BALASC Paul, Joseph

Par André Balent

Né le 1er février 1924 à Mercus-Garrabet (Ariège), mort en action de combat le 9 juin 1944 à Vira (Ariège) ; résistant ; membre du maquis du Croquié (commune de Mercus-Garrabet, Ariège) composante de la future 3101e compagnie des FTPF à partir de son installation à Vira

Paul Balasc était sans doute un jeune réfractaire du STO. Il ne dut chercher longtemps un maquis, puisque, dès septembre 1943, un maquis des FTPF se forma au Croquié, hameau de la commune de Mercus-Garrabet, perché sur les flancs du Mont Fourcat où il résidait. Ce maquis était commandé par Daniel Pujiula (1920-2001), né à Saint-Laurent-de-Cerdans (Pyrénées-Orientales), boulanger puis cheminot communiste ) à Narbonne (Aude), Voir aussi Bonnafous Raoul. Le Sétois Amilcar Calvetti* (1914-1967) muté de la Haute-Garonne en Ariège où il prit la direction des maquis FTPF le transforma en école des cadres des FTPF. Ce maquis entreprit plusieurs actions de sabotage en contrebas de son cantonnement, contre des usines et contre la voie ferrée. Il s’appuyait sur les groupes de FTPF « légaux » de Saint-Paul-de-Jarrat et de Montgailhard. Certains de ses membres, dont Paul Balasc gagnèrent Le Merviel (commune fusionnée avec Dun en 1972) puis Vira, après le débarquement de Normandie. Ils rejoignaient des jeunes, souvent réfractaires du STO, venant de la ville industrielle de Pamiers, de Foix et ses environs, du Pays d’Olmes (Lavelanet, Bélesta et localités voisines).

Le 9 juin 1944, vers 16 heures, les Allemands attaquèrent Vira. La veille, les FTPF, lors d’un de leurs raids (gendarmerie de Pamiers) avaient capturé un milicien, un Catalan originaire des Pyrénées-Orientales, Barnola, de Saint-Amadou (Ariège), à l’est de Pamiers. Celui-ci fut ramené le soir à Dun et ligoté. Il réussit cependant à s’enfuir (ou fut libéré ?). On suppose que ce fut lui qui prévint les Allemands et la Milice. Les FTPF avaient pris position pour parer à toute éventualité. Trois jeunes (quatre selon certains témoignages), Paul Balasc, Raoul Bonnafous, Fernand Roubichou et avaient pris position dans un pré pentu dominant la route entre Vira et Engraviès. Ils servaient une mitrailleuse récupérée lors d’un parachutage britannique, abrités par un tas de pierres. Raoul Bonnafous était venu le matin du 9 juin chercher la mitrailleuse au moulin d’Embayourt. Marguerite Gos (Nadouce, op. cit., 2007, p. 40) pense, qu’avec ses compagnons, il n’eut pas le temps de l’installer dans le bosquet au dessus du terrain découvert au milieu duquel fut finalement établi le poste de combat. Les Allemands furent surpris par le tir de maquisards postés au pont de la Goffio, parmi lesquels Fernand Gouiric et Jean-Jacques Neuville. Ils forcèrent le passage, s’emparant de l’un d’eux, Jean-Jacques Neuville. La mitrailleuse servie par Bonnafous, Roubichou et Balasc se mit à tirer sur la colonne allemande. Ils furent bientôt repérés. Mais leurs ripostes n’étaient guère efficaces, car leur arme s’enrayait. Les Allemands les neutralisèrent et se lancèrent à l’assaut de leur position. Ils résistèrent jusqu’au bout. Paul Balasc, blessé fut fait prisonnier. Il fut achevé sur le bord de la route à l’entrée du village de Vira.

Paul Balasc reçut la mention « Mort pour la France ». Son nom figure sur le monument aux morts de Marcus-Garrabet et sur le monument commémoratif de Vira érigé à l’intersection des routes départementales 12 et 48 érigé à la mémoire des morts « de la résistance et victimes du nazisme de la vallée du Douctouyre » (17 noms dont 8 pour les seules victimes des Allemands le 9 juin 1944).
Il y a un dossier à son nom, non consulté au SHD, Vincennes :16 P 28735

Voir : Vira (Ariège), 9 juin 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article225988, notice BALASC Paul, Joseph par André Balent, version mise en ligne le 13 avril 2020, dernière modification le 25 mars 2022.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla. — Claude Delpla, La Libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2019, 514 p. [pp. 62-64]. — Olivier Nadouce, L’Ariège, terre de résistance. La bataille de Vira, Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, 2008, 157 p.] Voir en particulier les pp. 29, 112, 129. Ce livre rassemble un grand nombres de témoignages d’acteurs de la Résistance dans la vallée du Douctouyre et du combat de Vira ou ayant assisté à des phases de celui-ci. Olivier Nadouce les a recueillis et mis en forme. — Site MemorialGenWeb consulté le 13 avril 2020.

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