JOLICART André, Paul

Par Daniel Grason

Né le 16 octobre 1911 à Lyon 2e arrondissement (Rhône), mort le 20 juin 2001 à Bois-Colombes (Seine, Hauts-de-Seine) ; modeleur-mécanicien ; syndicaliste CGT, communiste ; interné.

Fils de Georges et de Francine née Grassot, André Jolicart était marié, père d’un enfant d’un an, la famille vivait dans un logement deux pièces dans les HBM de la ville de Bois-Colombes au 313 avenue d’Argenteuil (Seine, Hauts-de-Seine). Il exerçait sa profession depuis le 12 septembre 1935 chez Gnome et Rhône à Gennevilliers.
André Jolicart participa aux grèves de 1936 dans l’entreprise, il en témoigna cinquante ans plus tard : « En 36, les souvenirs qui reviennent, c’est les mômes des Forges qui grimpaient sur les palissades sur l’Avenue d’Argenteuil. » Les négociations avaient été menées par le délégué principal nommé Guéneau.
En 1940, lors de la mobilisation en raison de sa qualification, il fut affecté spécial à l’usine. En février 1941, L’Union des Comités populaires éditait un tract, l’usine Gnome et Rhône était donné en exemple, la direction venait de recevoir le 5 février une délégation, satisfaction avait été obtenu sur « le paiement d’une prime de transport de deux francs par jour », le « paiement des 80 heures aux tarifs d’avant juin 40, (les 80 h ayant été payées au tarif du lieu de repliement) ; une prime de 700 francs pour les jeunes ouvriers ayant passés leur CAP au même titre que les apprentis de l’usine ; la réouverture du réfectoire et chauffage ; l’ouverture d’une coopérative de ravitaillement avec le contrôle des ouvriers avec contrôle sur le prix d’achat et le prix de vente ainsi que [sur] la répartition ; et du savon pour les mains. » Mesquinerie de la direction sur ce point qui donna son accord que pour « les mains » mais pas pour les bleus comme le demandaient les ouvriers.
À la fin de l’année 1941 début de l’année 1942 Jules Javernaud dit Bertrand ouvrier et communiste de l’usine le contacta. Le délégué de l’usine venait d’être interpellé, il lui demanda de le remplacer, il accepta, le présenta à Edouard Altani Ce dernier lui demanda de créer des comités populaires dans l’usine, et qu’il écrivit un rapport hebdomadaire sur « l’état d’esprit et la combativité des ouvriers. »
Il participa à la diffusion des tracts du Parti communiste clandestin et plaça auprès des salariés des bons de solidarité du Secours populaire. Il militait et était en liaison avec Édouard Altani.
Interpellé par la police le 13 mai 1942 pour « propagande clandestine », un inspecteur rédigea un rapport circonstancié sur André Jolicart. Il écrivit : « Sa spécialité est la mieux payée, les modeleurs-mécaniciens sont en quelque sorte l’élite ouvrière de la métallurgie. »
« Ses employeurs n’ont aucune remarque à faire sur lui au point de vue professionnel ; il est considéré comme un bon ouvrier. »
« Au point de vue politique, il ne s’est jamais fait remarquer ; il avait sollicité récemment de remplacer, en qualité de délégué ouvrier, un de ses compagnons de travail arrêté pour faits politiques. »
Il a été incarcéré. Il comparut le 7 mai 1943 devant la Section spéciale de la Cour d’Appel de Paris en compagnie d’une douzaine d’autres militants dont ceux impliqués dans la même affaire : Roger Favrie, André Barillot et Marthe Ortoli. André Jolicart fut « relaxé », la cour considéra qu’il n’y avait « pas la preuve certaine qu’il ait contrevenu à la loi pénale. »
Il fut néanmoins interné quelques mois au camp des Tourelles dans le XXe arrondissement de Paris, puis au camp de Pithiviers dans le Loiret, d’où il fut libéré le 1er janvier 1944.
Après la Libération il fut l’un des délégués de la CGT très actif de la Snecma à Gennevilliers avec notamment Gildo Stradella qui lui avait été interné à Pithiviers et à Beaune-la-Rolande dans le Loiret.
André Jolicart mourut le 20 juin 2001 à Bois-Colombes à près de 90 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article225517, notice JOLICART André, Paul par Daniel Grason, version mise en ligne le 6 avril 2020, dernière modification le 6 avril 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/77. Arch. PPo. PCF carton 12 rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 1er juin 1942, BA 2056, BA 2377, KB 26. – Bureau Résistance GR 16 P 310291 (non homologué). – Noëlle Gérôme, SNECMA les moteurs de la banlieue, Scan éditions, 1993 ; pp.121-122. Noëlle Gérôme, De Gnome et Rhône à la SNECMA. La traversée de la guerre, p. 93 et 95, Le Temps des Cerises, s. date 1997 ? – État civil site Match ID acte 122 N.

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