DESPOISSES Émile, Eugène, Louis

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 17 juillet 1878 à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis), mort le 11 mai 1949 à Villers-sous-Saint-Leu (Oise) ; ouvrier maçon ; syndicaliste et militant socialiste puis communiste de Saint-Denis.

Fils d’un maçon et d’une blanchisseuse, Émile Despoisses adhéra à seize ans à la Jeunesse socialiste révolutionnaire de Saint-Denis et devint, en 1898, secrétaire du groupe socialiste « le Réveil social ». Il représenta la jeunesse du PSR local au congrès de la salle Wagram en 1900. Ouvrier maçon, il fut en 1902, un des créateurs de la Bourse du Travail dont il assura pendant plusieurs années le secrétariat. Quinze ans durant, les syndiqués du Bâtiment le maintinrent au secrétariat de leur section.
En 1919, Émile Despoisses, « figure légendaire du monde ouvrier » notait un témoin, Marcel Marschall, jouissait d’une grande autorité. Le 2 juin éclata la grève des métallurgistes de Saint-Denis lorsque le 4 juin, le Comité intersyndical de Saint-Denis se transforma en Comité exécutif des Soviets, Despoisses souligna la gravité de la décision et le risque couru par les dirigeants : « Nous comptons sur vous pour nous défendre et, au besoin, prendre notre place. Dussions-nous mourir, vivent les Soviets ! Vive la Révolution ! » (Arch. PPo. Ba 1386 e, 4 juin 1919, cité par J.-P. Brunet, op. cit.). Le Comité d’action de grève de la Métallurgie et de la Voiture-Aviation envoya Despoisses faire une tournée de propagande en Provence vers le 20 juin.
En 1922, il était secrétaire du groupe communiste du centre de Saint-Denis. Ses sympathies allaient à l’aile gauche du Parti communiste. Secrétaire du dispensaire antituberculeux de Saint-Denis, il quitta son métier pour raison de santé en 1923 et devint inspecteur de salubrité de la ville de Saint-Denis. L’Humanité du 29 avril 1924 annonça sa candidature aux élections législatives du 11 mai 1924 mais son nom n’apparut pas sur les listes officielles. Se confond-il avec Despoisse, militant communiste de Paris, signataire en octobre 1925 de la lettre au Comité exécutif de l’Internationale communiste, dite lettre des 250, qui critiquait le régime autoritaire du Parti et les conceptions politiques de la direction. Il fut nommé conseiller municipal de Villers-sous-Saint-Leu en novembre 1944 et battu en mai 1945 sous l’étiquette communiste.
Marié à Saint-Denis le 17 mai 1902, il mourut dans l’Oise le 11 mai 1949.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22528, notice DESPOISSES Émile, Eugène, Louis par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : L’Humanité, 29 avril 1924. — L’Émancipation, 10 décembre 1921. — Jean-Paul Brunet, Une banlieue ouvrière Saint-Denis (1890-1939), thèse, op. cit. — Renseignements communiqués par Pierre de Peretti, archiviste municipal à Saint-Denis, 4 juillet 1983. — Jean-Louis Robert, Les ouvriers, la Patrie et la Révolution. Paris 1914-1919, Annales littéraires de l’Université de Besançon, 1995. — Arch. Dép. Oise, 33 W 8397.

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