DEVERNAY Edgar [DEVERNAY Hughes, Edgar]

Par Yves Le Maner

Né le 7 mai 1896 à Lille (Nord), mort le 20 octobre 1955 à Lille ; comptable ; militant communiste, secrétaire de la Région Nord du PC (1923-1929), membre du comité central.

Edgar Devernay
Edgar Devernay

Neveu de Théodore Devernay*, Edgar Devernay adhéra au Parti communiste dès sa création et en fut l’un des municipaux rouages dans le Nord pendant la décennie 1920-1930. Excellent organisateur, il fut nommé en 1922 secrétaire de la « région n° 4 » de la Fédération du Nord du PC qui regroupait treize sections de la région lilloise. L’année suivante, il devenait secrétaire de la Fédération aux côtés de Guy Jerram* et, en 1924, après l’éviction de Jerram, il conserva le poste de 2e secrétaire, cette fois de la Région Nord, avec Maurice Thorez. Edgar Devernay fut élu secrétaire général de la Région Nord (1re région du PC) le 13 juin 1926. Le bureau régional était alors formé de Guy Jerram* revenu momentanément en grâce, (secrétaire à « l’Agit-prop »), Arthur Croenne (secrétaire aux étrangers), Arthur Ramette* (secrétaire à l’organisation), Marceau Lenain (secrétaire du rayon de Lille, il succédait à Devernay), Maurice Porreye (secrétaire de l’Union régionale CGTU), Paul Maertens* (secrétaire de la 1re Entente des jeunesses communistes) et Florimond Bonte* (Rédacteur en chef de L’Enchaîné). À cette date, la 1re Région regroupait les trois départements septentrionaux : Nord, Pas-de-Calais et Somme, son siège social se trouvant dans l’immeuble du 258 rue de Paris à Lille. Très puissante avec ses huit mille adhérents, la Région Nord avait cependant connu une très forte baisse de ses effectifs depuis la scission. En effet, en 1922, le département du Nord comptait à lui seul plus de dix mille adhérents.
Il semblerait que le travail de Devernay n’ait pas porté les fruits attendus et ce militant commença à éprouver de sérieuses difficultés avec la direction du Parti à partir de 1928, à son retour d’un voyage en URSS. Il ne parvint pas à faire de l’« école léniniste » de Tourcoing le centre de formation idéologique escompté, l’école fermant ses portes à la fin de l’année 1928. Après son échec aux élections législatives organisées cette même année, il se trouva progressivement en désaccord avec la tactique « classe contre classe ». Or, paradoxalement, il fut chargé, en 1929, de la liquidation des « thèses de Valenciennes » prônées par Jerram et reprises par Jacob, nouvellement nommé à la direction régionale. Se trouvant pratiquement en accord avec celui dont il était sensé instruire le procès ([Jacob_>87689]), Devernay fut éliminé du secrétariat de la Région Nord à la fin de l’année 1929 et dut quitter le comité central du PC où il siégeait depuis 1924. Il fut remplacé par G. Coquel*, A. Ramette lui succédant au comité central. En 1930, E. Devernay quitta le PC (ou en fut exclu, la nuance étant difficile à préciser) et travailla comme employé dans une agence d’assurances de Lille. Bien qu’il ait depuis son exclusion limité son action militante au Mouvement Amsterdam-Pleyel, Edgar Devernay fut interné à la prison de Cuincy (Nord) pendant la Deuxième Guerre mondiale. À la Libération, il fut réintégré au PC, mais y refusa toute responsabilité. Il collabora par contre au journal Nord-Libre, puis à Liberté, le quotidien régional du PC.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22614, notice DEVERNAY Edgar [DEVERNAY Hughes, Edgar] par Yves Le Maner, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 juin 2021.

Par Yves Le Maner

Edgar Devernay
Edgar Devernay

SOURCES : Arch. Nat. F7/12893. — Arch. Dép. Nord, M 35/8, M 154/189B, M 154/190A, M 154/191 et M 154/195B. — Liberté, 25 octobre 1955. — M. Gillet, « L’évolution du PC de 1921 à 1934 dans la région Nord-Pas-de-Calais », in Revue du Nord, n° 221, avril-juin 1974, p. 233-238. — M. Cuvelier-Loth, Le Parti communiste dans l’agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing de 1921 à 1934, mémoire de maîtrise, Lille III, 1969. — Renseignements fournis par A. Ramette et G. Coquel. — État civil de Lille.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément