GUELFI Robert, Georges

Par Jean-Marie Guillon

Né le 22 août 1923 à Kouba (département d’Alger), disparu vers le 15 août 1944 à Robion (Vaucluse) ; profession inconnue ; Armée secrète (AS), réseau Action R1-R2-Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Robert Guelfi, « pied noir d’Alger, de Bab-el-Oued » d’après son chef, Raymond Laverdet, avait été fait prisonnier par les Italiens lors de la campagne de Tunisie, alors qu’il était conducteur de char. Incarcéré en Italie du Nord, il s’était sans doute échappé au moment de la capitulation italienne de septembre 1943. Réfugié à Marseille (Bouches-du-Rhône), il avait été mis en relation avec Raymond Laverdet, officier de la France libre, (Bureau central de renseignements et d’action- BCRA) par Émile Decory, membre de l’état-major des Mouvements unis de la Résistance (MUR) et de l’Armée secrète (AS) des Basses-Alpes, et devint son agent de liaison. Laverdet, (parachuté pour le réseau Action Dastard R1, puis passé en R2) avait pour couverture la représentation d’une compagnie d’assurances. Il était basé à Manosque (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence). Il fit de Guelfi son encaisseur et le munit de faux papiers établis par le service du Travail et la préfecture, d’une carte professionnelle fournie par sa compagnie et d’un permis de circulation pour le Vaucluse, les Basses-Alpes et les Bouches-du-Rhône. Guelfi circulait avec une petite moto, Il participa aussi à plusieurs sabotages, en particulier, après le 6 juin 1944, au sabotage de la ligne à haute tension qui traversait la Durance dans la région de Gap (Hautes-Alpes). Cette ligne alimentait l’Italie du Nord. Le sabotage fut réalisé par deux équipes, l’une avec René Obadia alias Pioche, instructeur sabotage R2, parachuté par Alger, l’autre composée de Laverdet et Guelfi. Au retour de mission, les deux hommes sabotèrent deux avions allemands sur un aérodrome qui devait être celui de Tallard (Hautes-Alpes). Guelfi accompagna Laverdet lorsque celui-ci fut chargé d’encadrer une équipe de sabotage à Marseille. Les circonstances de sa mort, très probablement au cours d’une liaison, n’ont pas été établies. Il aurait disparu à Robion aux alentours du Débarquement en Méditerranée en août 1944. Son corps n’a jamais été retrouvé. Certaines sources avancent qu’il a été fusillé par la Milice, d’autres qu’il serait mort avec ses hommes dans une grange à laquelle les Allemands aurait mis le feu. Si Robion est bien le lieu de sa disparition, ce qui n’est pas invraisemblable (voir notice Lieux), la Milice n’a rien à voir avec sa mort ; il y a tout lieu de supposer qu’il s’agit d’une victime ignorée des hommes de la 8e compagnie de la Division Brandebourg dont on sait les crimes dans le secteur à ce moment-là (exécution de Marius Bonnaud à Roubion le 15 août en particulier).
Le site internet LesMorts3945 - Cronica di a CORSICA identifie, à notre avis par erreur, Robert Guelfi à Georges-André, Robert Guelfi, né à Vico (Corse). Le dossier de Robert Guelfi à Caen le donne comme « tué au combat en Tunisie le 22 janvier 1943 » tout en lui attribuant comme affectation le réseau Action R1-R2 ce qui correspond à l’aire d’action de son chef, sa supposée disparition en Tunisie correspondant au moment où, sans doute, il a été fait prisonnier par les Italiens et considéré par son unité comme mort.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226147, notice GUELFI Robert, Georges par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 21 avril 2020, dernière modification le 24 juin 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. nat. 72 AJ 231(fonds Comité d’histoire de la 2e Guerre mondiale, témoignage Raymond Laverdet). ⎯ site internet Mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 273968 et SHD Caen AC 21 P 197458. – renseignements aimablement transmis par Raymond Jardin (Raymond Laverdet-Le Gall, « Mémoires d’un parachutiste clandestin de la France libre », dactylog., 1987).

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