, Auguste par Marie-Cécile Bouju, Julien Chuzeville, version mise en ligne le 24 mars 2020, dernière modification le 7 octobre 2022.

Par Marie-Cécile Bouju, Julien Chuzeville

SOURCES : Le Réveil typographique, 1913. — La Vie ouvrière, 1913. — L’Action féministe n° 30, février 1914. — Le Pontias, 1924-1926. — Arch. Dép. Côte-d’Or, registres matricules de la classe 1898. — État civil de Côte-d’Or. — État civil de Nyons, 1925 (copie de l’acte de décès communiquée par la mairie le 29 août 2022).

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