KERVIEL Jean, Marie

Par Eric Panthou

Né le 1er février 1901 à Plobannalec-Lesconil (Finistère), mort sous la torture le 21 février 1944 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; cultivateur ; militaire de carrière ; résistant au sein du Réseau Gallia, des forces françaises combattantes (FFC) et des Forces françaises de l’intérieur.

Jean Kerviel
Jean Kerviel

Fils de Jean et de Catherine, née Bariou, Jean Kerviel était agriculteur avant de devenir militaire de carrière. Il eut trois frères et deux sœurs. Il se maria le 23 septembre 1934 à Saint-Martin-de-Valgalgues (Gard) avec Marie Louise Gévaudan (ou Gevauday, ou Levaudeau). Il eut un fils.

En 1939, il était parti avec son régiment, le 92ème RI, basé à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Adjudant-chef, d’abord sur la ligne Maginot, il s’est ensuite porté volontaire pour les Corps Francs puis est parti en Belgique rencontrer les troupes allemandes, le 92 s’est battu en reculant jusqu’à Dunkerque, là ils se sont battus pour protéger le retour des troupes anglaises. Le 92 est ensuite remonté sur Lille, s’est battu jusqu’à plus de munitions, s’est rendu, les troupes allemandes lui rendant les honneurs. Jean-Marie Kerviel a été décoré de la médaille militaire et la croix de guerre 39-40 avec trois palmes (pour faits d’héroïsme). Il est ensuite allé avec son régiment au camp de prisonniers de Königstein (Elbe) dont il s’échappa dans des conditions rocambolesques. Il revint à Clermont-Ferrand, logeant avec son épouse 46 avenue Albert-Elisabeth. Il créa son réseau de résistance en 1941.

Il fut mis en congé d’armistice à partir du 11 novembre 1942 et l’arrivée des Allemands en zone sud. Il fut intégré en décembre 1942 à l’Armée secrète, sous la direction du lieutenant-colonel Jacques Boutet et au réseau Gallia. Il y fut nommé sous-lieutenant puis lieutenant avant son arrestation par le SD. Il fut considéré comme un élément précieux, ayant contribué au camouflage d’armes et de personnel, fournissant des renseignements. Il continua à agir après l’arrestation de son chef, le lieutenant-colonel Boutet le 1er octobre 1943. Il se plaça alors sous les ordres du colonel Garcie. Celui-ci fit une attestation qui vanta l’efficacité et l’énergie de Jean Kerviel, son excellente connaissance de la région et des relations qu’il avait pu nouer. Il souligna également qu’en plus de ses activités la journée, il se chargeait la nuit des réceptions de parachutages.

Jean Kerviel a été dénoncé au SD et arrêté le 21 février 1944 à son domicile. Selon le témoignage de Mathieu et Vernière, deux français du SD, il est mort sous la torture sans avoir parlé le même jour à Clermont-Ferrand. On ne retrouva jamais son corps.
Les Allemands saccagèrent son appartement et volèrent de nombreux objets. Sa femme fut obligée de se réfugier jusqu’à la Libération à Ambert (Puy-de-Dôme). Elle s’endetta pour ensuite ouvrir un magasin rue du Port à Clermont-Ferrand, pour subvenir aux besoins de son fils et de sa mère à charge.

Lieutenant, nommé Capitaine à titre posthume, Chevalier de la légion d’Honneur, il a été reconnu Mort pour la France, homologué forces françaises combattantes (FFC) et FFI. Il a reçu le titre d’Interné Résistant (DIR). Son arbre généalogique sur la base généanet indique par erreur une date de décès le 12 septembre 1947.

Un J. Kerviel figure sur le Monument aux morts de Quimper pour la période 1939-1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article225411, notice KERVIEL Jean, Marie par Eric Panthou, version mise en ligne le 4 avril 2020, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Eric Panthou

Jean Kerviel
Jean Kerviel

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 319069. Dossier Jean Kerviel (nc). — DAVCC Caen, AC 21 P 62443. Dossier Jean Kerviel (nc). — Guerre et Résistance en Pays Bigouden. Fiche Jean Kervien (en ligne). — Mémoire des Hommes. — Généanet. — État-civil Plobannalec-Lesconil (en ligne).

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