FAVRIE Roger Pierre René dit Petit

Par Daniel Grason

Né le 22 juillet 1912 à Paris (XVIIe arr.), mort le 13 mai 2003 à Colombes (Hauts-de-Seine) ; plombier ; résistant ; déporté à Neuengamme (Allemagne).

Fils de Jules Félix, trente-quatre ans, serrurier et de Lucie Aurélie Jeanne née Leroux, sans profession, Roger Favrie épousa le 14 novembre 1936 en mairie de Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine) Hélène Théodorou née le 23 mai 1908 à Constantinople (Turquie). Elle opta pour la nationalité française. Le couple vivait dans un immeuble locatif au 34 avenue Joseph-Froment à La-Garenne-Colombes (Seine, Hauts-de-Seine).
Il travaillait comme plombier chez Coutier & Collas une entreprise de couverture, plomberie, chauffage au 35 rue de la Station à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine). Ses employeurs l’appréciaient comme « un bon ouvrier, sérieux et ponctuel. » Sa femme Hélène exerçait la profession de presseuse.
De la classe 1932, il fut mobilisé en 1940 au Dépôt d’artillerie à Vincennes (Seine, Val-de-Marne). Il a été arrêté par deux inspecteurs de police le 13 mai 1942 à 23 heures à son domicile. Des tracts et des brochures furent saisis, il a été inculpé pour : « propagande communiste ». Les policiers saisissaient des brochures : « Que veulent les communistes ? », « L’URSS vaincra », « Gabriel Péri vous parle  », « La mère sauvage », ainsi que des tracts en un exemplaire « Bulletin d’information n° 19 », l’Humanité deux numéros spéciaux de février et mars 1943, l’Humanité du 17 avril 1942, La Vie ouvrière n° 83 du 18 avril 1942, un supplément de La Vie ouvrière de mars 1942, des tracts « Pétain tel qu’il est ».
Fouillé, un policier découvrait sur lui une feuille où il était question de deux livraisons, l’une de 9 000 imprimés, l’autre de 3 000. Interrogé le 15 mai dans les locaux des Brigades spéciales, il déclara avoir été contacté trois mois auparavant « par hasard dans un café situé face à la gare d’Asnières. » Quelques jours plus tard il eut un rendez-vous porte Champerret (XVIIe arr.), puis un autre où des tracts lui furent remis, un numéro de l’Humanité de février 1942, une brochure intitulée « L’URSS vaincra » ...
Il avait été remarqué lors d’une filature en février rue du Caporal Peugeot à Levallois-Perret en conversation avec Édouard Altani. « Avez-vous reçu des sommes d’argent pour distribuer les tracts remis ou vous a-t-on promis quelques gratifications ? » demanda un policier, il répondit négativement. Une confrontation eut lieu avec entre les deux hommes le 15 mai, les deux militants affirmèrent qu’ils ne se connaissaient pas.
Roger Favrie a été auditionné le 9 juin 1942 par un juge d’Instruction, il confirma les déclarations qu’il fit au commissaire. Il affirma « Je n’ai jamais adhéré au Parti communiste. » L’inspecteur de police qui l’avait reconnu alors qu’il filait Édouard Altani rue du Caporal Peugeot à Levallois-Perret, déclara « Je n’ai pas vu ces deux individus échanger des documents. Ils ont conversé sept à huit minutes environ. » Une confrontation eut lieu entre Édouard Altani et Roger Favrie, tous les deux affirmèrent ne pas se connaître.
Il comparut le 9 avril 1943 devant la Section de la Cour d’Appel de Paris et a été condamné à 15 mois de prison et 1200 francs d’amende. Nouvelle comparution le 7 mai 1943 avec douze autres inculpés dans la même affaire. La peine a été confirmée. À l’issue de l’audience les condamnés entonnèrent La Marseillaise, quelques-uns crièrent « Vive le Parti communiste ! », « Vive l’Union Soviétique ! »
Le 13 mai 1942 Roger Favrie était emprisonné à la prison de la Santé, puis en mai 1943 interné aux Tourelles à Paris (XXe arr.), au camp de Pithiviers dans le Loiret en juillet 1943, à Voves en Eure-et-Loir le 10 novembre 1943. Le 9 mai 1944 il était au camp de Compiègne. Le 21 mai il était dans le convoi de 2004 prisonniers à destination du camp de Neuengamme (Allemagne).
Il fut affecté au kommando de travail de Watenstedt-Salzgitter où les détenus femmes et hommes travaillaient pour les aciéries Stahlwerke Braunschweig à la fabrication de munitions. De retour à Neuengamme, probablement en très mauvaise santé il a été envoyé au camp de Sandbostel à l’ouest de Hambourg, mouroir de Neuengamme. Le camp a été libéré le 29 avril 1945, Roger Favrie matricule 31138 était vivant.
Roger Favrie a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté, interné, résistant (DIR).
Il mourut le 13 mai 2003 à Colombes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article225656, notice FAVRIE Roger Pierre René dit Petit par Daniel Grason, version mise en ligne le 9 avril 2020, dernière modification le 7 janvier 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/77 dossier 526, Z/4/144 (Scellé n° 15). – Arch. PPo. BA 2056. – Bureau Résistance GR 16 P 219091.– Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil numérisé Paris (XVIIe arr.) 17N 243 acte n° 1544, acte n° 1544.

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