BORUCKI Symcha, Joseph

Par Jean-Luc Marquer

Né en 1899 à Kiev (Russie, aujourd’hui Ukraine), sommairement exécuté le 13 juillet 1944 à Saint-Hilaire-de-la-Côte (Isère) ; commerçant ; victime civile

Juif de nationalité polonaise, Symcha, Joseph Borucki était le fils de Simha et d’Esther Tova Weizman.
Il épousa Alta Laya Trafikant. Le couple eut deux enfants, Paul, né en 1922, et Suzanne née en 1926.
La famille Borucki s’installa en France en 1922.
Avant la guerre, elle habitait 38 rue Meslay à Paris IIIè arr. où Joseph Borucki était commerçant.
Paul Borucki fut arrêté et déporté à Auschwitz-Birkenau par le 1er convoi du 27 mars 1942.
La famille se réfugia après le 11 novembre 1942 dans la zone d’occupation contrôlée par les Italiens, réputée plus sûre.
Après avoir vécu quelques temps à Grenoble (Isère), elle habitait au hameau du Plantier à Saint-Hilaire-de-la-Côte (Isère), depuis le 18 mars 1944.
Joseph Borucki était en possession de faux-papiers au nom de Jacob Pick.
Le 13 juillet 1944 vers 7h00, des miliciens portant un brassard blanc et des soldats allemands se présentèrent devant sa maison.
Joseph Borucki s’approcha du portail et fut attrapé à travers les barreaux.
Après avoir essayé de le faire passer par-dessus le portail , les miliciens acceptèrent qu’il aille chercher la clé.
Miliciens et Allemands investirent alors la maison et ordonnèrent à Alta et Suzanne Borucki de s’habiller et de les suivre.
Joseph Borucki fut maltraité et giflé, puis il fut chargé d’une caisse de munitions.
Pour l’obliger à avancer, un soldat allemand lui retira sa ceinture de flanelle, l’attacha autour de son cou et le tira.
Encadré par les miliciens et les soldats allemands et suivi par sa femme et sa fille, Joseph Borucki fut conduit jusqu’à proximité du col du Banchet, où la veille, des résistants du maquis de La-Frette avaient tendu une embuscade à un convoi allemand.
Là, un milicien, qu’un témoin reconnut comme étant Guy Éclache, de Grenoble, l’exécuta sommairement d’une rafale de mitraillette.
Alta et Suzanne Borucki furent conduites à la prison de Montluc à Lyon (Rhône), puis déportées à Auschwitz, Suzanne par le convoi n°77 du 31 juillet 1944, Alta par le convoi n°78 du 11 août 1944.
Toutes deux revinrent.
Joseph Borucki fut enterré le 14 juillet 1944 au cimetière de Saint-Hilaire-de-la-Côte.
Il figure parmi les victimes de la Shoah recensées par le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem (Israël).
Son nom figure sur la plaque commémorative du camp de Chambarand à Viriville (Isère) et sur le monument commémoratif érigé à proximité du lieu des combats au col du Banchet à La-Frette.


Voir : Saint-Hilaire-de-la-Côte, La-Frette


Notice provisoire

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article225387, notice BORUCKI Symcha, Joseph par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 12 avril 2020, dernière modification le 3 février 2021.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 480 et 602 — Séverine Germain, Guy Éclache, enquête sur un ultra de la Collaboration, PUG, septembre 2018
https://www.deportesdelyon.fr/les-archives-par-famille-a-m/suzanne-borucki — Mémorial GenWeb — Mémorial de Yad Vashem

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément