ROUJA Joseph

Par André Balent

Né le 21 avril 1867 à Arvigna (Ariège), mort des suites des blessures par balles infligées par les Allemands le 9 juin 1944 à Vira (Ariège) ; agriculteur ; victime civile

Joseh Rouja (1867-1944), victime cilvie des Allemands lors des combats de Vira (Ariège) le 9 juin 1944. AD Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla

Joseph Rouja était le fils d’Antoine, cultivateur et de Marguerite Rascanière âgés respectivement de vingt-neuf et vingt-six ans en 1867. Il était originaire d’Arvigna, petite commune rurale de la vallée du Douctouyre, au piémont de la chaîne pré-pyrénéenne du Plantaurel, pas très éloignée de Pamiers, sous-préfecture de l’Ariège. Cette commune fut, au printemps et à l’été de 1944, comme toutes celles de la vallée du Douctouyre, un lieu de regroupements de maquis (FTPF, 3101e compagnie : AGE, Agrupación de guerrilleros españoles).

Il se maria le 12 août 1899 à Engraviès (commune fusionnée avec celle de Dun en 1972, limitrophe de celle de Vira) avec Marie, Lucie Boy. Celle-ci, née le 18 mai 1873 à Engraviès, était la fille de Jean, Victor Boy, un charpentier de trente-huit ans, et de Magdeleine Bonel.

Sa fille, Marie-Louise, Alphonsine née en 1906 à Vira, épousa Cyprien Laurent, Hippolyte Authié, agriculteur propriétaire à Vira. Ce dernier, réformé au conseil de révision de 1913, ne fut pas appelé sous les drapeaux pendant le Grande Guerre. Le couple eut une fille, Julienne (prénom figurant sur l’état nominatif du dénombrement de la population de 1936 née en 1927. Elle était connue comme « Mimi », diminutif d’Émilienne). Dès 1936, il habitait ainsi que son épouse, à Vira avec son gendre, sa fille et sa petite-fille. Il en était de même en juin 1944.

Le 9 juin 1944, une colonne allemande appuyée par des automitrailleuses pénétra dans le territoire de la commune de Vira afin d’attaquer un maquis des FTPF ariégeois qui, après le débarquement en Normandie avait été considérablement renforcé par des jeunes de la moyenne vallée de l’Ariège et du Pays d’Olmes. Dans les environs, se trouvait aussi une formation armée de l’AGE.

Dans l’après-midi du 9 juin, la famille Authié travaillait dans un champ, au bord de la route départementale n° 12. Un jeune FTP, de Dun (Ariège), Jean-Jacques Neuville, avait été posté en sentinelle près du pont de la Goffio avec deux autres maquisards dont Fernand Gouiric qudont le témoignage fut recueilli par Olivier Nadouce, (op. cit. , 2007, pp. 111-114). Une moto qui précédait la colonne allemande arriva. Neuville ouvrit le feu sur son pilote. Puis une mitrailleuse installée sur un des camons tira en sa direction. Il fut blessé et périt cinq mois plus tard. Sa petite–fille « Mimi » Authié fut immédiatement tuée. Sa fille — tante d’un FTP, aussi cousin de « Mimi », Noël Rescanières né en 1924 qui a livré son témoignage à Olivier Nadouce (op. cit., 2007, pp. 80-82) — fut blessée et put se rétablir après une longue convalescence.

Le nom de Joseph Rouja figure sur le monument commémoratif de Vira érigé à l’intersection des routes départementales 12 et 48 érigé à la mémoire des morts « de la résistance et victimes du nazisme de la vallée du Douctouyre » (17 noms dont 8 pour les seules victimes des Allemands le 9 juin 1944). Il est également gravé sur la plaque commémorative des victimes des deux guerres mondiales à Vira, apposée sur un des murs de l’église.

Voir : Vira (Ariège), 9 juin 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article225925, notice ROUJA Joseph par André Balent, version mise en ligne le 12 avril 2020, dernière modification le 29 avril 2020.

Par André Balent

Joseh Rouja (1867-1944), victime cilvie des Allemands lors des combats de Vira (Ariège) le 9 juin 1944. AD Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla, documents graphiques ; 4 E 1111, état civil d’Arvigna, 1865-1873, acte de naissance de Joseph Rouja ; 4 E 1118, état civil d’Engraviès, 1865-1874, acte de naissance de Marie, Lucie Boy ; 10 M 4/54, recensement général de la population, 1936, Vira ; 129 W 65, f° 111, fiche du registre matricule de Laurent Authié. — Claude Delpla, La Libération de l’Ariège, Toulouse, le Pas d’Oiseau, 2019, 514 p. [pp. 62-64 ]. — Olivier Nadouce, L’Ariège, terre de résistance. La bataille de Vira, Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, 2008, 157 p.]. Voir en particulier les pp. 87, 112, 129 et 147. Ce livre rassemble un grand nombres de témoignages d’acteurs du combat de Vira ou ayant assisté à des phases de celui-ci. Olivier Nadouce les a recueillis et mis en forme. — Site MemorialGenWeb, consulté le 23 septembre 2019 et les 10 et 12 avril 2020.

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