ROH Antoine, Joseph, Marie

Par Laurent Battut

Né le 15 août 1925 à l’Isle-Jourdain (Vienne), exécuté sommairement par les Allemands le 1er août 1944 à Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) ; étudiant ; agent de liaison des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et de l’Armée secrète (AS) de Haute-Corrèze.

Antoine Joseph Marie Roh est né le 15 août 1925 à l’Isle-Joudain (Tarn-et-Garonne), de Henri Roh, architecte, et de Blaire de Girastarzy (orthographe incertaine).
A peine titulaire de son baccalauréat, Antoine Roh, en vacances dans sa famille à Neuvic en juillet 1944, souhaita rejoindre le maquis, en suivant l’exemple de son ainé. Vers le 25 juillet 1944, il devint ainsi agent de liaison au sein de la 1ère compagnie de la demi-brigade AS de Haute-Corrèze.
En 1944, en réaction au débarquement allié de Normandie le 6 juin et des rassemblements de milliers de maquisards sur différents réduits en Auvergne, l’occupant allemand avait dépêché une brigade « anti-maquis » portant le nom du général qui la commandait, Jesser. Cette brigade arriva en Auvergne à partir du 6 juin et porta un rude coup à la résistance auvergnate lors des combats « ouverts » au Mont-Mouchet et à la Truyère. Elle entreprit entre le 9 juillet et le 30 juillet des opérations importantes de ratissage dans l’ouest du Puy-de-Dôme, la haute Corrèze et la Creuse.
Le 31 juillet, ayant selon toute vraisemblance assimilé le village de Neuvic comme un centre important de la Résistance corrézienne, des éléments de la brigade Jesser cernèrent ce village pour y mener des arrestations et interrogatoires. Antoine Roh fut volontaire pour aller en mission de repérage de l’approche des troupes allemandes. Il fut capturé par des Allemands et deux grenades furent trouvées sur lui. C’est également lors de cette journée que furent faits prisonniers trois autres Résistants à Neuvic : Icez Kohn, Zysja Gerstenzang et Georges Monéger.
Le matin du 1er août 1944, deux autres prisonniers, Joseph Lakuss pris à Meymac et Wladimir « Timo » Wawileiczinko pris à Saint-Rémy les jours précédents, furent joints aux quatre prisonniers capturés à Neuvic. Le matin du 1er août, ils passèrent tous les six devant un simulacre de tribunal expéditif lors duquel ils furent vraisemblablement condamnés à mort.

Les éléments de la brigade Jesser opérant en haute Corrèze avaient reçu l’ordre de refluer en direction de Clermont-Ferrand. Le mouvement de retraite avait commencé le 30 juillet avec le départ du plus gros de la Tatar-Legion. Cette colonne fut attaquée par la Résistance corrézienne (une section de la 5ème compagnie de la demi-brigade de haute Corrèze) sur la RN89, vers neuf heures le 30 juillet, deux kilomètres avant qu’elle n’atteigne Eygurande. L’embuscade aurait causé environ quarante tués et blessés chez l’ennemi. Un seul blessé FFI fut à déplorer.
La légion azerbaïdjanaise et les derniers éléments tatars quittèrent Ussel le 1er août, transportant les 6 prisonniers de la Résistance corrézienne. Une section de la 6ème compagnie de la demi-brigade de haute Corrèze attaqua ce convoi de 70 véhicules dans les gorges du Chavanon vers quinze heures. Un combat d’une vingtaine de minutes aurait occasionné 15 tués ou blessés parmi les Allemands.

Le convoi atteignit alors Bourg-Lastic où le cantonnement était prévu. Les six prisonniers furent fusillés vers dix-neuf heures dans un secteur éloigné de toute habitation, dans le bois dit « les sapins », sur la route en direction de Messeix.
Antoine Roh avait 18 ans et était célibataire.

Il n’a pas de dossier aux Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen ni de dossier d’homologation au Service Historique de la Défense à Vincennes.

Son nom figure sur une plaque commémorative du monument aux morts en face de la mairie de Neuvic et sur une seconde plaque commémorative du cimetière de Neuvic portant la mention « Résistants et Maquisards morts pour la France Neuvic 1943-1945 ». Il a été déclaré « Mort pour la France ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226326, notice ROH Antoine, Joseph, Marie par Laurent Battut, version mise en ligne le 19 avril 2020, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Laurent Battut

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 175 : Bourg-Lastic 1er août 1944. assassinats de prisonniers. — Louis Le Moigne et Marcel Barbanceys, Sédentaires, réfractaires et maquisards, L’Armée secrète en Haute-Corrèze, 1942-1944, 509 p. — Memorialgenweb. — Généanet. —État civil à Bourg-Lastic.

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