MARCELLOT Yves

Par Michel Germain, Dominique Tantin

Né le 31 janvier 1921 à Publier (Haute-Savoie), exécuté sommairement le 1er juin 1944 à Évires (Haute-Savoie) ; ouvrier coiffeur ; réfractaire au STO ; résistant dans les FTPF.

Yves Marcellot était le fils de Prosper, douanier, et d’Yvonne Marie Ballenger. Ses parents étaient domiciliés rue des Granges à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie).
Après la dispersion d’un petit groupe de réfractaires du Chablais, qu’Yves Marcellot avait rejoint pour éviter le S.T.O., il vint, grâce à de faux papiers établis par l’inspecteur du travail Pierre Lamy*, s’installer à Bonne-sur-Menoge, où il avait trouvé du travail comme assistant d’un coiffeur. Il adhèra immédiatement à la formation locale des F.T.P.
Le 1er juin 1944, dans la matinée, alors qu’Yves sortait de son travail, il fut croisé par une camionnette de miliciens. L’un d’eux le reconnut et fit stopper le véhicule. Yves fut immédiatement enlevé dans le but de lui faire dire où se trouvait un de ses amis, passeur, que les miliciens recherchent. Yves savait qu’il était en Suisse, mais il ne dit rien. Dans la soirée les miliciens décidèrent de l’amener à Annecy. Vers 23 heures, leur véhicule tomba en panne au col d’Evires. Les miliciens descendirent de voiture et discutèrent. Les bruits sont rares la nuit et de la gare on entendit un moteur qui tournait, puis des détonations. Yves avait tenté de s’enfuir, mais un milicien avait crié : "Le salaud, descendez-le !" Trois ou quatre rafales de mitraillette trouèrent le silence de la nuit. Puis la voiture repartit.
Au petit matin, les voisins se hasardèrent vers la nationale. Ils découvrirent le cadavre d’un jeune homme, le visage tuméfié, car il avait été frappé lors de son interrogatoire. Ses poches étaient retournées, doublures pendantes, comme si l’on avait voulu le voler et faire disparaître les traces de son identité. Yves avait réussi à garder sa chevalière dans son poing crispé. Le corps fut amené à la mairie d’Evires et reconnu par sa famille deux jours plus tard.
Yves Marcellot fut enterré à Thonon le 6 juin, accompagné d’une foule considérable malgré les interdictions. Encore une exécution sommaire à porter au débit de la Milice française. La Gendarmerie de Haute-Savoie, commandée depuis le 1er juin par le capitaine Battestini, commença une enquête qui n’aboutit qu’après la Libération.
Yves Marcellot, « Mort pour la France », figure sur le Mur du souvenir, monument aux morts élevé dans le cimetière de Thonon-les-Bains (Carré Militaire du cimetière de Thonon-les-Bains n°9658).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article225093, notice MARCELLOT Yves par Michel Germain, Dominique Tantin , version mise en ligne le 29 mars 2020, dernière modification le 29 mars 2020.

Par Michel Germain, Dominique Tantin

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — MémorialGenWeb.

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