DESPRETZ Claude, Gérard

Par Jean Reynaud

Né le 17 mai 1931 à Wittenheim (Haut-Rhin), mort le 26 février 2008 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; professeur d’éducation physique ; soldat du refus de la guerre d’Algérie ; syndicaliste ; militant communiste de Seine-Maritime puis des Alpes-de-Haute-Provence.

Fils d’un employé aux mines de potasse puis aux Charbonnages de France, Claude Despretz fit ses études à Wittenheim puis à Lens (Pas-de-Calais). Après son passage au Centre régional d’éducation physique et sportive de Strasbourg (1952-1953), il entra à l’École normale supérieure d’éducation physique à Joinville-le -Pont (1953-1955).

Professeur dans un établissement d’enseignement de second degré à Fécamp (Seine-Maritime), Despretz, communiste, fut rappelé pour combattre en Algérie. Le 2 juillet 1957 il écrivit au président de la République une lettre où il expliquait qu’il ne pouvait participer à une guerre injuste. Incarcéré ce même jour, il fut condamné à deux ans de prison qu’il effectua à Metz (Moselle), à Fresnes (Val-de-Marne) et à Laval (Mayenne). Il fut soutenu par sa famille et les organisations qui, autour du Parti communiste français, luttaient contre la guerre à l’exception des directions des syndicats de la Fédération de l’éducation nationale, malgré la demande de nombreuses sections locales. Il épousa, le 3 juillet 1958 à la prison de Metz, Jacqueline Descombey (voir Jacqueline Despretz*), qui fut une dirigeante de la fédération communiste de Seine-maritime. Il fut libéré le 3 juillet 1959 avant d’être emprisonné pendant quinze jours en juin 1960 pour avoir publié dans un journal un texte qui saluait une réunion du Mouvement de la paix, texte jugé anti-national par un rapport militaire.

Despretz reprit son poste à Fécamp. Membre du Syndicat national d’éducation physique, adhérent du Parti communiste français depuis 1953, il était depuis le milieu des années 1960 secrétaire à la propagande dans sa section communiste. Avec Jean Allemand et Maurice Lionnet* notamment, il participa à la création en 1960 du journal Le Communiste des Bouches-du-Rhône, en liaison avec Le Communiste, créé en 1954, qui, sur le plan national, luttait « pour que le mouvement ouvrier français et le Parti communiste se préparent à la prise de pouvoir ». En 1966, il devint membre du comité de la fédération communiste et entra au bureau de la fédération en 1968. Il y devint responsable de l’éducation après avoir suivi les cours de l’école centrale d’un mois du PCF.

En 1966, avec son épouse, Despretz obtint sa mutation pour le lycée Paul Arène et le collège Tivoli de Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence) où il enseigna jusqu’à la fin de 1991. Il devint le secrétaire de la section départementale du SNEP. Au moment de prendre sa retraite il s’aperçut que ses années de prison n’étaient pas prises en compte. Après plusieurs refus, il obtint satisfaction grâce à une nouvelle intervention de Jacques Rouyer*, secrétaire du SNEP, auprès de Lionel Jospin en 1991.

En 1966, Despretz devint membre du comité de la fédération communiste des Alpes-de-Haute-Provence et entra au bureau de la fédération en 1968 ; il y demeura jusqu’en 1982, où il fut écarté du Parti, du fait de ses prises de positions contre Mitterrand et le gouvernement Mauroy. Il fut alors l’un des responsables de la création et de l’animation du bulletin national Le regroupement Communiste qui parut de 1985 à 2002. Il milita dans de nombreuses organisations : France-RDA, Comité Honecker de Solidarité Internationaliste, l’Association des Combattants de la Cause Anticolonialiste. Il lança une campagne pour soutenir les soldats Israéliens qui refusaient de combattre le peuple palestinien. En décembre 2006, Claude et Jacqueline figuraient parmi les premiers signataires de l’appel : « Nous ferons vivre le PCF, même contre la stratégie de sa direction ».

_En 2007, avec son épouse, Claude Despretz résidait, pour raisons de santé, dans une maison de retraite à Manosque.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22537, notice DESPRETZ Claude, Gérard par Jean Reynaud, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 17 décembre 2011.

Par Jean Reynaud

SOURCES : Arch. syndicales. — Arch. comité national du PCF. — Notes de Jacques Girault et de Jacques Rouyer. — Témoignage in Gérard Couturier (dir), À l’épreuve de la Guerre d’Algérie Des profs d’EPS témoignent, Paris, Institut de recherches de la FSU-Centre EPS et société, Syllepse, 2005. — Témoignages de sa fille Annette, de Alban Liechti, de Marcel Debelley, de Paquita Lionnet.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément