TROUPENAT Édouard, Alphonse [pseudonyme dans la résistance : Dadou]

Par Huguette Juniet

Né le 31 août 1924 à La Chapelle-Laurent (Cantal), mort en déportation le 5 ou 10 mai 1945 au camp de Bergen-Belsen en Allemagne ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Édouard Troupenat est le fils de Louis Henri, agriculteur, et de Agathe Francon. Il avait deux frères Léon et Antoine.
Engagé dans la résistance, il mena des actions de sabotages dans le Cantal aux côtés des responsables de la résistance en Auvergne et ce, dès 1943. Il participa entre autres à la destruction de l’usine de Massiac (Cantal) qui fabriquait de l’oxygène liquide pour l’aviation allemande.
Vers le 15 mai 1944 la Feldengendarmerie de Saint-Flour arrêta à Ally (Haute-Loire) Edouard Troupenat agent de liaison de Maurice Bayle, alias Philippe, le chef du service de parachutage des MUR. Troupenat était porteur d’un colt et d’une liste de miliciens de Clermont-Ferrand. Immédiatement arrêté il fut transféré à Clermont-Ferrand. Interrogé et brutalisé par Kalteiss il avoua qu’il était agent de liaison et que le lendemain il avait rendez-vous avec Coulaudon (chef régional des FFI en Auvergne) dans un café de Saint-Flour (Cantal). Coulaudon ne se présenta pas au rendez-vous et pour ne pas revenir bredouille les membres du SD arrêtèrent le propriétaire du café Mallet, et son fils qui étaient signalés comme boîte aux lettres. Une perquisition à leur domicile ne permit pas de découvrir des preuves mais les deux hommes furent emmenés à Clermont-Ferrand, ainsi que Troupenat qui fut à nouveau incarcéré.
Troupenat serait décédé en prison suite à une maladie et son corps enterré à Aulnat comme cela se produisait à l’époque comme l’affirma Vernières, membre du SD français, lors de son procès.

Or, le livre mémorial de la Fondation pour la mémoire de la déportation le cite comme déporté par le convoi du 17 août 1944 au départ de Compiègne à destination de Buchenwald (matricule 78815) puis évacué sur le camp de Bergen-Belsen (camp destiné pour les prisonniers qui ne pouvaient plus travailler). Il serait décédé après la libération du camp et avant son rapatriement. Le camp étant libéré le 15 avril 1944, sur son dossier SDH est mentionné la date du décès le 10 mai 1945 avec pour cause maladie tandis que le livre mémorial indique une date du 5 mai.
La mention « Mort en déportation » a été amendée par un décret du 8 décembre 2000.

Il a été reconnu « Mort pour la France » Homologué FFI et DIR. La médaille de la Résistance avec Rosette lui fut attribuée par décret du 31 mars 1947.

Son nom est inscrit sur le monument aux Morts et la Plaque commémorative de la Chapelle -Laurent et sur le Monument commémoratif départemental de Murat (Cantal).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article225677, notice TROUPENAT Édouard, Alphonse [pseudonyme dans la résistance : Dadou] par Huguette Juniet, version mise en ligne le 9 avril 2020, dernière modification le 9 avril 2020.

Par Huguette Juniet

SOURCES : AVCC Caen : AC 21 P 162 986, dossier Troupenat Édouard (nc). — SDH Vincennes, GR 16 P 579233, dossier Troupenat Édouard (nc). — Arch.Dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 506, exécutions des SD. — Mémoires des Hommes. — Mémorialgenweb. — Gilles Lévy et Francis Cordet, A nous Auvergne, Presses de la cité, 1981. — Christian Durandet, Les Maquis d’Auvergne, Editions France-Empire,1973. — FMD. — État civil de La Chapelle-Laurent.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément