ROUBICHOU Fernand, Robert

Né le 28 mars 1925 à Arvigna (Ariège), mort le 8 mai 1944 à Vira (Ariège) en action de combat ; agriculteur ; résistant, membre de la 3101e compagnie des FTPF de l’Ariège

Fernand Roubichou (1925-1944)
Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla

Fernand Roubichou était le fils de Cypren, Pierre, Julien Roubichou, cultivateur né à Arvigna le 19 septembre 1887 et de son épouse Victorine née en 1899 à Ventejac (Ariège).

Roubichou était originaire d ‘Arvigna, un petit village de la vallée du Douctouyre, sous-affluent de l’Ariège, bâti au piémont de la chaîne du Plantaurel. Cette commune regroupait plusieurs hameaux. Sa famille résidait au hameau de Linguit. En 1936, le ménage formait une famille élargie regroupant trois générations. En plus des deux parents et de leur fils Fernand, la maison abritait aussi la grand-mère, Justine, née Faure dite "Albanie" née aux Pujols (Ariège) le 28 octobre 1851.

Fils unique, orphelin de mère, Fernand Roubichou poursuivit des études après le certificat d’études primaires. Il fut élève de l’école pratique d’industrie et d’artisanat rural de Gourdan-Poligan (Haute-Garonne) en Comminges. Il y acquit la spécialité de mécanicien-ajusteur. En 1944, il vivait et travaillait à la ferme familale et était menacé par les STO.

En juin 1944, après le débarquement de Normandie, il rejoignit avec son cousin germain, Maurice Daudé (né le 22 septembre 1926 à Calzan (Ariège), commune limitrophe de Vira et d’Arvigna où il résidait. Tous deux prirent par à la bataille de Vira, le 9 juin 1944. Peu avant, Roubichou aurait dit à son oncle de Calzan, Paulin Parent, ancien de 1914-1918 qui le mettait en garde contre les Allemands : « Cette nuit, j’ai rêvé que j’allais être tué ».

Le 9 juin, lorsque les Allemands attaquèrent, les FTPF avaient pris position pour parer à toute éventualité. Trois jeunes, Fernand Roubichou, Raoul Bonnafous, et Paul Balasc avaient pris position dans un pré pentu dominant la route entre Vira et Engraviès. Cependant, Maurice Daudé, de Calzan, village au sud de Vira, né le 22 septembre 1922, participa au combat du 9 juin 1944 et donna une version de l’épisode qui entraîna la mort de ces trois jeunes hommes. C’était, par sa mère, un cousin germain de Fernand Roubichou. Il a pu assister à cette phase précise au cours de laquelle, trois des servants de la mitrailleuse, dont Roubichou, furent tués et assure, dans son témoignage que cette arme était servie par quatre hommes et non trois. Jean Authier, de la ferme du Cordier à Coussa (Ariège), était ce quatrième homme. Il avait épousé la petite-fille du maire de Calzan et plus âgé que Bonnafous, Roubichou et Balasc, il avait été mobilisé en septembre 1939 et avait été fait prisonnier en 1940. Il avait été libéré et était revenu à Calzan où, en 1944, il avait intégré les rangs des FTPF. Ces hommes servaient une mitrailleuse, abrités par un tas de pierres. Raoul Bonnafous était venu le matin du 9 juin chercher la mitrailleuse au moulin d’Embayourt. Marguerite Gos (Nadouce, op. cit., p. 40) pense, qu’avec ses compagnons, il n’eut pas le temps de l’installer dans le bosquet au dessus du terrain découvert au milieu duquel fut finalement établi le poste de combat.

Les Allemands furent surpris par le tir de maquisards postés au pont de la Goffio. Ils forcèrent le passage, s’emparant de l’un d’eux, Jean-Jacques Neuville que l’on ne revit plus. Deux membres de la famille Authié, de Vira, Joseph Rouja et Émilienne Authié furent tués*. Ils travaillaient dans le champ où Neuville fut blessé et furent sans doute atteints par la même rafale de la mitrailleuse allemande. Marie-Louise Authié, née Roujou, respectivement mère et fille des deux précédents fut blessée. La mitrailleuse des FTPF servie par Roubichou, Bonnafous, Balasc et Authier se mit à tirer sur la colonne allemande. Ils furent bientôt repérés. Mais leurs ripostes n’étaient guère efficaces, car leur arme s’enrayait. Les Allemands les neutralisèrent et se lancèrent à l’assaut de leur position. Ils résistèrent jusqu’au bout et furent tous trois mortellement touchés. Jean Authier, ayant sans doute compris que les Allemands les avaient pris à revers depuis Calzan, proposa à ses compagnons d’abandonner la mitrailleuse et de se replier. C’est ce qu’il fit, alors que l’un des trois autres lui aurait dit qu’ « une mitrailleuse ça ne s’abandonne pas ». Il sauva ainsi sa vie.

Le corps de Roubichou fut retrouvé une semaine plus tard au milieu de broussailles (Aimé Gos et Maurice Daudé in Nadouce, op. cit., 2008, p. 29, p. 122). Ce fut Mme Daudé, de Calzan, qui repéra l’odeur du corps en putréfaction. Son fils et son mari le localisèrent au bord d’un talus d’un pré, le long de la route reliant Vira à Calzan. Le médecin de Rieucros procéda à l’autopsie du corps qui détermina qu’il fut tué à bout portant.
Fernand Roubichou reçut la mention « mort pour la France ». Son nom figure sur le monument aux morts d’Arvigna. et sur le monument commémoratif de Vira érigé à l’intersection des routes départementales 12 et 48 érigé à la mémoire des morts « de la résistance et victimes du nazisme de la vallée du Douctouyre » (17 noms dont 8 pour les seules victimes des Allemands le 9 juin 1944). Son nom figure aussi sur la plaque commémorative du lycée polyvalent de Gourdan-Polignan qui prit le nom, en 2001 de "lycée polyvalent Paul-Mathou", un ancien élève originaire des Hautes-Pyrénées, résistant fusillé par les Allemands à la prison Saint-Michel de Toulouse
Il y a à Vincennes un dossier à son nom (SHD, 16 P 512846) non consulté.

Voir : Vira (Ariège), 9 juin 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226249, notice ROUBICHOU Fernand, Robert, version mise en ligne le 18 avril 2020, dernière modification le 9 novembre 2020.
Fernand Roubichou (1925-1944)
Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla ; 4 E 113, état civil d’Arvigna, 18885_1895 ; 10 M 4/35, recensement général de la population de 1936, commune d’Arvigna. — Claude Delpla, La Libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2019, 514 p. [pp. 62-64]. — Olivier Nadouce, L’Ariège, terre de résistance. La bataille de Vira, Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, 2008, 157 p.] Voir en particulier les pp. 29, 112, 121-123, 128-129. Ce livre rassemble un grand nombres de témoignages d’acteurs de la Résistance dans la vallée du Douctouyre et du combat de Vira ou ayant assisté à des phases de celui-ci. Olivier Nadouce les a recueillis et mis en forme. — Site MemorialGenWeb consulté le 17 avril 2020. — Site Mémoire des Hommes, consulté le 17 avril 2020. — Site de l’amicale des anciens élèves du lycée "Paul-Mathou" consulté le 30 avril 2020.

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