CHEIPPE Julien

Par Michel Thébault

Né le 25 juillet 1899 à Peyrelevade (Corrèze), massacré le 25 août 1944 à Nouâtre (Indre-et-Loire) ; chef de chantier ; victime civile.

Julien Cheippe était le fils de Jean Cheippe âgé de 34 à sa naissance, scieur de long et d’Anna Degabriel âgée de 32 ans cultivatrice. Au recensement de 1911, sa famille était domiciliée au lieu-dit Chaumet sur la commune de Peyrelevade. Julien était le quatrième des sept enfants nés entre 1893 et 1910. Travaillant dans le bâtiment, il partit jeune pour la région parisienne. Lors de sa mobilisation en avril 1918, il travaillait à Levallois-Perret. Mobilisé dans un régiment d’infanterie, il participa aux combats de la fin de la première guerre mondiale d’avril à novembre 1918, puis en 1921 à l’occupation des pays rhénans. Démobilisé le 30 juin 1921, il reprit son emploi dans le bâtiment devenant chef de chantier (spécialité béton), parcourant de nombreux chantiers à travers la France. Les adresses successives fournies à l’appui de son registre matricule, indiquent 14 adresses entre 1921 et 1939 : parmi elles Chartres en 1922, Paris en 1924, Metz en 1928, Rochefort en 1934, Briey en 1935, Saumur en 1938. Rappelé en septembre 1939, il fut affecté spécial à la Direction du Génie à Tours en qualité de Chef de chantier Bâtiment. En 1944, marié à Alice, Marie, Jeanne Gacon, il résidait à Tours 106, rue François Richer.

En août 1944, il exerçait son activité de chef de chantier dans le secteur de Maillé. Il fut victime du massacre de Maillé. Le 25 août, dès neuf heures du matin le village fut cerné par les troupes allemandes. Le massacre commença dans les champs, les jardins, les maisons et jusque dans les caves. Sur les 500 habitants que comptait Maillé, il y eut 124 victimes. Julien Cheippe en fut sans doute la première victime. Le matin vers 9 heures, il se rendait à bicyclette à son travail à Maillé lorsqu’il fut intercepté à hauteur des bois de Nouâtre, sur la commune de Nouâtre, limitrophe de Maillé, par des soldats qui participaient à la mise en place de l’encerclement de Maillé par les troupes allemandes. Il fut aussitôt abattu. Son corps ne fut pas immédiatement retrouvé. Ce n’est que le 28 août à 20 heures qu’Antonio Almeida Cabral, maçon, ouvrier de Julien Cheippe et domicilié lui aussi à Nouâtre, vint déclarer le décès, sans doute après avoir reconnu le corps.

Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur le monument commémoratif dressé dans le cimetière de Maillé. Il figure également sur une stèle commémorative, rue de la Taille, sur la RD 109.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article225370, notice CHEIPPE Julien par Michel Thébault, version mise en ligne le 3 avril 2020, dernière modification le 27 avril 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Corrèze et Indre-et-Loire (état civil, registre matricule, recensement) — André Payon, curé de la Celle-Saint-Avant, Draché et Maillé, Maillé Martyr – Un village Martyr, Maillé – Récit du massacre du 25 août 1944 édité sous le patronage du Comité de Libération d’Indre-et-Loire, 1945. — Mémorial Genweb.

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