ROLAND Edmond.

Par Jean Neuville

Âgé de 40 ans en 1907. Ouvrier mineur, délégué du Syndicat régional des francs-mineurs (Centre, pr. Hainaut) à la Commission d’enquête sur la durée du travail de 1907.

Ouvrier à veine au siège du Quesnoy au Charbonnage de Bois-du-Luc à Houdeng-Aimeries (aujourd’hui commune et arr. La Louvière, pr. Hainaut), Edmond Roland dépose le 6 août 1907, au nom du Syndicat régional des Francs-mineurs travaillant dans les puits des charbonnages de Maurage, Strépy-Bracquegnies, Bois-du-Luc, La Louvière-Mapaix, Sars-Longchamps, Houssu, La Hestre, Mariemont et Bascoup (pr. Hainaut, arr. La Louvière), devant la Commission d’enquête sur la durée du travail dans les mines de houille, lors de la séance du groupe de La Louvière, section de Mons

Dès le début de son intervention, Edmond Roland précise que sa déposition résulte de nombreuses études faites par les francs-mineurs à l’occasion de diverses rencontres. Il souligne que « bon nombre de mineurs malheureusement s’osent pas venir déposer. Les promesses les plus rassurantes des patrons ne leur suffisant pas. Il n’entre pas dans nos vues de discuter ici si ces craintes sont fondées, ni de rechercher si les patrons ne gardent aucune arrière-pensée à l’endroit des ouvriers déposants. Nous nous contentons de constater un fait : la suppression du huis-clos a écarté nombre de mineurs, et, en particulier, ceux-là qui, plus calmes, moins emballés, mieux appelés à fournir des documents précieux, sont aussi la plupart du temps les plus timides. Tout en reconnaissant que la question du huis-clos est très délicate, nous affirmons que sa suppression est déplorable, et nous comprenons la réserve de nos amis, surtout devant la mesure draconienne dont vient d’être victime l’un des nôtres, le camarade Andry, secrétaire de la Fédération des francs-mineurs borains. Ce n’est point par suite de sa déposition qu’il a été frappé, il est vrai, mais sa mise à l’index, il faut l’avouer, n’est pas de nature à rassurer les ouvriers ».

Edmond Roland se prononce pour la réduction du temps de travail « non pas la journée de travail effective mais la durée de présence dans les mines » […]. La diminution du travail doit être établie sous le couvert de la loi, parce qu’elle n’aboutirait pas si elle était laissée à l’initiative privée ». Cette réduction doit s’appliquer à toutes les catégories d’ouvriers. Il apporte des informations sur l’organisation du temps de travail dans les différents puits, sur l’absentéisme (chômage) du lundi, régulier chez « les ouvriers qui abusent de l’alcool ou qui s’amusent trop tard le dimanche ». Il insiste sur la volonté syndicale d’y remédier. Il présente également le résultat des rencontres organisées au sein des syndiqués. Les principaux griefs concernent la mauvaise qualité des lampes, les difficultés de circuler sur des voies trop basses, sur l’organisation du service de nuit, sur la mauvaise ventilation et sur les conséquences de ses conditions de travail sur la santé des ouvriers (ankylostamasie, anthracose, bronchite chronique, asthme).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article225772, notice ROLAND Edmond. par Jean Neuville, version mise en ligne le 10 avril 2020, dernière modification le 10 avril 2020.

Par Jean Neuville

SOURCE : Commission d’enquête sur la durée du travail dans les mines de houille. Enquête orale. Déposition des témoins. Section de Mons, groupe de La Louvière, Bruxelles, 1907, p. 210-215.

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